Le Festival international de Hammamet a présenté, le 3 juillet 2026 au Centre culturel international de Hammamet, le programme de sa 60e édition, qui se déroulera du 11 juillet au 13 août 2026. Lors de cette conférence de presse, le directeur Najib Kasraoui a dévoilé une programmation placée sous le signe de la mémoire vivante, entre hommage au passé et projection vers l’avenir.
Selon les chiffres communiqués par le directeur, la 60e édition comptera 32 propositions artistiques au total. Quatorze d’entre elles seront produites en Tunisie, avec quatre créations théâtrales, une création chorégraphique et neuf productions musicales, dont huit entièrement tunisiennes et une coproduction avec le Maroc, « Aïta Mon Amour ». Ce projet musical mêlant tradition et modernité est porté par la rappeuse marocaine Widad Mjama et le producteur et multi-instrumentiste tunisien Khalil Epi, qui revisitent l’art ancestral marocain de la Aïta en y intégrant des sonorités électro-rock contemporaines.
Ces créations tunisiennes représentent 43,8 % du programme, contre 34,4 % pour les propositions arabes et 21,9 % pour celles venues d’autres pays du monde. M. Kasraoui a cité, à ce titre, la participation d’artistes et de productions en provenance du Maroc, d’Espagne, de Cuba, des États-Unis, du Mali, du Portugal, d’Italie, de Turquie, de Palestine et du Liban, illustrant l’ouverture de la manifestation sur le pourtour maghrébin, méditerranéen, africain et international.
Cette diversité se traduit notamment par le fado portugais interprété par Mariza, le blues américain, le rock alternatif turc, l’afropop malien de Salif Keita, ainsi que le hip-hop et la chanson tunisienne.
Une ouverture et une clôture au féminin
Cette édition se distingue par une ouverture et une clôture confiées à des artistes tunisiennes. Ce choix, qui ne relève pas du hasard, traduit une décision consciente de la direction du festival, conçue comme un geste de reconnaissance envers les femmes ayant contribué à enrichir le patrimoine culturel national et à faire rayonner la scène artistique du pays. Le spectacle d’ouverture, « Les Fugitives », mis en scène par Wafa Taboubi, rend hommage à la femme tunisienne, tandis que la soirée de clôture, prévue le 13 août et confiée à la voix de Soufia Sadok, coïncidera avec la fête de la femme.
Découvertes et retours sur scène
L’intervenant a également mis en avant la dimension de découverte de cette programmation, avec plusieurs interprètes se produisant pour la première fois en Tunisie, à l’image de Mariza, aux côtés de l’artiste tunisienne Boutheina Nabouli, déjà associée au festival lors de précédents projets culturels. Il a mentionné une formation orchestrale portée par Selim et Nour Arjoun, dans une configuration inédite par rapport à leurs participations des années passées, ainsi que le retour sur la scène de Hammamet d’artistes tunisiens et étrangers absents depuis plusieurs années, à l’image de Chokri Bouzayène et d’un ensemble emmené par Mehdi Mouelhi, déjà présent lors d’éditions antérieures mais qui signe, pour la première fois, un spectacle sur la scène de Hammamet.
Cette diversité de formes théâtrales, chorégraphiques et musicales vise, selon l’intervenant, à s’adresser à des publics différents tout en respectant la pluralité des goûts artistiques du public du festival.
Le sens de cette édition anniversaire
Le directeur du festival a indiqué qu’en célébrant ses soixante ans, le Festival de Hammamet s’est imposé comme un capital culturel national, construit au fil de générations successives de créateurs et de spectateurs, et devenu une composante de la mémoire collective tunisienne ainsi qu’une fenêtre de la Tunisie sur le monde.
M. Kasraoui a précisé que le thème retenu pour cette édition, la mémoire vivante (Endless Memories ), renvoie en réalité à une mémoire de l’avenir : la manifestation ne se limite pas à célébrer son passé, mais se tourne résolument vers ce qui vient. Selon l’intervenant, la culture constitue un investissement dans l’humain, et l’art demeure le langage qui rassemble le mieux les peuples.



