La Presse — La désignation d’un Directeur Technique National au sein des fédérations a été, à une certaine époque, le couronnement de toute une politique sportive basée sur la formation et l’encadrement des jeunes. Cette désignation est, en fait, un moyen de contrôle que met en place la Tutelle pour veiller à l’application des programmes d’action élaborés par les fédérations conformément aux objectifs nationaux.
Les choses ont commencé à changer lorsque les fédérations ont pris la liberté d’agir à leur guise, se considérant les seules à décider de l’avenir d’une discipline sportive. Et nous avons vu les conséquences de cette déviation.
En principe, on choisit pour ce poste des personnes d’un niveau académique. D’ailleurs, dans un pays où les doctorants courent les rues, il ne saurait en être autrement. Concevoir un plan d’action pour conforter le travail en cours ou imaginer un programme pour relancer ou instituer de nouvelles visions répondant aux besoins d’un sport en constante mutation ne se fait pas sur une terrasse de café ou entre copains.
On a beau citer des noms d’anciennes vedettes qui ont inscrit leurs prouesses en lettres d’or, elles seront incapables de faire le travail. Elles viendront comme c’est le cas actuellement pour gérer un calendrier. Un illuminé a posé une question à propos de la désignation d’un DTN se demandant s’il y a un pays où ce technicien est désigné par le ministère. Nous lui apportons la réponse: «Le directeur technique national (DTN) est, en France, en Belgique et dans les pays d’Afrique francophone, le responsable d’un sport et de sa mise en place au niveau national.
Le DTN est, en principe, un technicien de très haut niveau dans sa spécialité sportive. En France, il est nommé conjointement par le ministre chargé des Sports et par le président de la Fédération française de football (FFF). Le processus de désignation implique généralement plusieurs étapes : la sélection par la fédération ; le président de la Fédération propose un candidat après un processus de recrutement ou appel à candidatures.
La validation ministérielle : le candidat fait l’objet d’un entretien et est officiellement nommé par arrêté du ministre des Sports, le poste étant placé sous leur double autorité». Pour décider de ces nominations, le ministère des Sports a siégé de très longues heures pour disséquer les dossiers présentés.
Tout en précisant que les fédérations, qui avaient à leur service des techniciens hautement qualifiés, ont toutes réussi à atteindre des objectifs qui ont propulsé leur discipline sportive à un niveau enviable. Ces techniciens hautement qualifiés ont été notamment recrutés par les pays du Golfe où ils ont apporté leur expertise. Il ne s’agit donc pas de «connaître» une discipline sportive, ou de l’avoir pratiquée en tant que joueur pour devenir DTN. Il s’agit de traduire des connaissances académiques et… scientifiques en méthodes, organisation et stratégie.
Le DTN n’est donc pas pour voyager à l’étranger, mais pour sillonner les routes nationales, contacter, contrôler, questionner, s’inquiéter de l’avancement de son plan d’action. Il est l’architecte d’un projet sportif, d’une structure (club ou fédération). Il définit la stratégie à long terme, supervise l’encadrement et les ressources humaines, coordonne la formation des jeunes talents et assure la cohérence des méthodes d’entraînement de la base jusqu’au haut niveau.
Il est le lien
Détection et formation, recrutement et suivi, analyse des statistiques et performances pour ajuster le cas échéant les stratégies, le DTN est le lien entre la Tutelle sur le plan technique, la direction administrative de la fédération et les instances fédérales. En passant, posons la question qui brûle les lèvres : qu’avons-nous de tout cela ?
Le DTN n’est l’homme de personne. Le contraire entacherait sa crédibilité. Il n’appartient ni à une région ni à un club. C’est un homme en mission. A titre d’information, Ridha Jeddi était sur le point de quitter la Tunisie en faisant valoir ses droits à une retraite anticipée pour s’engager avec un pays du Golfe justement. Et voilà qu’il se retrouve DTN du football national.
C’est un acquis pour le football tunisien. Ce n’est pas nouveau, la Tunisie a fourni nombre de directeurs techniques qui ont été à la base du lancement bien des disciplines sportives ou des centres de formation. Feu M. Bohli, rien qu’à titre d’exemple, a fait du handball qatari ce qu’il est actuellement Laissons ces hommes travailler.
Sous la Tutelle du ministère des Sports et de la fédération concernée, ils pourront relancer bien des disciplines sportives en perte de vitesse. Vivement la désignation des DTN qu’attendent bien des fédérations qui voguent actuellement à vau-l’eau. Enfin, une bonne initiative de prise.



