Vraisemblablement le biome marin de la Tunisie fait face à des fluctuations environnementales inquiétantes et non négligeables ! Hamdi Hached, ingénieur et expert en enjeux climatiques, nous met justement la puce à l’oreille en mettant en garde contre moult dangers. Il a, entre-autres, annoncé l’arrivée imminente, dans les eaux tunisiennes, du poisson-lion venimeux, une espèce marine toute aussi invasive que destructrice.
Invité ce mardi 7 juillet 2026 au micro de Jawhara FM, l’expert alerte également sur l’avènement de ce qu’il a appelé « l’ère des méduses » ainsi que sur la montée des eaux. Deux phénomènes qui, selon M. Hached, menacent les infrastructures côtières du pays.
Pour ce qui est du poisson-lion venimeux, l’intervenant a révélé à ce titre que la communauté scientifique, notamment les biologistes marins du pays, sont à présent en état d’alerte maximale. « Les regards sont braqués sur l’arrivée redoutée du poisson-lion (Lionfish), une espèce extrêmement venimeuse et prédatrice, recouverte d’épines toxiques », alerte-t-il d’emblée. Et d’ajouter que même si les comités techniques confirment qu’aucun spécimen n’a encore été capturé dans les filets des pêcheurs tunisiens, le réchauffement accéléré de la mer Méditerranée ainsi que la prolifération fulgurante de cette espèce dans les eaux des pays voisins, suscite une profonde inquiétude chez les scientifiques ».
Face à cette menace biologique latente, Hamdi Hached exhorte les professionnels de la mer et les citoyens à faire preuve d’une vigilance extrême. Il insiste sur l’obligation absolue de ne jamais toucher cette créature sous peine de graves complications médicales. « En cas d’observation ou de capture suspecte, il faut absolument éviter de toucher les créatures pêchées et contacter immédiatement et en toute urgence les autorités scientifiques compétentes, notamment l’Institut national des sciences et technologies de la mer (INSTM), le cas échéant, contacter les réseaux sentinelles des ONG environnementales spécialisées telles que ‘’TunSea’’ et ‘’Notre Grand Bleu’ », inste-t-il’.
L’ère des méduses…
Les dérèglements écosystémiques, note encore M. Hached, ne se cantonnent pas à cette seule espèce invasive. Tout en dressant un bilan alarmant quant à la prolifération des méduses urticantes dans les eaux territoriales tunisiennes, l’expert a soligné que ce phénomène ne peut plus être considéré comme une simple crise saisonnière sporadique ou passagère. « La communauté internationale qualifie désormais cette ère de ‘’cycle de domination des méduses sur l’écosystème océanique’’. La hausse constante des températures marines offre à ces organismes primitifs des fenêtres de reproduction considérablement allongées. Et ce facteur est aggravé par la pollution organique et industrielle et par le déclin dramatique de leurs prédateurs naturels, comme les tortues marines. Toutes ces conditions sont favorables à la prolifération des organismes néfastes dans la mesure où cela créé les conditions requises pour un ‘’désastre écologique’’. Et je parle de désastre parce que ces conditions asphyxient la biodiversité et menacent la sécurité alimentaire en décimant les stocks de poissons halieutiques et la Tunisie est hélas loin de déroger à ces tristes faits », a-t-il laissé entendre.
Elévation continue du niveau de la mer
Dans ce même ordre d’idées, Hamdi Hached a rappelé que l’impact du réchauffement climatique global se manifeste justement de manière physique et violente sur la topographie de la Tunisie. « La fonte des calottes glaciaires mondiales combinée à la dilatation thermique des molécules d’eau engendre une élévation continue et irréversible du niveau moyen de la mer », note-t-il. Et d’indiquer que « ce phénomène expose directement les plaines littorales et les infrastructures urbaines côtières basses de la République à des submersions marines chroniques lors des tempêtes ».
L’expert a conclu en rappelant un indicateur frappant : « lors des récentes tempêtes exceptionnellement violentes, la houle et la montée des eaux ont brisé les barrières naturelles pour s’infiltrer de manière inédite jusqu’au cœur de l’avenue Habib Bourguiba ! Un tel phénomène illustre l’urgence absolue de déployer une stratégie d’adaptation côtière d’envergure parce que la situation risque de se corser durant les années à venir et il faut absolument prévenir les éventuels dégâts ».



