Société

Urgence dans les hôpitaux : asphyxiés par les impayés, les fournisseurs de matériel médical menacent d’invoquer la « force majeure »

  • 7 juillet 2026
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Urgence dans les hôpitaux : asphyxiés par les impayés, les fournisseurs de matériel médical menacent d’invoquer la « force majeure »

Le système hospitalier tunisien fait face à un risque imminent de paralysie technique de ses blocs opératoires et de ses services de soins critiques. Les entreprises qui fournissent du matériel médical se disent asphyxiées par les impayés du ministère de la Santé et de la CNAM. Elles ont annoncé que cette situation a contraint plusieurs d’entre elles d’arrêter leur activité depuis janvier… La chambre syndicale nationale des dispositifs médicaux, relevant de l’UTICA, lance ainsi un ultimatum au 31 août 2026 avant de décider rompre l’approvisionnement des blocs opératoires.

Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi 7 juillet 2026 à Tunis, la Chambre syndicale précitée a tiré la sonnette d’alarme sur la situation financière qu’on a qualifiée de « catastrophique ». Le président de l’organisation patronale, Lotfi Ben Yedder, a révélé que « la filière est plongée dans une crise de liquidités sans précédent, provoquée par l’accumulation chronique des factures impayées et des créances dues par les hôpitaux publics du ministère de la Santé ainsi que par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) ». Ce blocus financier, a-t-il ajouté, vicie directement les circuits d’approvisionnement des structures de santé de la République.

Le groupement syndical affirme que les importateurs et distributeurs n’ont plus la capacité d’honorer leurs engagements contractuels ni de livrer normalement les consommables médicaux indispensables comme les prothèses, seringues, cathéters, matériel de suture, etc. Sur le terrain, ajoute M. Ben Yedder, les stocks de sécurité s’effondrent de jour en jour, menaçant à court terme la continuité des soins et la sécurité des patients. « Le marasme est tel que de nombreuses PME du secteur ont officiellement cessé toute importation depuis le mois de janvier dernier, réorientant leurs maigres ressources vers le recouvrement de leurs impayés, tandis que d’autres structures ont mis la clé sous la porte », indique-t-il.

Pour sa part, Slim Ammar, vice-président de la Chambre syndicale nationale des équipements médicaux, a qualifié la situation d’intenable pour la survie des entreprises. Dès lors un ultimatum strict a été prononcé : « si le Trésor public et la direction de la CNAM ne procèdent pas au règlement intégral des arriérés de paiement avant le 31 août 2026, les professionnels de la santé actionneront les clauses juridiques de rupture contractuelle pour cas de ‘’force majeure’ »’. Le spectre du blocage logistique total menace plane sur les structures sanitaires et menace de les priver des outils de travail au grand dam des citoyens à petites bourses qui, jusque-là, comptaient sur les institutions hospitalières publiques.

R.I

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R. I

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