A la une Economie

164 hôtels fermés : la Tunisie veut réveiller son parc hôtelier

  • 10 juillet 2026
  • 4 min de lecture
164 hôtels fermés : la Tunisie veut réveiller son parc hôtelier

La Tunisie s’apprête à vivre une saison touristique particulièrement prometteuse. Les réservations poursuivent leur progression, les principaux marchés européens renouent progressivement avec la destination tunisienne et le pays pourrait accueillir près de 12 millions de visiteurs cette année, un niveau supérieur à celui enregistré en 2025. Mais derrière ces perspectives encourageantes subsistent plusieurs défis structurels, à commencer par la fermeture de 164 établissements hôteliers répartis sur l’ensemble du territoire.

C’est ce qu’a indiqué, vendredi 10 juillet 2026, le président de la Commission du tourisme, de la culture, des services et de l’artisanat à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Mohamed Yahyaoui, lors de son passage sur les ondes de Jawhara FM.

Selon lui, les indicateurs actuels sont favorables et le rythme des réservations continue de progresser. S’appuyant sur les estimations du ministère du Tourisme, il a précisé que la période comprise entre le 20 et le 25 juillet devrait marquer le pic de fréquentation dans l’ensemble des régions du pays.

Pour Mohamed Yahyaoui, cette dynamique s’explique par plusieurs facteurs. Outre la diversité des atouts de la destination tunisienne, il met en avant la stabilité dont bénéficie actuellement le pays ainsi que le retour progressif de plusieurs marchés traditionnels, notamment ceux d’Europe occidentale, d’Europe orientale et du Royaume-Uni.

164 hôtels fermés en attente d’une relance

Si les perspectives sont encourageantes, le secteur continue néanmoins de faire face à d’importantes difficultés. Mohamed Yahyaoui a révélé qu’environ 164 hôtels demeurent fermés en Tunisie, principalement en raison de faillites ou de litiges bancaires.

Pour le responsable parlementaire, la réouverture de ces établissements constitue un enjeu majeur pour renforcer les capacités d’accueil du pays et soutenir durablement la croissance du secteur. Il a ainsi plaidé pour l’arrivée de nouveaux investisseurs capables de redonner vie à ces unités touristiques.

Il estime également que cette relance passe par une diversification de l’offre, notamment à travers le développement du tourisme médical et du tourisme thermal, deux créneaux sur lesquels la Tunisie dispose, selon lui, d’une expérience reconnue et d’un savoir-faire historique dans le domaine de la santé.

Miser sur la qualité et protéger le savoir-faire tunisien

Au-delà des chiffres, Mohamed Yahyaoui considère que la compétitivité de la destination tunisienne dépend désormais davantage de la qualité des prestations offertes aux visiteurs. Il a particulièrement insisté sur la question de la propreté, qu’il qualifie de responsabilité collective impliquant à la fois les municipalités et les citoyens.

Le président de la commission parlementaire a également plaidé pour une accélération de l’organisation des prochaines élections municipales ainsi qu’une révision du Code des collectivités locales, estimant qu’un renforcement de l’action municipale contribuerait directement à l’amélioration de l’environnement touristique.

Autre priorité évoquée : la préservation de l’artisanat tunisien. Mohamed Yahyaoui appelle à protéger les produits locaux face à la concurrence des importations, à soutenir les artisans par la création de villages artisanaux dans les zones touristiques et à renforcer les programmes de formation afin de limiter le départ des compétences tunisiennes vers l’étranger.

À l’approche du cœur de la saison estivale, le secteur touristique tunisien semble ainsi renouer avec une dynamique favorable. Pour transformer cette embellie conjoncturelle en croissance durable, les professionnels comme les pouvoirs publics devront toutefois relever plusieurs défis : remettre en exploitation les hôtels fermés, améliorer la qualité des services, préserver le patrimoine artisanal et poursuivre la diversification de l’offre touristique.

R.I

Auteur

R. I

You cannot copy content of this page