UNFPA – «Aspirations et attentes des jeunes, aujourd’hui et demain» : Un rapport mondial pour éclairer les choix de vie
Que veulent nos jeunes, que voudraient-ils faire à l’avenir? De quoi rêvent-ils ? Quels sont leurs ambitions académiques et professionnelles ? Leurs choix de conjoints, partenaires de vie et de foyer ? Et comment vont-ils les réaliser? Autant de soucis que de pensées si complexes qui n’arrêtent jamais de titiller leur esprit et orienter leur tendance capricieuse vers des projets de vie futuristes. La réalité en dit long sur des objectifs pas toujours réalistes.
La Presse —Ces questions ont fait l’objet d’une enquête de terrain menée dans 73 pays du monde dont la Tunisie, à l’initiative de l’Unfpa, qui vient de célébrer, le 11 de ce mois, la Journée mondiale de la population.
En fait, l’échantillon compte plus de 100 mille interrogés de par le monde dont 870 en Tunisie, afin de sonder leurs avis sur la vie et leurs attentes d’aujourd’hui et de demain. Outre l’approche démographique justifiée par des indicateurs de vieillissement, d’âge de mariage plus avancé et de faible taux de fécondité, soit à peine 1,7 enfant par femme, le rapport de l’Unfpa sur «l’état de la population mondiale 2026» avait dressé un bilan mitigé, sur fond d’optimisme, en dépit des incertitudes liées aux défis actuels d’ordre démographique, social, sanitaire et environnemental. Mais optimisme ne rime toujours pas avec réalisme.
Mieux comprendre, savoir choisir
Dans ce cadre, Dr Rym Fayala, directrice du Fonds des Nations unies pour la population-Tunisie, avait donné un aperçu de l’état démographique dans le monde, présentant une étude sur «les aspirations et les attentes des jeunes, aujourd’hui et demain». «Tout comme l’année dernière, il s’agit, plutôt, d’un avant-goût d’une prochaine étude plus développée sur la perception des jeunes d’ici et d’ailleurs à l’égard de leur avenir conjugal, familial et sociétal, afin de comprendre les raisons derrière la réticence au mariage, à la procréation, voire à l’engagement de fonder un foyer.
Il y aura, sous peu, un rapport beaucoup plus détaillé propre à la Tunisie dans lequel on mettra la lumière sur cet état des lieux », souligne-t-elle. Selon elle, l’Unfpa n’est surtout pas en position de dicter des choix et des propositions, mais il contribue à éclairer la lanterne de nos jeunes et les sensibiliser à mieux comprendre, savoir choisir et décider de leur avenir. «Au-delà des chiffres et données, on est dans une approche humaniste, soit chacun a le plein droit d’effectuer, volontiers, son choix de conjoint, de penser de sa vie privée et du nombre d’enfants qu’il aurait souhaité…», ajoute Dr Fayala.
Certes, cette mutation démographique est un facteur clé dans la détermination de nos choix politiques et économiques, à laquelle s’ajoutent les nouveaux besoins et les préoccupations de la nouvelle génération. De quoi s’inspirer pour esquisser les plans de développement et prévoir les projets d’investissement. Et partant, argue-t-elle, l’on doit tout mettre en considération, dont notamment les attentes de nos jeunes.
Ces enfants d’aujourd’hui sont les hommes de demain. «On avait entamé, depuis une année, un projet qui s’étend sur quatre ans, visant à communiquer sur l’éducation à la santé reproductive et sexuelle, en partenariat avec les différents médias tunisiens, dans le but de changer les mentalités.
Perception plus au moins positive du monde !
Par ailleurs, Dr Fayala est revenue sur les résultats de l’enquête internationale sur les aspirations des jeunes, avec un échantillon tunisien limité en nombre d’interrogés, totalisant 630 garçons et 240 filles. Chiffres à l’appui, l’étude en question a démontré, selon elle, que 58% des interviewés ont une certaine vision positive de l’avenir. Autant dire, ils se sont déclarés relativement optimistes, croyant que les problématiques qui se posent aujourd’hui pourraient être résolues demain.
Toutefois, révèle l’étude, 68% des jeunes Tunisiens interrogés ont exprimé l’incertitude face aux risques liés aux défis économiques, sécuritaires, sanitaires et environnementaux. Les résultats ont également dévoilé que 2 jeunes sur 3 dans le monde ont une vision positive de l’avenir, et que le taux d’optimisme en Afrique de l’Ouest et centrale est estimé à 62%, contre 33% dans les pays arabes, et seulement 19% en Europe de l’Ouest, en Amérique du Nord et en Australie. Cela pourrait s’expliquer par les crises géopolitiques, l’insécurité alimentaire et les conflits transnationaux qui continuent de menacer la vie des populations et leur sécurité.



