Offensive contre le commerce anarchique : Pour un retour de l’autorité publique
Six kiosques rasés, des centaines de tables et de chaises saisies, des denrées impropres à la consommation détruites et plusieurs procès-verbaux dressés. À El Kabaria, la municipalité de Tunis vient de donner un signal clair : l’occupation anarchique du domaine public et le non-respect des règles sanitaires ne seront plus tolérés. Une opération de terrain qui s’inscrit dans une dynamique plus large d’assainissement de l’espace urbain et de rétablissement de l’autorité de la loi.
La Presse — Il s’agit là d’une partie du bilan d’une récente action menée dans la circonscription d’El Kabaria en coordination avec les services de la police municipale et qui a mobilisé les inspecteurs sanitaires, les agents chargés du contrôle de l’hygiène ainsi que le service municipal des autorisations. Ces résultats rendus publics dans la nuit du lundi 13 au mardi 14 juillet 2026 témoignent de l’ampleur des infractions constatées.
Au total, des dizaines de kilogrammes de denrées alimentaires stockées dans des conditions ne répondant pas aux normes d’hygiène ont été saisis et détruits, alors que les agents ont procédé à la saisie de 340 équipements exploités illégalement, dont 266 chaises, 68 tables et six narguilés (chichas). Six kiosques installés sans autorisation ont également été rasés et neuf barrières fixes, qui occupaient irrégulièrement les trottoirs et la chaussée, ont été retirées.
Plus encore,l’opération s’est accompagnée de mesures administratives et répressives avec bon nombre de procès-verbaux qui ont été dressés pour des infractions sanitaires et autres manquements administratifs. Quatre convocations ont, en outre, été adressées aux contrevenants afin de compléter les procédures engagées.
Cette intervention intervient quelques heures seulement après l’annonce, par la municipalité de Tunis, d’une application plus stricte de la réglementation relative à l’occupation du domaine public et au respect des conditions d’hygiène dans les établissements ouverts au public, sachant que la municipalité a rappelé qu’elle disposait des prérogatives légales nécessaires pour agir contre les contrevenants et appliquer les sanctions prévues par la législation en vigueur.
Le message se veut sans ambiguïté. Les établissements qui ne respectent pas les normes sanitaires ou qui s’approprient illégalement l’espace public s’exposent désormais à des sanctions pouvant aller jusqu’à la fermeture administrative immédiate et à des amendes atteignant 10.000 dinars.
El Kabaria n’est, d’ailleurs, pas un cas isolé. Des opérations similaires ont été menées ces derniers jours à El Menzah, Cité El Khadra, aux Berges du Lac, au Centre Urbain Nord, à Bab Souika, Bab Bhar, Sidi El Béchir et Cité Ettahrir. Saisies d’équipements, démantèlement d’installations anarchiques, destruction de produits impropres à la consommation et procès-verbaux se multiplient dans les différentes circonscriptions de la capitale.
Cette mobilisation sur le terrain rejoint l’orientation constamment défendue par le Président de la République, Kaïs Saïed, en faveur d’une application rigoureuse de la loi et d’une lutte sans relâche contre toutes les formes d’anarchie, de monopole et de spéculation. Le Chef de l’État a, à plusieurs reprises, insisté sur la nécessité de protéger le pouvoir d’achat des citoyens et de sécuriser les circuits de distribution face aux pratiques illégales et aux réseaux parallèles.
La lutte contre la spéculation et le commerce anarchique dépasse, dans cette optique, la seule question de l’organisation urbaine. Elle touche à la protection du consommateur, à la santé publique et au fonctionnement de l’économie. L’occupation illégale des trottoirs et des chaussées porte, elle aussi, atteinte au droit du citoyen à un espace public accessible et sécurisé.
À El Kabaria comme dans les autres quartiers de Tunis, les campagnes engagées traduisent ainsi une volonté d’imposer le respect des règles. L’enjeu étant, désormais, d’inscrire cette action dans la durée, à travers une coordination renforcée entre les différentes structures de contrôle. Car, face aux dépassements et aux pratiques anarchiques, la loi ne peut être appliquée à géométrie variable.
Noureddine HLAOUI



