Chroniques de la Byrsa
La voie participative plutôt que l’exclusion
Bon gré mal gré, les problèmes de l’environnement sont devenus une préoccupation généralisée, quotidienne, dans tous les milieux et à tous les niveaux après avoir été considérés pendant très longtemps comme étant une lubie d’excentriques en mal de célébrité. Il aura fallu pour cela des catastrophes naturelles en cascades et aux quatre coins du monde pour que s’amorce la prise de conscience généralisée que nous constatons aujourd’hui un peu partout.
Y compris chez nous où les méfaits persistants d’acteurs peu scrupuleux ont fini par se répercuter sur la qualité de la vie quotidienne des citoyens dans des domaines aussi vitaux que l’eau ou l’air. On prend soudainement conscience que le gaspillage et la gestion désinvolte des ressources naturelles ont un prix très élevé dont nous commençons seulement à régler la facture, laissant à nos descendants la très (trop ?) lourde tâche de solder le compte.
Parmi les principales manifestations de la dégradation de nos conditions de vie, l’actuelle vague de chaleur. Elle est d’une ampleur, d’une durée et d’une récurrence jamais vues. Et on nous promet le meilleur pour l’avenir. Les répercussions de ce phénomène sont incalculables.
Retenons pour le moment, outre la canicule, la sécheresse et son cortège de retombées sur les vivants (plantes, animaux et…nous-mêmes), l’épuisement des ressources hydriques indispensables à toute forme de vie et les incendies de forêts. Du Canada en Turquie, d’Espagne en Afrique du Nord, ces derniers ont fini par prendre des dimensions dantesques. Au point d’avoir réussi à remuer les consciences les plus assoupies en matière d’environnement et d’écologie.
Une manifestation de bonne volonté qu’il y a lieu de capter et d’exploiter du mieux possible.
La prise de conscience, chez nous, s’est amorcée depuis déjà un bon bout de temps. Cela s’est traduit en divers endroits par des actions citoyennes de préservation du patrimoine naturel, les forêts en particulier, et des campagnes de reboisement à l’occasion de la fête de l’arbre. A la suite des derniers feux de forêts, plusieurs initiatives ont été révélées, des fois de manière ostentatoire comme pour rechercher surtout un effet d’annonce, concernant des projets de reboisement dans les zones sinistrées.
Il y a, le plus souvent, dans ce genre d’attitude, une bonne part de spontanéité qui traduit davantage de bons sentiments que de résolution à passer à l’action, surtout lorsqu’on est totalement — ou presque — démuni des rudiments de la sylviculture. N’empêche. Il y a là une manifestation de bonne volonté qu’il y a lieu de capter et d’exploiter du mieux possible.
Comment la Direction générale des forêts relevant du ministère de l’Agriculture a-t-elle réagi à ces annonces ? En se fendant d’un communiqué dans lequel elle rappelle sèchement qu’elle seule est habilitée à régir le secteur sylvicole du pays ; qu’elle n’autorise aucune action qui ne soit agréée par elle qui détermine les conditions d’intervention : date, lieu, variété végétale à planter, suivi, etc. Autant dire : « Restez chez vous, ce n’est pas votre affaire ».
On se serait plutôt attendu de la part d’un organisme de cette nature à une approche plus participative, plus interactive, plus pédagogique. Quoi si la DGF avait lancé une invitation à ces bonnes volontés pour échanger sur les conditions de leur participation à une entreprise aussi exaltante que salutaire ?



