Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a affirmé que la crise du secteur laitier en Tunisie résulte de facteurs à la fois structurels et conjoncturels. Il a indiqué avoir mis en œuvre, depuis 2020, une série de mesures destinées à soutenir la filière et à assurer sa pérennité, notamment la révision du prix du lait à la production, l’augmentation de la prime de collecte et l’élaboration d’un programme national de reconstitution du cheptel.
Dans une réponse à une question écrite portant sur la situation du secteur laitier, le ministère a expliqué que les difficultés actuelles sont principalement liées aux effets des changements climatiques, en particulier la succession des années de sécheresse et la raréfaction des ressources en eau. Cette situation a entraîné une baisse de la production de fourrages grossiers et une dépendance accrue des éleveurs aux aliments composés.
Le département a également souligné que la flambée des prix des matières premières destinées à l’alimentation animale sur les marchés internationaux a fortement augmenté les coûts de production, créant un déséquilibre avec les prix de vente. À cela s’ajoutent des difficultés structurelles liées à la fragmentation de la filière et à la faible taille des troupeaux détenus par les petits éleveurs, les rendant particulièrement vulnérables aux aléas économiques et climatiques.
Afin de faire face à cette situation, le ministère a indiqué avoir organisé six conseils ministériels entre 2020 et 2024 pour évaluer l’état de la filière et arrêter les mesures nécessaires à son redressement.
Ces réunions ont conduit à plusieurs décisions, dont la révision du prix minimum garanti du lait à la production à trois reprises, en août 2020, avril 2021 et février 2023. Le prix est ainsi passé de 945 millimes à 1.340 millimes le litre. La prime de collecte a également été portée à 115 millimes par litre au profit des collecteurs, des centres de refroidissement et des industriels.
Le ministère a, par ailleurs, indiqué qu’en coordination avec le ministère du Commerce et du Développement des exportations, les prix des aliments pour bétail ont été plafonnés afin de limiter l’impact de la hausse des coûts de production sur les éleveurs et de préserver le cheptel.
Il a également fait état de l’élaboration d’une stratégie nationale de développement de la production fourragère, fondée sur une approche participative associant les différents intervenants de la filière.
Enfin, le ministère a précisé avoir finalisé le programme national de reconstitution du cheptel destiné à compenser le déficit du patrimoine animal. Les textes d’application nécessaires à sa mise en œuvre ont été achevés afin de permettre le déploiement effectif du programme et de rétablir progressivement l’équilibre de la filière laitière.
S.R



