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Mariza enchante Hammamet : une nuit de fado suspendue entre amour, émotion et poésie

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  • 2 août 2026
  • 4 min de lecture
Mariza enchante Hammamet : une nuit de fado suspendue entre amour, émotion et poésie

Au moment même où elle frôle la scène, les mots nous échappent. Son apparition suspend le temps et une fascination collective s’installe presque immédiatement. Le public de la 60ème édition du Festival International de Hammamet a perdu ses repères face à Mariza, une des voix majeures du fado contemporain, venue offrir une parenthèse enchantée unique en présentant « Amor », son dernier album en date.

Allure élancée, robe éblouissante, élégance inégalée, paroles sensibles et voix astrale, Mariza a tout pour être une icône mondiale. On peut même dire que la scène du théâtre de la ville s’est offert un astre de la chanson mondiale en guise d’invitée de prestige. Elle détient un répertoire portugais, oscillant entre traditions et modernité, truffé de poésie, de sensibilité, de beauté.

Mariza puise la force de sa prestation scénique qu’elle perfectionne dans une scénographie sobre, à la lumière tamisée, minimaliste et qui happe le public dans une atmosphère feutrée, apaisante. Une invitation à écouter l’amour, à le sentir, à s’imprégner de la vie, et à se laisser perdre dans une dimension sentimentale, où l’humain et l’amour sont les maîtres mots.

Ce qui fait la particularité de son spectacle, c’est le narratif qu’elle choisit d’adresser à ses auditeurs présents sur place : elle est constamment dans un échange des plus délicats, à propos de la vie, des liens humains, amoureux, fraternels. Elle est reconnaissante à la vie, et fait de ses épreuves personnelles, une force et des leçons. Mariza est bienveillante, avenante, dans le partage, alternant la langue portugaise, anglaise et parfois française. Accompagnée de ses 4 musiciens et parfois, assise sur une chaise, l’artiste use du micro, le retire, laissant ainsi sa voix résonner. La virtuose a ce pouvoir de concevoir un spectacle magique, à la belle étoile, sous la lune, qui épouse la nature enveloppante du FIH, et génère une ambiance à couper le souffle. « Enstranha Forma de Vida » est la toute première chanson qu’elle a interprétée, dès son entrée. Une véritable immersion dans l’essence même de cette musique qui a vu le jour à Lisbonne.

Avant chaque chanson présentée, une anecdote racontée, des sentiments célébrés, des récits courts où les fans présents peuvent s’y reconnaître. Mariza enchaîne avec des morceaux tels que « Julia Florista », « Hà Palavras », « Barco Negro », « Onde Vais ». Presque une quinzaine de chansons qui s’achèvent sur « Maria Joana », face à un public debout, ne voulant pas partir, emporté par la douceur des sonorités, beaucoup moins par la maîtrise des paroles.

L’artiste accorde de l’importance aux intermèdes, aux récits, aux plaisanteries, aux jeux de mots, souvent interactifs avec ses auditeurs. Autant de moments inoubliables, soutenus par des instruments comme la basse, la guitare électrique et autres instruments musicaux contemporains et traditionnels.

Mariza, native du Mozambique et élevée dans le quartier de Mouraria à Lisbonne. Très tôt imprégnée de la tradition musicale du fado, elle en fait une musique universelle et moderne, revisitée légèrement, mais qui garde son essence même.

Chanteuse portugaise reconnue à l’international, elle s’impose sur les scènes les plus prestigieuses du monde, de l’Europe, au continent américain, du nord au sud, en passant par l’Asie. Récompensée par plus de 50 disques de platine et plusieurs nominations aux Grammy Awards, elle incarne un fado constamment changeant, qui se renouvelle. L’album « Amor » qu’elle a présenté en exclusivité en Afrique et dans le monde arabe, est le point de départ d’une étape inédite dans sa carrière.

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Auteur

La Presse

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