Oued Meliane : Le Président revient constater l’avancement des travaux à Radès
Le Président de la République, Kaïs Saïed, s’est rendu dimanche 2 août 2026 à Radès, dans le gouvernorat de Ben Arous, pour une visite-surprise consacrée aux difficultés environnementales, sanitaires et infrastructurelles que traverse la ville.
La Presse — Sur place, le Chef de l’État a constaté de nombreux dysfonctionnements et manquements, notamment en ce qui concerne l’avancement des travaux sur l’oued Meliane, l’état des réseaux d’assainissement, la pollution de la plage de Radès, la situation préoccupante des pêcheurs, ainsi que l’accumulation des déchets le long du littoral.
Selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, le Chef de l’État s’est entretenu avec plusieurs citoyens sur les problèmes environnementaux qui touchent la ville de Radès, en particulier ceux liés aux réseaux d’assainissement défaillants et à l’accumulation des déchets sur les plages. «On a été privés de notre plage à Radès en raison de la pollution», ont scandé certains habitants à cette occasion, cherchant à attirer l’attention du Président sur cette question.
A cette occasion, le député Marouane Zayen, élu au Conseil national des régions et des districts pour la circonscription de Ben Arous, a déclaré hier, lundi 3 août, sur les ondes d’une radio que cette visite constituait un message rassurant adressé à l’ensemble des habitants de la région de Ben Arous. Il a précisé qu’elle avait été consacrée à l’inspection des travaux menés sur l’oued Meliane, un cours d’eau qui représente un danger majeur en raison des inondations survenant chaque automne.
Il a rappelé la précédente visite effectuée par le Président de la République le 21 janvier dernier, à la suite des pluies diluviennes ayant provoqué des inondations dans cette région. Il a également indiqué avoir adressé, après cette visite, un courrier à la Présidence appelant à dépasser les solutions de rafistolage pour mettre en œuvre des solutions radicales et durables. Une démarche qui, selon ses dires, a été suivie par des recommandations présidentielles allant dans ce sens.
Aujourd’hui, s’est-il réjoui, le Président est revenu sur place pour constater en personne l’avancement des travaux entamés depuis le 22 juillet sur un linéaire de 7 kilomètres, le long de la côte, jusqu’à la GP1. Le député a par ailleurs indiqué que les opérations de curage de l’oued Meliane avaient atteint un taux d’avancement de 60 à 70 %, tout en jugeant que cette seule mesure restait insuffisante car il est nécessaire, selon lui, de mettre en place une technique de traitement tertiaire des eaux usées au niveau de la station d’épuration de Radès-Sud.
On rappelle à ce titre que le 12 septembre 2021, environ 3 000 habitants de la banlieue sud de Tunis (Radès, Hammam Lif, Ezzahra) ont formé une chaîne humaine pour dénoncer les rejets d’eaux usées polluant leurs plages depuis les années 1990. Deux mois plus tard, l’Onas a organisé une consultation citoyenne sur un projet d’émissaire en mer censé évacuer les eaux traitées loin de la côte.
La pollution s’explique par plusieurs facteurs cumulés dont des quartiers non raccordés au réseau d’assainissement, des usines qui ne respectent pas leurs obligations de prétraitement, et l’Onas lui-même, qui rejette une partie de ses eaux non conformes en mer alors même que cet organisme dépend du même ministère que les agences censées le contrôler.
Face à cela, l’Onas a présenté un plan de travaux (raccordements, rénovation de stations, émissaire en mer) coûtant plusieurs centaines de millions de dinars, tandis que les habitants réclamaient des mesures plus immédiates.
Cette visite du Président de la République qui survient quelques mois après sa première visite à Radès s’inscrit toujours dans cet esprit de suivi direct qui caractérise la politique présidentielle, consistant à se rendre sur le terrain pour vérifier que les décisions prises se traduisent bien en résultats concrets pour les citoyens. Elle montre aussi une volonté d’anticiper les problèmes. Vérifier l’état des infrastructures en plein été, c’est se préparer avant l’automne, ses pluies diluviennes et les inondations car mieux vaut agir maintenant que de laisser ces problèmes se transformer en catastrophe une fois les intempéries arrivées.



