Mariages coutumiers en Tunisie : l’UNFT tire la sonnette d’alarme
La présidente de l’Union nationale de la femme tunisienne (UNFT), Radhiya Jerbi, a alerté, vendredi 7 août, sur la recrudescence des mariages coutumiers (orfi) en Tunisie, estimant que ce phénomène constitue une remise en cause progressive du Code du statut personnel.
S’exprimant lors d’une conférence organisée par l’UNFT, Radhiya Jerbi a indiqué que le contrat de mariage « n’est plus le même depuis 2011 ». Selon elle, certaines unions sont désormais conclues sur la base d’accords verbaux ou de contrats écrits mais non enregistrés auprès des autorités compétentes, ce qui correspond au mariage coutumier dans son acception orientale.
Elle a également fait état de l’existence de mariages exclusivement religieux, célébrés en dehors du cadre juridique prévu par le Code du statut personnel, notamment entre des Tunisiennes et des ressortissants étrangers.
La présidente de l’UNFT a souligné que cette évolution soulève de nombreuses interrogations quant aux raisons qui poussent certains couples à privilégier les mariages verbaux ou religieux au détriment du mariage civil légalement reconnu.
Si aucune statistique officielle ne permet actuellement d’évaluer l’ampleur du phénomène, Radhiya Jerbi a affirmé que ces pratiques existent bel et bien en Tunisie et qu’elles tendent à se développer.
Estimant que le Code du statut personnel est « attaqué jour après jour », elle a appelé le ministère public à intervenir afin de renforcer le contrôle des contrats de mariage. Elle a également regretté que certains contrats ne rappellent plus explicitement les droits, les devoirs et les responsabilités qui incombent aux deux époux.
Ces déclarations ont été faites à l’occasion d’une conférence consacrée aux questions relatives à la famille et au cadre juridique régissant le mariage en Tunisie.



