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Détroit d’Ormuz : Téhéran conditionne toute réouverture à des garanties américaines

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  • 11 août 2026
  • 6 min de lecture
Détroit d’Ormuz : Téhéran conditionne toute réouverture à des garanties américaines

«Tant que le blocus naval américain se poursuivra, les conditions nécessaires pour pouvoir dire que le détroit d’Ormuz est redevenu une voie maritime sûre ne seront pas réunies», a affirmé hier le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei.

La Presse — L’Iran ne rouvrira pas le détroit d’Ormuz tant que les États-Unis n’auront pas satisfait à ses conditions, les Iraniens ayant montré «qu’ils sont des joueurs d’échecs chevronnés», a indiqué hier Téhéran, faisant référence à la déclaration de Donald Trump dans laquelle le président américain compare les négociations à un «jeu de société».

«Il appartient à la partie américaine de mettre fin et de réparer ses actions illégales et destructrices», a déclaré hier le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, en référence au blocus américain des ports iraniens. «Tant que le blocus naval américain se poursuivra, les conditions nécessaires pour pouvoir dire que le détroit d’Ormuz est redevenu une voie maritime sûre ne seront pas réunies», a-t-il ajouté.

Le responsable iranien Mohammad Bagher Zolghadr a détaillé samedi les exigences de Téhéran, dont la fin de la «guerre et de l’agression contre l’Iran et ses alliés au Liban, en Palestine, au Yémen et en Irak». Il a également réclamé la levée du contre-blocus américain des ports iraniens, la fin des sanctions, la libération des avoirs iraniens gelés et des compensations pour les dommages de guerre, a rapporté l’agence de presse Tasnim.

Donald Trump a laissé entendre dimanche qu’il était prêt à laisser la pression économique s’accentuer sur l’Iran, semblant renoncer à de nouvelles frappes militaires après que Téhéran a présenté une liste d’exigences pour la réouverture du détroit d’Ormuz. Donald Trump avait auparavant été cité par le média Axios affirmant qu’il «adoptait un profil bas» avec l’Iran.

Nous ne faisons que semi-négocier avec eux. Nous nous contentons d’observer l’Iran, avec son inflation massive et le fait qu’ils n’ont pas d’argent», a-t-il déclaré. «Ça s’arrangera. Ça s’arrange toujours. C’est comme une partie d’échecs», avait ajouté Trump.

Dans le même temps, l’Iran mène des négociations séparées avec Oman sur le transit par le détroit d’Ormuz, notamment autour de la mise en place éventuelle d’un couloir maritime temporaire. En temps normal, le détroit achemine près d’un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole. Sa fermeture constitue l’une des conséquences les plus durables de la guerre et a contribué à faire grimper les prix mondiaux de l’énergie.

Mojtaba Khamenei aurait rencontré Masoud Pezeshkian

Parallèlement, Téhéran a annoncé que le président iranien Masoud Pezeshkian avait récemment rencontré l’ayatollah Mojtaba Khamenei, qui n’était pas apparu en public depuis sa prise de fonctions au début de la guerre.

«Le Dr Masoud Pezeshkian a rencontré l’ayatollah Mojtaba Khamenei et s’est entretenu avec lui au début de sa troisième année de mandat», a indiqué le bureau de Mojtaba Khamenei dans un communiqué publié dimanche, sans préciser la date de la rencontre. Masoud Pezeshkian, entré en fonctions en juillet 2024, avait déclaré début mai qu’il avait rencontré Mojtaba Khamenei, là encore sans préciser la date, mais le bureau de l’ayatollah n’avait alors diffusé aucun communiqué.

Le président iranien avait déclaré mercredi que la communication avec Khamenei était «très difficile en ce moment» et les spéculations se sont multipliées sur l’état de santé de l’ayatollah, qui aurait été blessé lors de frappes ayant tué son père, l’ayatollah Ali Khamenei. Aucun élément clair ne permet de connaître sa localisation et son état réels. Des responsables américains avaient affirmé plus tôt dans la guerre que Mojtaba Khamenei avait été grièvement blessé et probablement «défiguré» lors des premières salves de la guerre, le 28 février, tandis que des informations venues d’Iran affirmaient qu’il se cachait par précaution, en raison d’inquiétudes pour sa sécurité.

Le bureau de Mojtaba Khamenei a indiqué que l’ayatollah et Pezeshkian avaient «examiné en détail les problèmes et questions du pays», notamment «la situation militaire actuelle et les perspectives d’avenir».

Dimanche, l’agence Tasnim a cité un général des Gardiens de la révolution (Irgc) affirmant que des images montrant MojtabaKhamenei parmi la population et lors de réunions seraient «publiées ultérieurement», sans avancer de calendrier.

On ignore dans quelle mesure Mojtaba Khamenei est impliqué dans les négociations en cours avec Washington, mais plusieurs informations laissent entendre que les Gardiens de la révolution, force paramilitaire d’élite de la République islamique placée sous l’autorité directe de l’ayatollah, jouent probablement un rôle prépondérant dans les positions et les exigences de Téhéran.

Téhéran met en avant un «changement de perception» dans la région

Esmail Baghaei a déclaré hier qu’un pacte de défense signé la semaine dernière entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan constituait «un signe de changement dans la perception» des pays de la région vis-à-vis des États-Unis.

«Les pays de la région ont compris que la sécurité n’est pas une marchandise que l’on peut acheter auprès de faux courtiers», a-t-il déclaré. «Les pays de la région ne peuvent plus s’appuyer, comme par le passé, sur la prétention des États-Unis à assurer leur sécurité», a-t-il ajouté.

Il a également affirmé que l’Iran n’était pas inquiet à l’idée que ce pacte puisse être dirigé contre Téhéran, compte tenu des «liens religieux, historiques et civilisationnels profonds» avec l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan. «Il n’y a aucune raison de craindre que ce traité soit dirigé contre l’Iran», a déclaré Esmail Baghaei.

Les trois pays ont signé l’accord vendredi sur fond de guerre de cinq mois entre les États-Unis et l’Iran, qui a entraîné des pays voisins dans le conflit et perturbé les routes maritimes régionales.

Le ministère pakistanais des Affaires étrangères a indiqué vendredi que le pacte signifiait qu’une attaque contre l’un des membres serait considérée comme une attaque contre tous, ajoutant qu’il était «destiné à renforcer la dissuasion collective». La Turquie a, de son côté réagi affirmant que ce pacte ne vise pas l’Iran.

(Synthèse de médias)

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La Presse

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