Pour cette avant-dernière soirée de l’édition 2026 du Festival International de Hammamet, place au 4ème art et à son pouvoir immense de bousculer les consciences, bouleverser le public et inciter à la réflexion. C’est ce qu’a tenté d’accomplir le metteur en scène Moez Achouri, à travers sa pièce « Le jardin des amants ». Une soirée particulière qui met fin au volet théâtral de cette édition anniversaire.
Une édition de 32 soirées qui touche à sa fin ce soir et qui a consacré, 4 rendez-vous au théâtre tunisien et un seul à la danse. Moez Achouri a levé le rideau sur une thématique d’actualité, celle d’une spiritualité foisonnante et sa tendance soufi, répandue chez plusieurs adeptes. « Le jardin des amants », titre intriguant d’une pièce avec peu de dialogues, rassemble une panoplie d’acteurs de tout âge, qui s’emparent de la scène en mouvement et en musique.

Dans une ambiance presque entièrement mystique, le texte épingle les notions de liberté, de pouvoir et de recherche effrénée sur l’existence. La création est une quête collective infinie de sens.
Elle met en scène un héros « Habib Ben Yazid », adepte de pratiques spirituelles développées, qui dirige un groupe d’adhérents, déterminé à explorer le soufisme sous ses différents aspects. Des activités jugées douteuses et qui attirent l’attention des autorités, méfiantes face à ce qui est désormais considéré comme « groupuscule ». Une enquête s’ouvre et aboutit sur les recherches d’un homme passionné par ce savoir, entretenu à travers un ouvrage titré « Le jardin des amants ».
Le combat d’une avocate farouche ajoute une couche à une intrigue déjà assez huilée autour d’un rapport d’autorité rattaché à la liberté de croyance et à des questionnements liés à la citoyenneté compromise. On peut également évoquer un « théâtre spirituel », qui puise dans les mouvements scéniques collectifs, le sens de la communion, les chants et les tirades qui émanent en chœur des acteurs. Des notions théâtrales, peu communes, révélatrices d’un théâtre peu connu, sont exercées sur une scène minimaliste, presque sans éléments apparents, riche en lumière, mapping et en musique instrumentale presque religieuse aux fortes résonances.

Moez Achouri a rappelé lors d’une conférence de presse, à quel point le théâtre plein air de Hammamet peut permettre à la thématique de sa pièce de prendre vie et de se développer grâce à sa nature foisonnante, et à sa structure érigée entre ciel, terre et mer. Une essence même qui offre une dimension spirituelle enveloppante. Une couche qui nourrit un savoir relatif à la liberté d’expression, la quête de soi.
Achouri a rappelé sa passion et intérêt pour ce théâtre soufi et à son influence par Mahmoud Messadi. Un théâtre truffé de références, de poésie et de richesse linguistique large, principalement en langue arabe.
« Le jardin de amants » n’a cessé de se développer depuis ses premières représentations. Elle a raflé le prix de la meilleure mise en scène au festival de théâtre arabe expérimental au Caire, lors de sa 32ème édition.
À l’occasion de ce 13 août 2026, place à la femme et à sa célébration annuelle en musique. Sofia Sadok, voix incontournable de la scène arabe et locale est attendue, clôturant ainsi une édition haute en musique du FIH, qui s’est achevée sur une note de « mémoires perpétuées », et d’un slogan désormais incontournable « Endless Memories ».



