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Développement du football tunisien : Formation et mentalité de performance

  • 17 août 2026
  • 4 min de lecture
Développement du football tunisien : Formation et mentalité de performance

« Il est difficile de rivaliser avec les grandes nations tant les fondations sur lesquelles repose notre football sont encore fragiles ». Ce constat de l’international tunisien, Radhi JaÏdi, est plutôt désolant, car notre sport phare a le potentiel nécessaire pour rebondir et inverser la tendance. Il suffit seulement d’un nouveau projet structurant capable d’ériger la formation des jeunes au stade des priorités stratégiques.

La Presse — Depuis de longues années, le football tunisien s’est enfermé dans une bulle assez complexe. Ce qui justifie d’ailleurs ces contreperformances aussi bien régionales qu’internationales. On ne va certainement pas parler des égarements des instances fédérales, mais plutôt d’une question beaucoup plus profonde : la pénurie de talents locaux, faute d’une formation réfléchie et bien ciblée.

Or, ce volet, aujourd’hui totalement négligé et marginalisé, a constitué pour longtemps l’un des points forts de notre football, notamment au niveau de nos grands clubs. Et on pourrait même affirmer que le football national a connu ses véritables moments de gloires grâce à nos « produits » locaux. Les Tahar Chaïbi, Ben Mrad, Tarek Dhiab, Agrebi, Témime, Hbita ou encore les Rouissi, Limam, Souayah et Sellimi, entre autres, n’en sont que quelques échantillons qui ont marqué de leurs empreintes notre sport national, grâce à leur talent certes, mais aussi et surtout leur dévouement, leur engagement et leur amour-propre. Pourtant, la contrepartie financière n’était pas importante, elle était presque insignifiante.

Aujourd’hui, la situation s’est totalement transformée. Et c’est, de toute évidence, le passage au professionnalisme qui a inversé entièrement la tendance, imposant, ainsi, une nouvelle mentalité marquée par le désengagement et le manque d’implication, ce qui explique cet échec retentissant.

Un besoin de planification

Il est vrai, en effet, que ce passage est, comme le montrent toutes les expériences, trop exigeant. Il a besoin, avant tout, d’une véritable mentalité de performance, de rentabilité économique et de consistance financière. Des facteurs incontournables qui ont totalement fait défaut à nos architectes sportifs qui, toujours enfermés dans la facilité, ont continué à naviguer à vue, sans planification, ni vision.

L’échec du professionnalisme et l’accumulation des défaillances structurelles pourraient être justifiés aussi et comme l’a souligné tout récemment Radhi Jaïdi, l’ex-international tunisien, par un esprit d’autosuffisance, d’instabilité au niveau des prises de décisions et de l’absence d’un projet structurant et intégré pour le développement de notre football.

Il estime d’ailleurs qu’il est impossible d’espérer rivaliser avec les grandes nations de football alors que les fondations sur lesquelles repose notre sport roi sont fragiles depuis des années. De ce fait, l’on pense que la revalorisation de la formation est un fondement prioritaire.

Nos clubs doivent, ainsi, placer cette question au cœur même de toutes leurs projections. Un défi qui repose, lui-même, sur la capacité de nos décideurs sportifs de mobiliser le financement nécessaire, d’aménager l’environnement approprié et identifier le cadre-formateur qualifié.

Certains pensent par ailleurs, et voilà une question qui fait déjà débat, que le football tunisien, comme tous les autres secteurs, a besoin d’un repos « biologique pour se reconstituer ».

Il est question, en fait, d’une pause sous forme d’un blocage provisoire des recrutements des joueurs étrangers, du moins la réduction du nombre autorisé, estimé par la majorité comme élevé. Un tel blocage aurait pour mérite d’aider à l’éclosion d’une nouvelle génération talentueuse.

Auteur

Anis SOUADI

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