Culture

Festival international des arts plastiques de Mahres : L’art résiste à l’effacement

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  • 18 août 2026
  • 3 min de lecture
Festival international des arts plastiques de Mahres : L’art résiste à l’effacement

La 37e édition du Festival international des arts plastiques de Mahrès a fait son ouverture, dimanche 16 août, et se poursuivra jusqu’au 23 août. Une manifestation singulière qui, loin du spectaculaire des grands rendez-vous culturels, fait de la ville elle-même un espace de création, de rencontre et de transmission.

La Presse — À Mahrès, l’été ne se contente pas d’être une saison ordinaire de vacances. Depuis près de quatre décennies, la ville accueille un rendez-vous artistique qui a choisi de faire de l’espace public son principal lieu d’exposition et de la création collective son véritable moteur.

La 37e édition du Festival international des arts plastiques de Mahrès, dont l’ouverture a eu lieu dimanche 16 août, entend poursuivre cette aventure sous un thème qui résume à lui seul la philosophie de la manifestation : « Un impact qui résiste à la disparition ».

Créé en 1988, le festival s’est progressivement construit une identité à part dans le paysage culturel tunisien. Ici, pas de séparation étanche entre l’artiste et le public, entre l’œuvre et son environnement. Chaque année, peintres, sculpteurs et plasticiens tunisiens et étrangers investissent Mahrès et participent à cette transformation de la ville en un véritable musée à ciel ouvert.

C’est sans doute là que réside la spécificité de ce rendez-vous. L’art ne reste pas confiné aux salles d’exposition. Il descend dans la rue, s’installe dans les espaces ouverts, dialogue avec la mer, la lumière, la terre et la mémoire du lieu. Les ateliers de plein air, notamment autour de la sculpture, sont devenus au fil des éditions l’une des signatures du festival. La matière elle-même — argile, terre, pigments, formes — devient le point de départ d’un dialogue entre création contemporaine et environnement.

L’affiche de cette 37e édition prolonge cette démarche. Des sculptures d’argile aux tonalités terreuses occupent le centre du visuel, tandis qu’une calligraphie arabe vient inscrire la thématique dans une composition dominée par les couleurs naturelles et sablonneuses. Des codes inspirés du paysage de cette ville côtière. Car à Mahrès, l’œuvre n’est pas seulement destinée à être regardée. Elle est appelée à demeurer, à s’inscrire dans un espace et dans une mémoire. Le thème de cette édition prend ainsi une résonance particulière : dans un monde où les images se succèdent à grande vitesse et où l’éphémère tend à devenir la règle, le festival défend une autre temporalité, celle de l’empreinte.

Jusqu’au 23 août, Mahrès renoue donc avec cette tradition qui fait sa singularité : accueillir l’art non comme un événement extérieur à la cité, mais comme une présence capable de transformer durablement son paysage et son imaginaire.

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Auteur

Asma DRISSI

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