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Pour endiguer les risques de cancer, l’Institut Salah Azaïez se dote d’une cellule de sevrage tabagique

  • 18 août 2026
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Pour endiguer les risques de cancer, l’Institut Salah Azaïez se dote d’une cellule de sevrage tabagique

Le pôle national de référence en cancérologie et en matière de lutte contre les pathologies tumorales, intègre la prévention au cœur de ses structures de soins L’Institut Salah Azaïez de Tunis ouvre en effet des consultations hebdomadaires pour accompagner les malades envers l’arrêt du tabac. Cette réponse clinique de proximité s’inscrit face à un bilan national alarmant où le tabagisme engloutit près de 2 % de la richesse nationale en frais de soins.

La direction générale de l’Institut vient d’officialiser la mise en place de ce dispositif d’accompagnement thérapeutique individualisé dédié à la cessation tabagique. Programmé pour entrer en phase opérationnelle à la fin du mois d’août, ce projet s’adresse prioritairement aux usagers de l’établissement ainsi qu’aux personnels hospitaliers désireux de rompre avec la dépendance nicotinique.

Les services administratifs ont d’ores et déjà débloqué les carnets d’inscriptions pour la programmation des entretiens. Les bilans cliniques et le suivi psychologique seront centralisés au sein du département de médecine préventive et sociale sous la supervision d’une brigade de praticiens spécialisés en tabacologie.

Il est à indiquer que l’implémentation de cette cellule médicale répond à des indicateurs épidémiologiques particulièrement lourds. Les données sanitaires de base, consolidées par les structures associatives, rappellent justement que les complications liées au tabac provoquent plus de 13 200 décès prématurés chaque année sur le territoire. Et ce, pour des raisons directement ou indirectement liées au tabagisme. Selon une déclaration précédente du président de l’Alliance tunisienne contre le tabac, Hatem Bouziène, 48 % des hommes en Tunisie fument régulièrement des cigarettes, comportement qui engendre un problème de santé publique majeur. Les oncologues rappellent qu’un décès sur cinq enregistrés dans le pays découle directement de cette accoutumance, faisant de la prévention précoce le levier indispensable pour réduire l’encombrement des blocs de chimiothérapie.

Hatem Bouziène a également indiqué que le coût du traitement d’un patient atteint d’un cancer du poumon varie entre 250 et 300 mille dinars par an, ce qui reflète, d’après son estimation, le coût élevé du tabagisme pour l’individu et pour le système de santé national. Il a également signalé que le système de santé national dépense environ deux milliards de dinars par an, soit l’équivalent de 1,8 % du produit intérieur brut, en charges thérapeutiques liées aux différentes maladies causées par le tabagisme.

Ainsi et au-delà de la tragédie humaine, cette dépendance collective génère un gouffre financier insoutenable pour les caisses de la sécurité sociale et le budget de l’État étant donné que les protocoles thérapeutiques lourds requis pour la prise en charge d’une seule néoplasie pulmonaire exigent des investissements annuels de plusieurs centaines de milliers de dinars par patient, une charge qui met en péril les équilibres des hôpitaux publics. À l’échelle macroéconomique, l’enveloppe allouée par la santé publique pour traiter les pathologies cardiovasculaires et respiratoires induites par le tabac frôle les deux milliards de dinars par an, captant près de deux pour cent du produit intérieur brut. Dès lors, en déployant ce centre d’aide au sevrage, l’établissement hospitalier ne se limite pas à soigner les tumeurs déclarées, mais tente de tarir à la source le principal facteur de risque évitable de la médecine contemporaine.

S.R.

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S. R

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