Grève surprise des chauffeurs de carburants à Tunis : ce que l’on sait sur les perturbations
Plusieurs stations-service du Grand Tunis connaissent, depuis jeudi matin, une forte affluence et de longues files d’attente de véhicules, sur fond de perturbations dans l’approvisionnement en carburants. Cette situation a également entraîné des difficultés de circulation dans plusieurs zones de la capitale et de ses environs.
À l’origine de ces perturbations, l’arrêt de travail observé par des chauffeurs de camions de transport de carburants, qui a affecté les opérations de transport et de distribution des produits pétroliers depuis la zone pétrolière de Radès, dans le gouvernorat de Ben Arous.
Le secrétaire général de la Fédération générale du pétrole et des produits chimiques, Slim Sahimi, a confirmé que ce mouvement avait perturbé le rythme d’approvisionnement de plusieurs stations-service, notamment dans les gouvernorats du Grand Tunis et les régions limitrophes.
Dans une déclaration à l’Agence TAP, il a précisé que les chauffeurs avaient entamé une grève qu’il a qualifiée d’“anarchique”, pour réclamer notamment l’application des augmentations prévues par la loi de finances et la régularisation de leur situation au titre des cotisations sociales auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).
Les chauffeurs demandent également la régularisation des retenues sociales opérées sur leurs salaires mais qui, selon leurs déclarations, n’auraient pas été reversées à la CNSS.
Slim Sahimi a souligné que l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) n’avait pas appelé à cette grève. Il a toutefois estimé que ce mouvement était prévisible, notamment en raison du refus de certaines entreprises privées d’appliquer les accords conclus et de la persistance du blocage du dialogue social.
Des revendications sociales et professionnelles
De son côté, le secrétaire général adjoint de l’UGTT, Selouane Smiri, a expliqué que ce mouvement surprise était lié à la dégradation des conditions professionnelles et sociales des chauffeurs de camions de transport de carburants.
Il a notamment évoqué l’absence de dialogue et de négociations au sein de plusieurs entreprises privées. Les principales revendications portent, selon lui, sur l’application d’un procès-verbal d’accord conclu en 2018, ainsi que sur la régularisation de la situation des travailleurs en matière de cartes de soins et de couverture sociale.
Selouane Smiri a indiqué à la TAP que la Fédération générale du pétrole et des produits chimiques avait engagé des contacts avec les syndicats qui lui sont affiliés afin de contenir la situation et d’éviter son aggravation.
Le responsable syndical a appelé à la reprise du dialogue dans les plus brefs délais, estimant que les revendications des chauffeurs pouvaient être réglées par la négociation.
Il a enfin exprimé l’espoir que les contacts engagés aboutissent rapidement à la fin du mouvement de protestation et à la reprise du travail, permettant ainsi un retour progressif à la normale de l’approvisionnement des stations-service.
R.I



