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Octobre Rose : mieux dépister, mieux prendre en charge, mieux informer

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  • 5 octobre 2026
  • 17 min de lecture
Octobre Rose : mieux dépister, mieux prendre en charge, mieux informer

Chaque mois d’octobre, la campagne Octobre Rose replace le cancer du sein au centre de l’attention publique. En Tunisie, l’enjeu est loin d’être symbolique : le cancer du sein est aujourd’hui le premier cancer féminin du pays, avec environ 4 400 nouveaux cas recensés en 2024, contre 4 300 en 2023, une progression continue qui, si la tendance actuelle se maintient, pourrait approcher les 6 000 cas annuels à l’horizon 2030. En Tunisie, le cancer du sein représente un tiers des nouveaux cas de cancer féminins.

Mais la sensibilisation ne suffit pas à elle seule. La lutte contre cette maladie se joue aussi dans la rapidité du diagnostic, l’accès à une prise en charge spécialisée, la disponibilité des traitements, l’accompagnement des patientes et une information médicale fiable à l’heure où les réseaux sociaux multiplient les promesses non vérifiées.

En Tunisie, la Société Tunisienne d’Oncologie Médicale (STOM) est engagée sur l’ensemble de ces fronts : actions de sensibilisation dans les régions, élaboration de référentiels de prise en charge, formation des jeunes résidents, organisation de congrès scientifiques, dialogue avec les autorités sanitaires, et ouverture à la communauté oncologique internationale notamment récemment via l’ESMO (European Society for Medical Oncology).

À l’occasion d’Octobre Rose, le Professeur Mehdi Balti, Chef de Service d’oncologie médicale à l’Hôpital Militaire Principal d’Instruction de Tunis (HMPIT), Professeur en oncologie médicale à la Faculté de Médecine de Tunis et Président de la STOM revient sur les principaux défis et les perspectives de la prise en charge du cancer du sein en Tunisie. Entretien

Octobre Rose est aujourd’hui un rendez-vous majeur de sensibilisation au cancer du sein. Quel doit être, selon vous, le message prioritaire à adresser aux femmes tunisiennes à cette occasion ?

Octobre Rose joue un rôle essentiel pour maintenir le cancer du sein au cœur du débat de santé publique et rappeler l’importance du dépistage et du diagnostic précoce. Mais il est important que cette sensibilisation s’étende tout au long de l’année et ne se limite pas au seul mois d’octobre. Elle doit déboucher sur une véritable démarche de santé où le facteur temps joue un rôle déterminant. Cela implique de connaître les principaux facteurs de risque, de rester attentif à l’apparition de tout signe ou symptôme inhabituel, de consulter rapidement en cas d’anomalie et de ne pas retarder les étapes du diagnostic et de la prise en charge. Plus une anomalie est identifiée et évaluée précocement, plus les possibilités de prise en charge adaptées peuvent être envisagées rapidement.

Le cancer du sein ne constitue pas une entité pathologique unique. Il existe des sous-types tumoraux dont les caractéristiques biologiques, moléculaires et cliniques peuvent être distinctes, et influencer leur évolution ainsi que leur réponse aux traitements. Les avancées majeures réalisées en oncologie, notamment dans la caractérisation des tumeurs et le développement de nouvelles approches thérapeutiques, permettent aujourd’hui d’adapter davantage la prise en charge au profil de chaque patiente et aux caractéristiques biologiques propres à sa tumeur, en tenant compte notamment du stade d’évolution de la maladie.

Le diagnostic précoce est souvent présenté comme l’un des éléments déterminants dans la lutte contre le cancer du sein. Pourquoi est-il si important ?

Plus un cancer du sein est diagnostiqué à un stade précoce, plus les options thérapeutiques peuvent être nombreuses et les chances de contrôle de la maladie importantes. Le diagnostic précoce permet, dans de nombreuses situations, d’intervenir alors que la maladie est encore localisée et d’adapter la stratégie thérapeutique aux caractéristiques de la tumeur et à la situation clinique de chaque patiente. C’est tout l’enjeu du dépistage et du diagnostic précoce : identifier la maladie suffisamment tôt pour permettre une prise en charge adaptée et optimiser les chances de succès thérapeutique.

Mais le dépistage ne constitue que la première étape du parcours. Une anomalie détectée doit pouvoir être rapidement évaluée, le diagnostic confirmé, la tumeur caractérisée et la patiente orientée vers une équipe spécialisée afin que la stratégie thérapeutique puisse être définie dans les meilleurs délais. Chaque étape compte, car tout retard dans ce parcours peut restreindre les options thérapeutiques disponibles et compromettre les conditions d’une prise en charge optimale de la maladie.

Où se situent aujourd’hui les principaux défis en Tunisie ?

L’un des enjeux est évidemment de renforcer la sensibilisation tout au long de l’année sur l’ensemble du territoire et de faciliter l’accès aux démarches de dépistage et de diagnostic. Mais il faut également regarder le parcours dans sa globalité. Une femme qui identifie une anomalie doit pouvoir accéder rapidement à une consultation, aux examens nécessaires, puis, si le diagnostic est confirmé, à une équipe spécialisée.

La répartition territoriale de l’offre de soins constitue à ce titre un axe important. L’objectif est de poursuivre les efforts engagés afin de faciliter et améliorer l’accès des patientes aux services de soin et à l’expertise médicale et de favoriser une prise en charge de qualité et équitable, quel que soit leur lieu de résidence.

Justement, la STOM a participé à des échanges avec le ministère de la Santé autour du développement des services d’oncologie dans différentes régions. Pourquoi cette dimension territoriale est-elle importante ?

L’objectif est de rapprocher autant que possible les services spécialisés des patientes. La prise en charge d’un cancer peut s’inscrire dans la durée et nécessiter plusieurs consultations, examens et traitements. Faciliter l’accès à ces différents services permet ainsi de limiter les déplacements et de rendre le parcours de soins plus accessible, ce qui peut contribuer à réduire les risques de retards ou d’interruptions dans la prise en charge.

Le développement de pôles d’oncologie et le renforcement des structures existantes dans les différentes régions peuvent contribuer à améliorer la couverture territoriale et à favoriser un accès plus équitable à la prise en charge. A titre d’exemples, les réflexions engagées autour du renforcement des services à Bizerte et à Mahdia, ainsi que le projet de création d’un centre d’oncologie à Rades dans le gouvernorat de Ben Arous et un centre à Gabès dont les travaux de construction ont officiellement débuté le 31 août 2026, s’inscrivent dans cette logique de proximité et d’équité territoriale. Ces initiatives peuvent contribuer à rapprocher les services spécialisés des populations concernées et à limiter les déplacements vers d’autres régions pour accéder à certains soins et traitements.

Au-delà de la proximité géographique, comment améliorer concrètement le parcours d’une patiente atteinte d’un cancer du sein ?

Il faut considérer le parcours de soins comme une chaîne dont chaque étape doit pouvoir s’articuler avec la suivante. Du dépistage au diagnostic, puis de la confirmation anatomopathologique et de l’imagerie à l’évaluation du stade et à la décision thérapeutique, l’objectif est de fluidifier les différentes étapes afin d’éviter autant que possible les ruptures de parcours et les délais qui pourraient être évités.

La prise en charge du cancer du sein est aujourd’hui multidisciplinaire. Elle repose sur la complémentarité de plusieurs spécialités, oncologie médicale, chirurgie, radiothérapie, anatomopathologie, radiologie et autres disciplines impliquées dans le parcours, qui doivent pouvoir confronter leurs expertises et définir ensemble la stratégie thérapeutique. La concertation pluridisciplinaire est à ce titre essentielle.

L’enjeu est de renforcer cette coordination et cette continuité des soins, afin que chaque patiente puisse bénéficier d’une stratégie thérapeutique adaptée aux caractéristiques de sa tumeur, à son stade et à sa situation clinique. Il ne s’agit plus d’appliquer une approche standardisée, mais de prendre en compte les caractéristiques propres à chaque situation pour définir la prise en charge la plus appropriée.

L’oncologie a considérablement évolué ces dernières années, notamment avec le développement de traitements de plus en plus personnalisés. Qu’est-ce que cela change pour les patientes ?

Nous sommes passés d’une approche principalement fondée sur le type et le stade du cancer à une prise en charge plus précise, qui intègre les caractéristiques biologiques et moléculaires de la tumeur ainsi que la situation clinique de chaque patiente et ses besoins.

Cette évolution permet de mieux sélectionner les traitements les plus appropriés et, dans certaines situations, d’éviter des traitements lourds qui ne seraient pas susceptibles d’apporter un bénéfice significatif.

Il s’agit d’une avancée majeure en oncologie, et ces évolutions sont aujourd’hui intégrées dans la pratique en Tunisie. Les équipes s’appuient sur leur expertise multidisciplinaire et sur les différentes options thérapeutiques disponibles pour adapter la prise en charge aux caractéristiques de chaque situation. Comme partout dans le monde, la discipline évolue rapidement, et nous poursuivons cette dynamique afin d’intégrer les nouvelles connaissances et les innovations susceptibles d’améliorer la prise en charge des patientes.

On parle également de plus en plus d’intelligence artificielle dans le dépistage et le diagnostic. Quel peut être son rôle en oncologie ?

L’intelligence artificielle ouvre des perspectives intéressantes, notamment dans l’analyse d’images médicales, l’aide au diagnostic et l’identification de certaines situations à risque. Mais il faut rester clair sur sa place : l’intelligence artificielle est un outil d’aide, elle ne doit pas se substituer au médecin. Son utilisation doit être encadrée, évaluée scientifiquement et intégrée dans un parcours médical structuré.

Si elle est développée de manière rigoureuse, elle peut contribuer à améliorer certains processus et à renforcer la capacité des professionnels à détecter et analyser certaines anomalies sans jamais remplacer le jugement clinique.

La STOM a récemment pris position contre la diffusion de prétendues thérapies anticancéreuses reposant sur des plantes, des méthodes non validées scientifiquement ou des approches dites alternatives. Pourquoi cette question est-elle particulièrement préoccupante en oncologie ?

En oncologie, cette question est particulièrement importante parce que les patients atteints de cancer sont particulièrement vulnérables et peuvent être confrontés à des situations complexes et chercher, naturellement, toutes les possibilités susceptibles de leur apporter un bénéfice. Il est donc essentiel de distinguer les approches dont l’efficacité et la sécurité ont été évaluées selon les standards scientifiques, de celles qui ne disposent pas d’un niveau de preuve suffisant.

La difficulté apparaît lorsqu’une pratique non validée est présentée comme une alternative aux traitements dont l’efficacité a été démontrée, ou lorsqu’elle conduit à retarder, modifier ou interrompre une prise en charge médicale. Au-delà du risque de perte de chance, certaines substances ou pratiques peuvent également interagir avec les traitements anticancéreux ou entraîner des effets indésirables.

Notre responsabilité, en tant que médecins et société savante, est donc de promouvoir une information fondée sur les preuves, accessible et compréhensible, afin que les patients et leurs familles puissent prendre des décisions éclairées en concertation avec leur équipe médicale. Les approches complémentaires peuvent, lorsqu’elles sont appropriées, être envisagées dans le cadre du parcours de soins, mais elles ne doivent pas se substituer aux traitements dont l’efficacité a été établie.

Dans un environnement où les réseaux sociaux permettent à chacun de diffuser de l’information médicale, comment mieux protéger les patients contre la désinformation ?

Il faut avant tout renforcer l’éducation et l’information médicale. Les patients doivent pouvoir identifier les sources fiables et comprendre qu’une affirmation diffusée sur les réseaux sociaux n’a pas nécessairement de valeur scientifique, même lorsqu’elle est partagée massivement ou présentée avec assurance.

Les médecins, les sociétés savantes, les institutions de santé et les médias ont tous un rôle à jouer. Il ne s’agit pas simplement de réfuter les fausses informations, mais aussi et surtout de produire davantage de contenus pédagogiques accessibles au grand public.

L’information scientifique doit sortir du cercle des spécialistes et être expliquée avec des mots simples, sans pour autant perdre sa rigueur.

La STOM mène également des actions de sensibilisation dans les régions, notamment à l’occasion d’Octobre Rose. Que vous apportent ces initiatives de terrain ?

Au-delà des données épidémiologiques et des statistiques, ces actions permettent d’être au plus près des populations et de mieux comprendre leurs préoccupations, leurs attentes et leurs besoins. Elles constituent également l’occasion d’échanger directement avec les professionnels de santé, les patients et leurs familles, et d’identifier les sujets qui nécessitent davantage d’information ou d’accompagnement.

À l’occasion d’Octobre Rose 2025, la STOM a notamment participé à plusieurs journées de sensibilisation consacrées au cancer du sein, notamment à Sidi Bouzid, en collaboration avec la Direction régionale de la Santé, ainsi qu’à La Marsa et à Testour, dans le cadre d’initiatives issues d’un partenariat publique-privé, organisées sous l’égide du ministère de la Santé. Une autre initiative a également été menée à Jendouba.

Ces actions montrent l’importance d’aller à la rencontre des citoyens et de créer des espaces de dialogue autour du dépistage et de la prise en charge. Elles permettent aussi de rappeler que la sensibilisation ne se limite pas à transmettre une information : elle doit favoriser l’échange, répondre aux interrogations et encourager chacun à adopter les bons réflexes face à sa santé.

La prévention et le dépistage nécessitent-ils encore davantage d’efforts dans les régions ?

Oui, car l’objectif doit être de permettre à toutes les femmes d’accéder à une information et à une prise en charge de qualité, quel que soit leur lieu de résidence. Les actions régionales sont particulièrement importantes pour rapprocher les professionnels de santé des populations et faire connaître les dispositifs existants, beaucoup de femmes ignorent encore où et comment se faire diagnostiquer gratuitement.

C’est également pour cette raison que le développement de structures spécialisées dans différentes régions doit s’accompagner d’une réflexion sur l’organisation globale du parcours de soins, du premier symptôme jusqu’au suivi post-traitement.

La STOM est désormais membre du National Societies Committee de l’ESMO. Que représente cette ouverture internationale pour l’oncologie tunisienne ?

Cette adhésion constitue une reconnaissance de la place de la STOM au sein de la communauté oncologique et ouvre de nouvelles possibilités d’échanges et de collaboration avec les sociétés savantes européennes et internationales.

Elle permet notamment de renforcer les échanges scientifiques, de partager les expériences et de rester au contact des évolutions les plus récentes de l’oncologie, qu’il s’agisse des nouvelles approches thérapeutiques, des recommandations de pratique clinique, des données issues de la recherche ou encore des évolutions dans la prise en charge des patients.

Pour l’oncologie tunisienne, cette ouverture est particulièrement importante dans une discipline qui évolue rapidement. Elle permet non seulement de suivre ces avancées, mais aussi de contribuer aux échanges scientifiques, de valoriser l’expertise des équipes tunisiennes et de faire entendre leur expérience au sein de la communauté oncologique internationale.

Si vous deviez identifier aujourd’hui les principales priorités pour améliorer la prise en charge du cancer du sein en Tunisie, quelles seraient-elles ?

Je retiendrais plusieurs priorités complémentaires : poursuivre les efforts en matière de dépistage et de diagnostic précoce, fluidifier le parcours de soins, renforcer l’offre de soins oncologiques dans les différentes régions, faciliter et réduire les délais d’accès aux différentes étapes de la prise en charge. Il est également important de poursuivre les efforts en matière de disponibilité des traitements essentiels et d’accès aux innovations thérapeutiques, tout en renforçant les compétences des professionnels et les capacités des structures de soins.

Ces priorités doivent naturellement s’inscrire dans une prise en charge fondée sur les recommandations scientifiques et adaptée aux caractéristiques de chaque patiente et de sa maladie.

Enfin, l’information et l’éducation des patientes doivent rester au cœur de cette démarche. Une patiente correctement informée comprend mieux sa maladie, les différentes étapes de sa prise en charge et les options qui lui sont proposées. Elle peut ainsi être pleinement actrice de son parcours de soins, en collaboration avec son équipe médicale.

Pour conclure, quel message souhaiteriez-vous adresser aux femmes à l’occasion d’Octobre Rose ?

Le premier message est de ne pas avoir peur de consulter et de ne pas retarder une consultation lorsqu’une anomalie ou un symptôme inhabituel apparaît. Une anomalie ne signifie pas nécessairement qu’il s’agit d’un cancer, mais seul un avis médical permet de l’évaluer correctement. Le facteur temps est essentiel : lorsqu’un cancer du sein est diagnostiqué à un stade précoce, il est généralement plus facilement pris en charge et les possibilités thérapeutiques sont plus importantes.

Le deuxième message est que les progrès de l’oncologie sont réels. Nous disposons aujourd’hui de nombreuses stratégies thérapeutiques, de plus en plus adaptées aux caractéristiques de chaque tumeur et de chaque patiente, et la recherche continue de faire progresser nos connaissances et nos traitements.

Enfin, je voudrais rappeler l’importance de s’appuyer sur une prise en charge médicale fondée sur les données scientifiques et de rester prudente face aux promesses de traitements dits miraculeux. Face au cancer, il est essentiel de pouvoir compter sur une équipe médicale qualifiée, de disposer d’une information fiable et de bénéficier d’une prise en charge adaptée à chaque situation.

Interview réalisée à l’occasion de l’Octobre Rose avec le soutien institutionnel de Roche Tunisie.

À propos de la STOM :

La Société Tunisienne d’Oncologie Médicale (STOM) est une société savante scientifique fondée en 2010. Elle regroupe l’ensemble des oncologues médicaux tunisiens, issus des secteurs privé et public, hospitalo-universitaire et hospitalo-sanitaire.

La STOM a pour principales missions de contribuer au développement de la formation médicale et paramédicale dans le domaine de la cancérologie, de favoriser la recherche scientifique sur le cancer et de participer à la formation et à la sensibilisation en matière de prévention et de lutte contre le cancer.

Elle œuvre également à la diffusion, auprès du grand public, d’informations scientifiques et accessibles sur les maladies cancéreuses. La société contribue par ailleurs à l’élaboration de référentiels de diagnostic, de prise en charge thérapeutique et de surveillance des différentes localisations cancéreuses, afin de favoriser l’harmonisation et la rationalisation des pratiques de prescription des traitements anticancéreux en Tunisie.

La STOM est également membre du National Societies Committee de l’European Society for Medical Oncology (ESMO).

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Auteur

La Presse

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