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L’expert énergétique Foued Ali : « Les délestages de la STEG ne sont pas seulement liés à la canicule » !

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  • 20 août 2026
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L’expert énergétique Foued Ali : « Les délestages de la STEG ne sont pas seulement liés à la canicule » !

L’ingénieur et expert dans le domaine de l’énergie, Foued Ali écarte la seule responsabilité de la canicule et de la consommation record croissante durant la saison estivale dans les pannes électriques qui secouent le pays. L’analyse technique pointe du doigt une crise structurelle continue dans le système énergétique national et l’érosion des budgets de maintenance de la compagnie publique depuis 5 ans. 

« Les coupures répétées d’électricité en Tunisie ne sont pas principalement liées aux vagues de chaleur», a d’emblée révélé l’expert. Intervenant ce matin du jeudi 20 août 2026 au micro de Jawhara Fm, l’expert a indiqué que la récurrence des interruptions de l’alimentation électrique sur l’ensemble des gouvernorats tunisiens ne saurait se résumer à une simple conséquence mécanique des vagues de chaleur estivales. « Le système tunisien de production d’électricité manque de marge de sécurité tout au long de l’été, ce qui rend le pays continuellement dépendant de l’importation d’énergie et de gaz pour répondre à la demande », a-t-il laissé entendre. Il a signalé que « lorsqu’un pays importateur enregistre à son tour des chiffres records de consommation, la marge d’assistance disponible diminue et la Tunisie se trouve alors contrainte de recourir au délestage et à la coupure périodique du courant ».

Selon ce rapport technique élaboré par l’ingénieur, les coupures tournantes subies par les usagers mettent donc en lumière une crise structurelle profonde et continue qui fragilise les fondements de la sécurité et de l’autonomie énergétique nationale. Il affirme que « le système de production de la compagnie publique fonctionne désormais sans marge de sécurité technique pendant la période estivale, plaçant le réseau national dans une situation de vulnérabilité extrême à chaque pic de charge ». Et de poursuivre que cette fragilité opérationnelle contraint les autorités de tutelle à s’appuyer de manière ininterrompue sur des importations massives d’électricité et de gaz naturel pour équilibrer l’offre et la demande.

M. Ali a également indiqué que « la capacité de production du réseau à la fin du mois d’août est généralement à ses niveaux les plus faibles par rapport au mois de juillet. Et ce, en raison de multiples facteurs techniques et physiques, dont le plus important est la hausse de l’humidité de la mer qui réduit l’efficacité du refroidissement des unités de production des centrales, en plus du recul de l’efficacité des climatiseurs domestiques, de l’augmentation de la consommation durant cette période ainsi que le retour de la communauté tunisienne à l’étranger. Ceci rajoute une couche au stress continu du réseau tout au long de la vague de chaleur ». Sous de pareilles conditions, explique-t-il, la direction technique tunisienne n’a d’autre alternative que de valider des procédures de délestage pour éviter un effondrement général du réseau.

Face aux prévisions météorologiques qui annoncent des pointes thermiques supérieures à 40 et 47 degrés à compter dès demain, vendredi 21 août, le spécialiste alerte sur le risque d’une aggravation des ruptures de courant si aucune inflexion stratégique n’est adoptée. La résolution de cette crise nationale exige de s’attaquer à la racine financière du problème, caractérisée par un désengagement budgétaire massif de l’État. Les données comptables révèlent une contraction spectaculaire de 87 % des investissements structurels de la STEG au cours des 5 derniers exercices annuels. Pour rétablir la souveraineté énergétique du pays, l’ingénieur exhorte les décideurs politiques à débloquer d’urgence le dossier des concessions d’exploitation en souffrance et à injecter des capitaux frais pour l’édification de nouvelles centrales thermiques conventionnelles de grande capacité. « Il faut réviser les orientations, trouver des règlements pour le dossier des concessions bloqué, et accélérer le lancement de nouveaux investissements pour la construction de centrales de production traditionnelles », conclut-il.

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Auteur

Abir Chemli

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