Société

L’Ordre des médecins assimile les injections esthétiques clandestines à un exercice illégal de la médecine

Avatar photo
  • 21 août 2026
  • 3 min de lecture
L’Ordre des médecins assimile les injections esthétiques clandestines à un exercice illégal de la médecine

Le Conseil national de la corporation médicale tape du poing sur la table face à la prolifération des actes cliniques à visée esthétique pratiqués par des non-professionnels. Le Conseil vient de publier un manifeste exécutoire à ce titre et ce, pour redéfinir les frontières juridiques et cliniques de la médecine esthétique.

C’est pour contrer la multiplication de cabinets improvisés et de salons de beauté proposant des traitements invasifs que l’autorité ordinale a pris le taureau par les cornes en réaffirmant que les protocoles de remodelage facial, et plus spécifiquement les techniques d’injection de comblement, constituent des actes exclusivement médicaux.

« Ces interventions ne peuvent être programmées et exécutées que par des praticiens diplômés, inscrits au tableau de l’Ordre et dotés de compétences chirurgicales ou dermatologiques validées par la communauté universitaire », note le Conseil.

L’analyse de l’institution dénonce ainsi la requalification frauduleuse de ces gestes cliniques en simples prestations de soins de beauté superficiels. Dans ce sens, la direction juridique de la corporation avertit que « l’exécution de ces perforations cutanées ou de ces traitements par des personnels esthétiques ou des techniciens non habilités bascule immédiatement sous le coup de la qualification pénale d’exercice illégal de la médecine ». Et d’ajouter que « cette pratique expose les usagers à des risques majeurs de nécrose cutanée, d’infections bactériennes profondes et de cécité accidentelle », transformant ainsi une démarche d’ordre esthétique en une véritable défiguration, voire, une crise de santé publique.

L’Ordre s’insurge par ailleurs contre la complaisance de certains réseaux de communication et de plusieurs émissions de grande écoute qui offrent des tribunes publicitaires à ces clandestins, exigeant une intervention coordonnée de la part du procureur de la République pour faire cesser ces parrainages médiatiques illicites.

Pour garantir l’intégrité physique des patients, le Conseil national impose une standardisation rigoureuse des plateaux techniques habilités à accueillir ces parcours de soins. « Tout acte à visée correctrice doit impérativement s’exécuter au sein de structures hospitalières ou de cabinets médicaux homologués, répondant aux chartes nationales d’asepsie, d’hygiène et de stérilisation des outils chirurgicaux », note le Conseil de l’Ordre. Et d’ajouter que « le protocole réglementaire exige également que les salles d’intervention disposent de modules de réanimation et de stocks d’antidotes d’urgence pour traiter de manière immédiate les chocs anaphylactiques ou les complications vasculaires aiguës ».

En rappelant que la médecine esthétique reste soumise aux mêmes obligations éthiques, de responsabilité civile et de couverture assurantielle que la chirurgie lourde, l’Ordre réaffirme qu’aucune concession administrative ne sera tolérée lorsqu’il s’agit de protéger la vie et la dignité des patients tunisiens.

R.I

Avatar photo
Auteur

La Presse

You cannot copy content of this page