Economie

Tunisie-Libye : relance d’un projet offshore de 3.000 km²

  • 21 août 2026
  • 4 min de lecture
Tunisie-Libye : relance d’un projet offshore de 3.000 km²

La Tunisie et la Libye s’apprêtent à relancer un projet énergétique commun portant sur l’exploration d’une zone offshore d’environ 3.000 km² et le développement de la découverte pétrolière et gazière de Zarat, située de part et d’autre de leur frontière maritime.

Portée par Joint Oil, société mixte tuniso-libyenne active depuis 1988, la nouvelle procédure prévoit la recherche de partenaires internationaux spécialisés dans l’exploration et le développement offshore.

Selon les informations communiquées par Joint Oil et son conseiller stratégique américain Moyes & Co., la procédure devrait être ouverte le 7 septembre 2026 et clôturée le 31 décembre. Les compagnies intéressées auront jusqu’au 8 janvier 2027 pour présenter leurs offres. La sélection des partenaires est prévue au plus tard le 26 février 2027, tandis que l’attribution définitive des contrats devrait intervenir avant le 30 avril 2027.

Une zone de 3.000 km² à explorer

Le projet comporte deux volets distincts. Le premier concerne le “Joint Oil Block”, une zone offshore d’environ 3.000 km² située dans le bassin de Gabès-Tripoli, à des profondeurs comprises entre 80 et 120 mètres.

Le futur partenaire devra poursuivre les travaux d’exploration afin d’identifier de nouvelles structures susceptibles de renfermer du pétrole ou du gaz, dans le cadre d’un accord de partage de production.

La zone dispose déjà d’un important volume de données géologiques et sismiques. Les travaux réalisés comprennent environ 6.500 kilomètres de données sismiques 2D et 1.900 km² de données sismiques 3D, ainsi que les résultats de cinq puits d’exploration forés entre 1976 et 2010.

Ces données constituent une base de travail destinée à permettre aux futurs investisseurs d’évaluer plus précisément le potentiel de la zone.

Zarat, une découverte transfrontalière

Le deuxième volet du projet porte sur Zarat, une découverte pétrolière et gazière déjà identifiée et qui s’étend des deux côtés de la frontière maritime entre la Tunisie et la Libye. Joint Oil ambitionne de développer cette ressource comme un seul gisement, à travers des accords portant notamment sur son développement, son “unitisation” et sa gestion conjointe.

La localisation de Zarat constitue par ailleurs un atout potentiel. Le site se trouve à proximité de plusieurs champs et infrastructures déjà exploités des deux côtés de la frontière.

En Libye, sont notamment cités Bouri, Al Jurf et Bahr Essalam, tandis que côté tunisien, la zone est proche des champs Ashtart, Miskar, Didon et Hasdrubal.

Cette proximité pourrait, à terme, contribuer à limiter les investissements nécessaires au traitement et au transport des hydrocarbures qui seraient éventuellement produits.

À la recherche d’investisseurs internationaux

Joint Oil est détenue par des intérêts publics des deux pays, avec la participation de l’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières (ETAP) pour la partie tunisienne et d’Ola Energy Holdings pour la partie libyenne.

La société a mandaté le groupe américain Moyes & Co. afin d’identifier des partenaires internationaux disposant de l’expertise nécessaire au développement de projets offshore. La nouvelle procédure constitue toutefois une relance, et non le lancement d’un nouveau projet. Une première opération avait déjà été présentée au marché en 2023, sans parvenir à attirer suffisamment d’investisseurs.

Le calendrier initialement annoncé pour cette année prévoyait une ouverture de la procédure le 1er août. Celle-ci a finalement été reportée à septembre.

Un projet qui intervient dans un contexte énergétique difficile

Pour la Tunisie, la relance de ce projet intervient dans un contexte marqué par le recul de la production nationale d’hydrocarbures et de l’indépendance énergétique. Selon les dernières données de l’Observatoire national de l’énergie, la production tunisienne de pétrole brut avait diminué de 6 % sur un an à fin juin 2026. Dans le même temps, le taux d’indépendance énergétique du pays est passé à 34 %, contre 38 % à la même période de 2025.

La recherche de nouvelles ressources et l’intensification de l’exploration constituent ainsi un enjeu important pour la Tunisie, confrontée à une dépendance croissante aux importations énergétiques.

Il est important de souligner que la relance de l’appel d’offres ne signifie toutefois ni la découverte de nouvelles réserves ni le démarrage prochain de la production.

À ce stade, l’objectif est de sélectionner des opérateurs et des investisseurs capables d’évaluer le potentiel de la zone offshore commune et de transformer la découverte déjà connue de Zarat en un projet industriel économiquement viable.

R.I

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R. I

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