Il faut prévenir d’abord !
Le Conseil ministériel restreint, tenu le 20 août, rappelle, encore une fois, que la question des ressources hydriques, quelle qu’en soit l’évolution, reste un enjeu prioritaire et un élément référentiel pour toutes les politiques de développement, étant rare et instable.
Un enjeu qui justifie le souci des différents pays à multiplier les planifications stratégiques et prospectives, à diversifier leurs modèles de gestion et à préparer les scénarios de riposte pour espérer contrer toute éventuelle menace.
Consciente de tous ces défis, la Tunisie n’a cessé de multiplier les programmes et d’ entreprendre les dispositions nécessaires pour éviter de se retrouver en plein stress hydrique. N’oublions pas, comme on le rappelle souvent, que la Tunisie est parmi les cinq pays les plus exposés à cette menace.
Pour répondre à un tel enjeu, notre pays a mis en place une approche intégrée qui a misé, d’abord, sur la modernisation de l’infrastructure de stockage, l’accélération de la transition vers les ressources non conventionnelles, l’amélioration du niveau de gouvernance à travers, notamment, la bonne gestion de la demande.
Cette approche, et comme le réaffirme la Cheffe du gouvernement, a misé également sur «l’anticipation, la préparation opérationnelle, l’intervention précoce et la veille stratégique».
Il faut reconnaître, toutefois, que la Tunisie dispose d’assez d’arguments pour gagner «sa bataille hydrique», compte tenu de l’importance de son potentiel naturel qui a besoin, seulement, de valorisation.
Et c’est cette approche de valorisation qui explique l’intérêt accordé à l’action préventive à travers le renforcement des opérations d’entretien de l’infrastructure hydrique, l’élargissement des actions de curage, de dragage, le nettoyage préventif des ouvrages d’évacuation, la réhabilitation des canalisations et la réduction des pertes inutiles d’eaux et la lutte contre toutes les formes d’envasement au niveau, notamment, des barrages.
D’ailleurs, pour 2025-2026, notre pays a, déjà, mobilisé plus de 1,8 milliard de dinars pour la protection de nos ressources hydriques. On parle, également, d’un programme de transfert de l’excédent d’eau du nord vers le sud, pour un investissement de l’ordre de 2,5 milliards de dinars (voir La Presse du 4 avril 2026).
Mais le plus important serait, certainement, la garantie, en parallèle, d’une stratégie fiable et efficace qui soit en mesure d’assurer une promotion soutenue des ressources conventionnelles en eaux.
Un tel défi tire toute sa mesure de l’importance de ses enjeux socioéconomiques. Il s’agit de souveraineté alimentaire et donc économique, de sécurité nationale et de stabilité géopolitique.
Les enjeux environnementaux ne sont pas, également, moins importants, puisqu’il est question, avant tout, d’éviter la surexploitation des eaux souterraines et d’alléger, ainsi, la pression sur les nappes fossiles non renouvelables.
Toutefois, il est nécessaire d’admettre que l’action technique, quelle que soit son importance, reste insuffisante. Elle a besoin, de toute évidence, d’un facteur multiplicateur qui, sans lui, les infrastructures, tout comme les politiques, perdent leur efficacité. On pense, bien entendu, au comportement civique.



