Culture

Oscars 2027 : La Suisse choisit Gaza

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  • 27 août 2026
  • 4 min de lecture
Oscars 2027 : La Suisse choisit Gaza

Avec « Qui vit encore », Nicolas Wadimoff fait entendre les voix de neuf Palestiniens ayant fui Gaza. Un documentaire sur la perte d’une terre, l’exil et la mémoire, désormais engagé dans la course à l’Oscar du meilleur film international. Un film poignant choisi  par la Suisse pour la représenter aux Oscars.

La Presse — La Suisse a choisi « Qui vit encore », le long métrage documentaire de Nicolas Wadimoff, pour la représenter dans la course à une nomination aux Oscars 2027, dans la catégorie du meilleur film international. Une candidature annoncée le 13 août par l’Office fédéral de la culture, qui vient couronner le parcours déjà remarqué du film depuis sa première mondiale à Venise en 2025.

Pendant 114 minutes, le réalisateur genevois s’intéresse à neuf réfugiés palestiniens qui ont réussi à quitter Gaza. Ils racontent leurs vies d’avant, leurs proches, leurs lieux familiers, mais aussi la perte et le déracinement. Le film s’attache ainsi moins à montrer la guerre qu’à en saisir les conséquences sur ceux qui l’ont vécue et qui se retrouvent désormais loin de leur terre.

Pour construire ce récit, Wadimoff a imaginé un dispositif visuel précis : une carte de Gaza, de ses villes, de ses camps et de ses quartiers, tracée à la peinture blanche sur un sol noir. C’est à l’intérieur de cette géographie réduite à quelques lignes que les neuf protagonistes prennent la parole. À travers leurs récits ressurgissent les lieux qu’ils ont connus et les existences qu’ils ont dû abandonner.

Le procédé donne au film une dimension particulière. Gaza n’est pas seulement ici un territoire de guerre : elle devient un espace de mémoire. Les protagonistes tentent, en racontant leurs histoires, de renouer avec ce qu’ils étaient avant l’exil et avec une vie que les événements ont profondément bouleversée. Le film pose ainsi, derrière la question de la survie, celle de la possibilité de continuer à vivre lorsque l’on a perdu son territoire, ses repères et une partie de ceux qui constituaient son monde.

Cette approche explique aussi le titre du documentaire, « Qui vit encore ». La question ne renvoie pas uniquement à ceux qui ont survécu. Elle interroge ce qui subsiste d’une existence, d’une mémoire et d’une appartenance lorsque la terre elle-même est devenue le théâtre d’une catastrophe.

Le film est réalisé et écrit par Nicolas Wadimoff, qui signe ici un nouveau travail consacré à la Palestine. Il est produit par Akka Films et coproduit avec Easy Rider Films, Philistine Films, Cocoon Films et la RTS. Tourné en arabe, il réunit notamment le travail des chefs opérateurs Leandro Monti et Camille Cottagnoud, du monteur Jean Reusser et de la compositrice Dom La Nena.

Depuis sa première mondiale aux Giornate degli Autori de Venise en 2025, où il a reçu le Cinema & Arts Award, « Qui vit encore » a poursuivi son parcours dans plusieurs festivals internationaux. En janvier 2026, il a remporté le Prix de Soleure aux Journées de Soleure et a également été nommé au Prix du cinéma suisse dans la catégorie du meilleur documentaire.

Le voilà désormais engagé dans une autre compétition, celle des Oscars. Pour la Suisse, le choix de ce documentaire consacré à Gaza constitue une candidature singulière : un film qui ne cherche pas à rivaliser avec les images quotidiennes de la guerre, mais à leur opposer des récits individuels, des souvenirs et des visages. Une autre manière, peut-être, de raconter ce qui disparaît lorsque les images cessent de montrer les vies qui se trouvent derrière elles.

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Auteur

Asma DRISSI

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