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  • 31 août 2026
  • 9 min de lecture
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France
Fitch maintient le A+

L’agence Fitch Ratings a confirmé, vendredi 28 août, la note de la dette souveraine française à A+, assortie d’une perspective stable. Cette décision signifie que l’agence n’envisage pas de modifier la notation à court ou moyen terme, malgré une dégradation de ses prévisions concernant le déficit public.

Fitch souligne la résilience de l’économie française, qu’elle décrit comme vaste et prospère, avec un secteur bancaire solide et une base d’investisseurs diversifiée. L’agence estime toutefois que la croissance devrait rester modeste à court terme. Elle pointe également plusieurs fragilités, notamment un niveau d’endettement public élevé et en progression, un faible potentiel de croissance ainsi qu’un environnement politique et social qui complique les efforts d’assainissement budgétaire.

Les prévisions de déficit ont ainsi été revues à la hausse. Alors qu’elle tablait, lors de sa précédente évaluation en mars, sur un déficit de 4,9 % du PIB en 2026, Fitch prévoit désormais 5,2 % en 2026, puis 5,5 % en 2027 et 5,2 % en 2028. Cette révision s’explique notamment par une croissance moins dynamique, l’augmentation de la charge des intérêts de la dette et des engagements supplémentaires en matière de défense.

La décision intervient dans un contexte politique particulièrement sensible, à quelques semaines de la présentation du prochain budget et à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. L’absence de majorité parlementaire constitue, selon Fitch, une faiblesse importante pour la notation française. La fragmentation politique réduit la capacité des autorités à mettre en œuvre un ajustement budgétaire durable et rend les orientations économiques moins prévisibles.

Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a indiqué « prendre acte» de la décision. Il a assuré que le gouvernement restait mobilisé pour contenir le déficit et la dette, tout en préservant la stabilité financière, la compétitivité et la croissance.

Le maintien de la note A+ traduit ainsi la confiance de Fitch dans les fondamentaux de l’économie française, mais intervient alors que la trajectoire des finances publiques demeure sous surveillance. La capacité des autorités à maîtriser le déficit et à stabiliser la dette constituera un enjeu central pour les prochaines évaluations.

Fiscalité en Afrique
Le poids de la consommation

Les systèmes fiscaux africains reposent encore largement sur les taxes prélevées sur la consommation, tandis que le patrimoine et les grandes fortunes restent relativement peu mis à contribution. Ce déséquilibre, documenté par le rapport «Revenue Statistics in Africa 2025» de l’Ocde, de la Commission de l’Union africaine et du Forum africain sur l’administration fiscale, pose la question de l’équité des prélèvements et de leur impact sur les ménages les plus modestes.

En 2023, les taxes sur les biens et services représentaient 51,2 % des recettes fiscales des 38 pays africains étudiés. La TVA constituait à elle seule 26,6 % de ces recettes. À titre de comparaison, les impôts sur les revenus et les bénéfices représentaient 40 %, dont 16,5 % provenant de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et 21,4 % de celui sur les sociétés.

Cette prédominance des taxes indirectes s’explique notamment par les capacités administratives limitées de nombreux États. Il est plus facile de percevoir une TVA auprès des importateurs, grossistes et entreprises formelles que de suivre les revenus et le patrimoine dans des économies où l’informalité demeure importante. Le ratio moyen des recettes fiscales ne représentait ainsi que 16,1 % du PIB en Afrique en 2023, contre 33,9 % dans les pays de l’Ocde.

Or, la fiscalité sur la consommation pèse proportionnellement davantage sur les ménages modestes, qui consacrent une part importante de leurs revenus aux dépenses courantes. Même lorsque les achats sont réalisés dans le secteur informel, une partie des taxes acquittées en amont est répercutée dans les prix.

À l’inverse, la taxation du patrimoine demeure limitée. Selon Oxfam, les impôts sur le patrimoine ne représentaient en moyenne que 0,3 % du PIB africain en 2022, tandis que près des deux tiers des pays du continent ne disposaient pas d’impôt sur les successions ou les donations.

Pour rééquilibrer les systèmes fiscaux, plusieurs pistes sont avancées : amélioration des cadastres, numérisation des registres, identification des bénéficiaires effectifs, échange international d’informations financières et meilleure fiscalité immobilière. L’objectif ne serait pas de supprimer la TVA, qui reste une source stable de recettes, mais de mieux cibler les exonérations et de renforcer la contribution des patrimoines les plus importants.

Le défi est donc autant administratif que fiscal : mieux connaître les richesses pour pouvoir mieux les imposer, sans fragiliser les recettes indispensables au financement des services publics.

Libye
L’absurdité d’une crise énergétique dans un pays pétrolier

L’été 2026 tourne au cauchemar pour les Libyens. En pleine vague de chaleur, avec des températures approchant les 50 °C, de longues coupures d’électricité paralysent l’activité et provoquent des pertes importantes pour les commerces. Dans le même temps, les stations-service sont confrontées à des pénuries d’essence, avec des files d’attente pouvant atteindre plusieurs kilomètres et durer plus de six heures.

Cette situation apparaît d’autant plus paradoxale que la Libye dispose des plus importantes réserves prouvées de pétrole d’Afrique, estimées à environ 48 milliards de barils. Le pays produit près de 1,5 million de barils par jour et ambitionne d’atteindre les 2 millions. Pourtant, il reste fortement dépendant des importations de carburants : ses raffineries ne couvrent qu’environ 30 % des besoins nationaux, tandis que 70 % doivent être importés. En 2025, les importations de produits pétroliers raffinés ont atteint 7,8 milliards de dollars, selon la compagnie pétrolière nationale NOC.

Pour les experts, cette contradiction s’explique moins par un manque de ressources que par les dysfonctionnements structurels d’un pays divisé depuis 2011. La Libye dispose de deux exécutifs parallèles, à Tripoli et Benghazi, ce qui complique la coordination et la gestion des infrastructures. Le sous-investissement, le manque d’entretien des centrales électriques et la contrebande de carburants aggravent également la crise.

La cheffe de la mission de l’ONU en Libye, Hanna Tetteh, a ainsi dénoncé les conséquences de la « fragmentation institutionnelle », du sous-investissement et du manque de coordination dans la prise de décision. Pour les spécialistes, la corruption et la mauvaise gouvernance constituent également des facteurs majeurs.

La crise a encore été aggravée début août par des attaques de drones contre le complexe de Zawiya, dans l’ouest du pays. Un dépôt contenant 4,5 millions de litres de pétrole y a été incendié. Dans cette région marquée par les rivalités entre groupes armés et les trafics, l’épisode illustre la fragilité persistante des infrastructures énergétiques libyennes.

Riche en pétrole, la Libye peine ainsi à garantir deux services essentiels à sa population : l’électricité et l’approvisionnement en carburant.

Minerais critiques
L’Afrique au cœur de la nouvelle bataille industrielle

La transition énergétique mondiale propulse les ressources minières africaines au rang d’actifs stratégiques. Le continent fournit déjà 76 % du cobalt mondial et 41 % de la bauxite, tandis que sa part pourrait atteindre environ 60 % du lithium et 40 % du graphite d’ici 2030, selon S&P Global Market Intelligence. Une montée en puissance qui attire la Chine, les États-Unis, l’Union européenne, le Japon, l’Inde et les pays du Golfe.

Le lithium illustre cette accélération : la production africaine a enregistré une croissance annuelle composée proche de 160 % entre 2020 et 2025, notamment grâce aux investissements au Zimbabwe. Mais cette progression masque une faiblesse majeure : l’Afrique reste largement cantonnée à l’extraction. La totalité du lithium produit au Zimbabwe et 95 % du cobalt extrait en RDC sont exportés vers la Chine, où sont concentrées d’importantes capacités de transformation et de raffinage.

La Chine conserve ainsi une longueur d’avance industrielle, après plusieurs décennies d’investissements dans les actifs miniers africains. Les États-Unis cherchent à réduire cet écart en soutenant des projets de terres rares en Afrique du Sud, de graphite au Mozambique et de cuivre, cobalt et lithium en RDC. La compétition s’élargit désormais à de nombreux autres acteurs désireux de sécuriser leurs approvisionnements.

Face à cette concurrence, les États africains tentent de renforcer leur pouvoir de négociation. Contrôles des exportations, obligations de transformation locale, nouvelles redevances et participation publique traduisent un retour du « nationalisme des ressources ». La décision de la RDC d’imposer des quotas sur les exportations de cobalt, qui aurait contribué à une hausse de 150 % des prix, illustre ce nouveau rapport de force.

Mais le véritable enjeu dépasse l’accès aux gisements. Les infrastructures deviennent elles aussi stratégiques. Les corridors de Lobito ou les liaisons ferroviaires régionales doivent faciliter l’accès aux bassins miniers et aux ports, mais leur développement devra éviter de réduire les économies africaines à de simples plateformes d’évacuation des minerais.

L’objectif est désormais de retenir davantage de valeur sur le continent, notamment grâce au raffinage et à la fabrication de précurseurs pour batteries. Une ambition qui exige toutefois des investissements, des technologies, des compétences et surtout une énergie fiable.

L’Afrique dispose donc d’un puissant levier géologique. Reste à le transformer en pouvoir industriel.

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Auteur

Saoussen BOULEKBACHE

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