Au-delà des coupures : Le travail dans l’ombre des équipes de la Steg
Dans ces journées marquées par des records de température, qui entraînent notamment des coupures d’électricité, on a tendance à oublier le travail et les sacrifices des équipes de la Steg, mobilisées en première ligne pour assurer les interventions de réparation et rétablir l’alimentation électrique dans les meilleurs délais.
La Presse — Chaque été, le scénario s’impose avec la même brutalité. Alors que les thermomètres s’affolent sous l’impact combiné d’El Niño et du réchauffement des océans, la forte demande de climatisation pousse les lignes électriques à bout. Face à des chaleurs record enregistrées cette année ayant provoqué une explosion de la consommation, les techniciens de la Steg se sont engagés dans une course contre la montre. Du cœur des quartiers urbains jusqu’aux postes stratégiques du réseau, ils œuvrent au quotidien pour prémunir le pays contre un black-out.
Un mal necessaire
On ne va pas se mentir. Voir défiler devant nos yeux les communiqués de la Steg qui annoncent des coupures en chaîne en plein été, ça agace tout le monde. Quand le thermomètre explose, la frustration est immédiate. Mais au-delà de la gêne, la question mérite d’être posée : avait-on vraiment d’autre choix ? La vérité, est que ces coupures, aussi pénibles soient-elles, sont le seul frein d’urgence qui empêche le pays tout entier de sombrer dans le noir absolu. En poussant tous nos climatiseurs au maximum, on fait subir au réseau un coup de chaud monumental. Sans ces délestages de précaution, ce sont les lignes principales qui grilleraient, entraînant une panne générale nationale dont la réparation prendrait des jours, voire des semaines.
Prendre son mal en patience devient alors le moins douloureux des scénarios. Mieux vaut subir deux ou trois heures (ou même plus) de coupure ciblée que de voir un transformateur de quartier prendre feu sous la surcharge. Ces moments hors tension permettent aussi aux techniciens de la Steg de travailler en sécurité pour remplacer le matériel usé et renforcer les lignes. Au final, même si passer une après-midi sans courant reste un mauvais moment à passer, c’est ce sacrifice temporaire qui protège nos infrastructures et nous évite le pire.
Face à l’urgence : la mobilisation des équipes sur le terrain
Il est vrai que lorsque le courant saute en plein après-midi, l’attente est toujours interminable, pénible et les nerfs sont à fleur de peau. C’est tout ce qu’il y a de plus normal. La chaleur intense rend les gens plus irritables, mais il ne faut pas pour autant jeter l’anathème sur les équipes de la Steg, qui œuvrent d’arrache-pied depuis près d’un mois pour faire face à l’une des plus grandes crises que connaît notre pays en matière de fourniture d’électricité, ayant conduit au délestage.
Pourtant, dès que le réseau lâche, la mécanique d’urgence s’enclenche. Du côté de La Marsa, du Kram ou de Carthage (dans la banlieue nord de Tunis) comme dans plusieurs autres gouvernorats du pays, l’explosion de la demande estivale fait sauter les transformateurs de quartier. Dans ces moments-là, les équipes de maintenance ne chôment pas, elles débarquent sur place, retirent les équipements saturés de 600 kVA et installent d’urgence des modèles plus puissants de 800 ou 1000 kVA. Bien souvent, la lumière et la fraîcheur sont de retour dans les foyers en moins de quatre heures.
L’exercice devient parfois franchement périlleux. Récemment à El-Jem (Mahdia), sous l’effet combiné du soleil et de la surcharge, des postes ont pris littéralement feu. Là encore, les techniciens sont intervenus dans l’urgence pour sécuriser la zone, remplacer le matériel calciné et redonner vie aux quartiers.
Plus loin des regards, la Steg renforce également ses infrastructures lourdes. À Mornaguia, un mastodonte de 360 MVA a été raccordé pour oxygéner le Grand-Tunis, tandis qu’un transformateur géant de 400 MVA est venu prêter main-forte à la colonne vertébrale du réseau national.
Au-delà des dépannages
Si le sang-froid et le dévouement des équipes sur le terrain forcent le respect, colmater les pannes au cas par cas a ses limites. Face à des vagues de chaleur record et à des installations vieillissantes, le réseau électrique national est à bout de souffle. Le vrai défi ne réside plus dans la rapidité des dépannages, mais dans une modernisation en profondeur de nos infrastructures. Il est désormais vital d’adapter notre réseau au choc climatique, et cela passe impérativement par un basculement massif vers le photovoltaïque.
C’est aussi pour cette raison que la Steg invite l’ensemble de ses clients à réduire, dans la mesure du possible, l’utilisation des climatiseurs qui demeure la principale cause de la forte hausse de la demande durant les heures de pointe et à adopter des réflexes d’économie d’énergie. Ces gestes du quotidien contribueront à soulager la pression sur le réseau et à limiter autant que possible les interruptions de service en attendant des jours plus frais.



