Titres de séjour, intégration, nationalité : quelle place pour les Tunisiens en France ?
La Tunisie conserve une place de choix dans les statistiques françaises de l’immigration. Avec 20.598 premiers titres de séjour délivrés en 2025, les ressortissants tunisiens arrivent en troisième position derrière les Marocains et les Algériens. Ils occupent également la troisième place pour les acquisitions de la nationalité française, avec 6.978 personnes. Mais derrière cette présence toujours importante dans les classements, les chiffres révèlent un recul des primo-délivrances de titres de séjour et des signatures du contrat d’intégration républicaine.
Les dernières statistiques officielles françaises apportent un nouvel éclairage sur la présence des ressortissants étrangers en France. Publiée le 25 août 2026, l’édition 2026 de “L’essentiel de l’immigration”, consacrée aux données de l’année 2025, dresse un état des lieux des principaux indicateurs de l’immigration dans le pays. Et pour la Tunisie, les chiffres sont particulièrement révélateurs.
La Tunisie reste troisième pour les premiers titres de séjour
En 2025, pas moins de 20.598 premiers titres de séjour ont été délivrés à des ressortissants tunisiens. La Tunisie conserve ainsi sa troisième place dans le classement des dix premières nationalités bénéficiaires de primo-délivrances, derrière le Maroc et l’Algérie.
Les Marocains arrivent en tête avec 35.585 titres, suivis des Algériens avec 28.531. La Tunisie devance, quant à elle, la Chine, les États-Unis et la Côte d’Ivoire.
Mais le chiffre tunisien appelle une autre lecture. En 2024, 22.499 premiers titres de séjour avaient été délivrés à des Tunisiens. Le nombre est donc passé à 20.598 en 2025, soit une baisse de 8,4 % en un an.
Cette évolution distingue la Tunisie de plusieurs nationalités figurant dans le classement. Les ressortissants afghans ont notamment enregistré une progression de 42 %, tandis que les premiers titres délivrés aux Ukrainiens ont bondi de 248 %.
La dynamique globale est d’ailleurs différente de celle observée pour les Tunisiens : toutes nationalités confondues, le nombre de primo-délivrances atteint 377.462 en 2025, contre 345.587 en 2024, soit une hausse de 9,2 %.
Autrement dit, alors que le nombre total de premiers titres de séjour progresse en France, celui attribué aux Tunisiens recule.
Marocains et Algériens toujours en tête
Le classement confirme par ailleurs la forte présence des ressortissants du Maghreb dans l’immigration régulière en France. Le Maroc conserve la première place avec 35.585 premiers titres de séjour, malgré un recul de 3,7 % sur un an. L’Algérie arrive en deuxième position avec 28.531 titres, soit une baisse de 2,8 %. La Tunisie occupe donc la troisième marche du podium, mais avec une diminution plus marquée, de 8,4 %.
Derrière le trio maghrébin, le classement évolue davantage. L’Afghanistan passe notamment devant la Chine, avec 17.531 premiers titres de séjour, contre 15.899 pour les ressortissants chinois. Les États-Unis comptent 15.388 titres, tandis que la Côte d’Ivoire atteint 14.698.
L’Ukraine fait son entrée dans le Top 10 avec 12.330 titres, enregistrant la progression la plus spectaculaire du classement.
Les Tunisiens deuxième nationalité parmi les signataires du CIR
La présence tunisienne reste néanmoins particulièrement importante lorsqu’on s’intéresse à l’intégration. En 2025, 7.777 ressortissants tunisiens ont signé un contrat d’intégration républicaine (CIR), plaçant la Tunisie en deuxième position, derrière le Maroc, qui compte 10.582 signataires.
Les Tunisiens devancent ainsi les ressortissants afghans, au nombre de 6.828, les Ukrainiens (5.372) et les Ivoiriens (5.213).
Là encore, toutefois, le mouvement est à la baisse. Le nombre de signataires tunisiens a diminué de 17,2 % par rapport à 2024.
Cette évolution mérite d’être relevée : la Tunisie reste l’une des principales nationalités concernées par le dispositif d’intégration, mais le nombre de nouveaux signataires tunisiens a sensiblement diminué en un an.
Près de 7.000 Tunisiens ont acquis la nationalité française
Autre indicateur majeur : l’accès à la nationalité française. En 2025, 6.978 ressortissants tunisiens ont acquis la nationalité française, selon les données officielles.
La Tunisie arrive ainsi en troisième position des principales nationalités d’origine, derrière le Maroc, avec 13.643 acquisitions, et l’Algérie, avec 11.551.
Dans le détail, les acquisitions concernant les Tunisiens se répartissent entre 3.447 acquisitions par décret, 1.560 par déclaration et 1.934 par déclaration anticipée.
Au total, toutes nationalités confondues, la France a enregistré 96.158 acquisitions de nationalité française en 2025.
Le trio maghrébin occupe donc une place particulièrement importante dans ce classement : Marocains, Algériens et Tunisiens représentent à eux seuls plus de 32.000 acquisitions, soit environ un tiers du total.
Près de 3 millions de visas délivrés
Les statistiques de la DGEF permettent également de replacer ces chiffres dans un contexte plus large de mobilité internationale vers la France.
En 2025, la France a délivré 2.958.607 visas, contre 2.857.776 en 2024, soit une progression de 3,5 %. Les visas de court séjour ou de transit représentent l’essentiel de ces délivrances, avec 2.667.835 visas, en hausse de 3,8 %. Les visas de long séjour ont, pour leur part, atteint 290.772, contre 288.049 un an auparavant, soit une progression de 0,9 %.
Dans le même temps, 3.524.108 demandes de visa ont été enregistrées en 2025, tandis que le nombre de visas refusés a diminué de 6,3 %, à 541.984.
Pris dans leur ensemble, ces chiffres dessinent une réalité plus nuancée qu’un simple classement des nationalités.
La Tunisie reste l’un des principaux pays d’origine de l’immigration vers la France : troisième pour les premiers titres de séjour, deuxième pour les signatures du CIR et troisième pour les acquisitions de la nationalité française.
Mais les chiffres de 2025 montrent parallèlement un recul sur plusieurs indicateurs. Les primo-délivrances de titres de séjour aux Tunisiens ont diminué de 8,4 %, tandis que les signatures du CIR ont reculé de 17,2 %.
Cette évolution intervient alors même que le nombre total de primo-délivrances de titres de séjour en France a progressé de 9,2 %.






