Tunisie-Afrique : L’ingénierie tunisienne au cœur de la transformation du continent
Réuni à l’occasion de son assemblée générale ordinaire, le Tunisia Africa Business Council (Tabc), en partenariat avec l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT), a placé sa dernière rencontre sous le signe de l’action et de la synergie continentale. Un rendez-vous charnière qui marque une décennie d’engagement pour l’intégration économique de la Tunisie en Afrique.
La Presse — «L’ingénieur tunisien au cœur de la transformation de l’Afrique». C’est autour de cette thématique fédératrice que s’est articulé le panel organisé samedi par le Tunisia Africa Business Council (TABC), en marge de son assemblée générale ordinaire.
Organisé en partenariat avec l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT, l’événement a réuni d’éminentes figures du monde économique, à l’instar de Jamel Ksibi, président de la Fédération nationale du bâtiment, Sami Driss, CEO de Comet Group, Said Drira, PDG de Scet Tunisie, Mourad Mastouri, président d’Adenit (Associtaion des diplômés de l’Enit, ainsi que Hassen Zargouni, président de Sigma Conseil.
Les discussions ont permis d’aborder des sujets cruciaux pour l’avenir de l’expertise tunisienne : le positionnement sur les marchés africains, la création de synergies intersectorielles (ingénieurs, bureaux d’études, BTP, industriels et acteurs technologiques), le passage d’une exportation individuelle de compétences à une offre nationale intégrée, ainsi que le développement d’une véritable diplomatie tunisienne de l’ingénierie.
La dimension humaine et la fédération des talents : clés de voûte du succès
Intervenant lors des débats, Jamel Ksibi a insisté sur la nécessité de préserver l’expertise tunisienne tout en renforçant la présence sur le continent. Pour y parvenir, il est impératif d’adapter le système éducatif aux exigences du marché et de veiller à retenir les talents et les compétences locales.
Un constat partagé par Hassen Zargouni, qui a mis l’accent sur l’importance primordiale de la dimension humaine. «L’Afrique va connaître une transformation sans précédent avec de nouveaux besoins dans tous les domaines», a-t-il souligné, rappelant que le continent ne souffre pas uniquement d’un déficit d’infrastructures. La véritable interrogation réside dans l’usage, la finalité et la pertinence humaine des constructions.
«Ce qui manque à la Tunisie, c’est cette maîtrise de la dimension humaine, la connaissance intime des populations, des marchés et des comportements», a-t-il affirmé, résumant le principal défi national : «Le problème de la Tunisie n’est pas le manque de compétences, mais plutôt la capacité de les fédérer et de les vendre ensemble à travers une offre intégrée».
Tabc : bilan d’une décennie d’action pour l’Afrique
S’exprimant à l’ouverture du congrès, Anis Jaziri, président du Tabc, a rappelé l’importance de ce rendez-vous qui «marque l’aboutissement d’un cycle commencé en 2015, mais surtout l’ouverture d’une nouvelle étape dans l’histoire du Tabc».
Revenant sur la genèse de l’organisation, il a souligné que sa création répondait à un constat simple : malgré sa proximité géographique, culturelle et humaine avec l’Afrique subsaharienne, et malgré la qualité de ses compétences, la Tunisie y demeurait insuffisamment présente. Faute de réseaux, d’informations, de relais locaux ou de mécanismes d’accompagnement adéquats, les entreprises tunisiennes peinaient à concrétiser leur potentiel.
Le Tabc s’est ainsi positionné dès le départ sur le terrain, tissant des passerelles entre la Tunisie et les économies africaines. Entre 2015 et 2026, l’organisation a structuré un véritable écosystème autour de quatre axes majeurs : l’organisation de grands rendez-vous économiques internationaux, les missions de terrain, l’accompagnement à l’internationalisation et la construction d’un réseau partenarial solide.
Un parcours jalonné de chiffres éloquents : 9 éditions de la Fita (Financing, Investment and Trade in Africa), une couverture de 37 pays africains, 43 missions économiques organisées, 4.500 adhérents cumulés, 47.000 participants, l’accueil de 801 délégations étrangères, près de 25.000 rendez-vous B2B et B2G, ainsi que 103 conventions et partenariats actifs. Plus de dix années plus tard, la conviction fondatrice du Tabc reste intacte : l’avenir économique de la Tunisie passe par l’Afrique.



