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Point de vue : Des groupes à bannir !

  • 16 septembre 2026
  • 4 min de lecture
Point de vue : Des groupes à bannir !

La Presse  Les émeutes qui ont secoué le virage du stade de Radès entre les groupes de supporters de l’EST, lors du match face à l’ASM, viennent nous choquer pour la énième fois. Des scènes à couper le souffle avec des batailles à couteaux tirés entre des jeunes où on se jetait des fumigènes, des chaises, et toutes sortes d’outils pour faire du mal. Des scènes horribles où l’on se battait comme si on était dans un stade de l’Amérique du Sud entre des gangs.

Ces scènes de violence, qui ne finissent pas dans les virages entre les groupes de supporters de l’EST et aussi du CA, sont écœurantes. Et le plus grave, cette omerta devant ces ultras composés de jeunes délinquants et de « voyous »  trempés dans la criminalité de toutes sortes. Qu’on nous explique pourquoi des supporters du même club se livrent ces guerres torrides?

Ce n’est sûrement pas à cause du football, mais c’est autre chose. Une guerre pour le pouvoir, pour la domination dans ce milieu opaque et criminel que les dirigeants des deux clubs protègent directement et indirectement et face auquel l’Etat, avec tout son arsenal logistique et législatif, reste impuissant. Ces ultras qu’on vénère sur les réseaux sociaux sont l’incarnation de cette décadence morale de la société.

Un phénomène importé et « tunisifié » que même des médias, par leur « superficialité », ont encouragé. A chaque occasion, ces petits gamins, grandis dans les quartiers populaires en bonne partie, sont manipulés par des caïds, des gens qui se disent supporters fidèles, mais qui usent de la popularité de l’EST et du CA pour gagner de l’argent et pour cultiver l’esprit criminel et anti-institutionnel.

Drogue (oui), blanchiment d’argent, agressions et braquages après les matches, et la liste est encore longue des infractions commises par ces groupes puissants et intouchables au fil des années. Les caïds peuvent être des gens instruits et même des fonctionnaires gradés, mais ils sont loin, ils dirigent discrètement.

A chaque groupe, des disciples, des petits jeunes incultes, fragiles qu’on lance dans ce diapason de criminalité au nom du football. Et chaque groupe a son territoire, son identité, ses chants, ses intérêts et même son emplacement dans le virage. Et comme les gangs organisés, ces groupes se livrent une guerre farouche pour avoir le monopole du club et du virage, quitte à rentrer dans des scènes de violence au cours du match et contre les forces de l’ordre.

Résultat, des incidents dangereux qui se répètent et le club en fait les frais. Le plus grave, c’est que ces groupes sont élevés au rang de héros par certains supporters ordinaires et surtout par les dirigeants du CA et de l’EST qui leur offrent des abonnements, des cadeaux rien que pour avoir la paix et les amadouer. Pourquoi le virage de Radès est-il la chasse gardée de ces ultras ?

Pourquoi ce n’est pas ouvert au large public comme c’était le cas au stade d’El Menzah  dans le passé ? Jusqu’à quand va-t-on empêcher le public ordinaire d’avoir un abonnement en virage parce que c’est réservé à ces groupes puissants? On a ras le bol de ces ultras qui ne concernent pas uniquement l’EST et le CA , mais aussi l’ESS, le CSS et bien d’autres clubs. Libérez svp le virage du stade de Radès et libérez les clubs de ces supporters hors-la-loi et protégés par des dirigeants opportunistes.

Les supporters de l’EST et du CA n’en veulent plus parce qu’ils savent bien que le mal qu’ils créent au club devient insupportable. A l ’Etat aussi d’agir et de bannir tout simplement ces groupes et de sévir contre les dirigeants qui les financent et les aident. Ce sont des malfaiteurs incorrigibles qui ont eu des dizaines de chances pour changer de comportement, mais qui ont persisté dans leur violence.

Le football n’en a pas besoin. Les vrais supporters du CA et de l’EST ne vont plus à Radès justement car ils sont lassés et stupéfiés par les agissements graves et violents de ces faux supporters. Qu’est-ce qu’on attend alors pour agir ?

Auteur

Rafik EL HERGUEM

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