Mer Rouge – Le Qatar avertit : Perdre Bab el-Mandeb serait «catastrophique pour le monde»
Le Conseil de sécurité des Nations unies devait se réunir hier après-midi, à la demande de la France, pour faire le point sur la situation dans le détroit de Bab el-Mandeb et les opérations menées par les Houthis yéménites dans la région.
La Presse — Le Qatar appelle à une mobilisation internationale pour maintenir Bab el-Mandeb ouvert, avertissant que la perte d’une autre grande voie maritime, alors que le détroit d’Ormuz reste bloqué, serait «catastrophique».
Ibrahim bin Sultan Al Hashmi, directeur des médias et de la communication au ministère qatari des Affaires étrangères, a déclaré lors d’un point de presse hier à Doha que la fermeture de l’accès à la mer Rouge aggraverait les perturbations déjà causées par le blocus d’Ormuz.
«Le monde souffre déjà assez avec la fermeture du détroit d’Ormuz, nous ne pouvons donc pas nous permettre d’ajouter Bab el-Mandeb à cette équation», a déclaré Al Hashmi. «Le monde entier va en pâtir et ce sera catastrophique pour l’ensemble de la planète», a-t-il ajouté.
Il a estimé que le blocage des voies maritimes internationales ne pouvait pas devenir la «nouvelle normalité» et a appelé les pays à coopérer pour l’empêcher.
Cet avertissement intervient après que les Houthis, soutenus par l’Iran, ont pris le contrôle de nouvelles îles dans le sud de la mer Rouge, renforçant leur position dans et autour de Bab el-Mandeb.
Le gouvernement reconnu par la communauté internationale et des responsables houthis ont tous indiqué lundi que le groupe avait conquis les îles Hanish la Grande et Hanish la Petite après le retrait des forces alliées au gouvernement. Les Houthis avaient déjà pris le port côtier de Mokha et l’île de Perim, à l’extrême entrée du détroit.
Ils ont aussi mené plusieurs attaques contre des infrastructures pétrolières et des navires saoudiens en mer Rouge, après avoir annoncé en juillet un blocus des navires saoudiens.
Ces attaques accentuent la pression sur les approvisionnements énergétiques dans le contexte de la guerre avec l’Iran. De l’autre côté de la péninsule Arabique, les blocus américain et iranien perturbent déjà le trafic maritime via le détroit d’Ormuz.
Des attaques antérieures des Houthis ont déjà contraint de nombreux navires à contourner l’Afrique australe, rallongeant la durée et le coût de leurs trajets, selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie.
L’oléoduc Est-Ouest de l’Arabie saoudite lui permet de contourner Ormuz en acheminant le pétrole vers des ports de la mer Rouge — mais les pétroliers qui en repartent vers le sud doivent toujours franchir Bab el-Mandeb.
Al Hashmi a indiqué que le Qatar travaillait avec des partenaires régionaux et internationaux pour soutenir des discussions sur la liberté de navigation via le détroit d’Ormuz, et a appelé à la diplomatie pour régler les conflits.
«Ce n’est pas une tâche impossible car, au bout du compte, la seule solution passera par la table des négociations, et c’est sur cela que nous travaillons avec détermination», a-t-il déclaré.
Le Conseil de sécurité des Nations unies devait se réunir hier après-midi, à la demande de la France, pour faire le point sur la situation dans le détroit de Bab el-Mandeb et les opérations menées par les Houthis yéménites dans la région, ont déclaré deux diplomates français à Reuters.
(Synthèse de médias)



