Commentaire – Des enfants livrés à la pluie : Pourquoi personne ne rend des comptes ?
Jeudi 17 septembre, des milliers d’enfants ont été livrés à la pluie et au chaos, faute d’une alerte donnée à temps. Un communiqué tardif, lancé à la dernière minute, a transformé les écoles en pièges d’angoisse et les routes en goulots d’étranglement. La colère gronde : pourquoi personne ne rend des comptes quand l’imprudence de certains responsables met des vies en danger ?
La journée du jeudi 17 septembre 2026 restera marquée d’une pierre sombre pour les citoyennes et citoyens de la capitale et des proches banlieues de l’Ariana et de Ben Arous à la suite des pluies torrentielles qui se sont abattues, moins d’une heure durant, lors d’une après-midi tristement mémorable, inondant des agglomérations et des quartiers entiers.
Or, ce n’est pas tant l’ampleur des précipitations et leur durée qui seraient à l’origine de la panique enregistrée dans le sens où l’on s’est habitué aux débordements des canalisations et des égouts dans les zones urbaines en pareilles circonstances, mais plutôt les causes ayant entraîné des scènes au cours desquelles les populations ont frôlé la catastrophe.
Il faut dire que les habitants n’en reviennent pas encore de ces moments cauchemardesques ayant fait craindre le pire et se demandent encore qui a pris la décision de contacter les parents d’élèves pour qu’ils viennent chercher leur progéniture à 15 heures, sachant que cette alerte a été lancée, exactement, à 14h53, soit sept minutes seulement avant “l’heure ultimatum”.
Facile d’imaginer les scénarios qui s’ensuivirent avec l’ouverture des portes des écoles, collèges et lycées et la ruée des parents, plus précisément ceux en mesure de rallier l’établissement scolaire dans les plus brefs délais.
Résultat inéluctable : tout un chacun doté d’un minimum d’esprit logique pouvait prévoir le fait que des centaines, voire des milliers, de véhicules se sont retrouvés, au même moment et aux mêmes endroits, d’où les multiples goulots d’étranglement sur les routes à l’entrée et à la sortie de Tunis ainsi qu’en plein cœur de la capitale.
Ainsi, des dizaines de milliers d’élèves accompagnés de leurs parents ont pu finalement, après deux, trois heures ou plus encore, regagner leurs domiciles, tout trempés, angoissés après un véritable parcours du combattant que certains n’ont pas hésité à qualifier le fait d’être rentrés chez eux de vrai miracle !
La question que tout le monde, sans exception, se pose est la suivante : pourquoi le gouvernorat de Tunis a-t-il attendu jusqu’à la dernière minute pour donner cette alerte ? Ou bien s’est-on habitués à attendre la 90e minute, comme on dit, pour agir ?
Or, s’il est réjouissant de marquer un but à la minute 90, il n’en est pas de même lorsqu’il s’agit de situations où les vies humaines sont en jeu, d’où les contestations généralisées de tous les Tunisiens quant à la manière de gérer ladite situation alors que toutes les données météorologiques officielles évoquaient des prévisions alarmantes pour la journée du 17 septembre 2026.
Il ne faut pas oublier que le délai de cinq minutes, à peine, ne suffit point aux parents de s’organiser, temporellement et matériellement, afin de quitter leurs lieux de travail et de rejoindre les établissements éducatifs. Ainsi, les uns sont restés suspendus et d’autres coincés en plein milieu d’une pagaille monstre due aux embouteillages, au ruissellement des eaux, ne pouvant se déplacer, ce qui a multiplié leur sentiment de panique.
Bon à souligner l’importance des bulletins météorologiques, indispensables pour les mesures à prendre par la suite, les experts estiment que cela reste insuffisant si des alertes ne sont pas lancées 12 à 24 heures avant le début des pluies.
Plus encore, pour les situations faisant craindre un risque important, la décision de suspension des cours devrait être prise plusieurs heures à l’avance ou carrément la veille quand le danger est attendu le lendemain matin afin de permettre la prise de mesures de nature anticipative, sachant que dans le cas des crues soudaines, chaque heure perdue réduit les éventuelles préventions tout en augmentant les risques d’asphyxie sur les routes et de paralysie des services publics.
En un mot, conformément aux approches prônées par le Chef de l’Etat, les responsables, à l’échelle aussi bien nationale que régionale, sont tenus de s’acquitter de leurs tâches et prérogatives, sinon ils seront appelés à céder la place à d’autres compétences pour prendre le flambeau.



