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Ils ont dit

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  • 19 septembre 2026
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Ils ont dit

Dhafer Sghir, vice-président de la Commission des finances à l’ARP

La Presse — « Le Parlement n’a toujours pas reçu le document relatif à l’exécution du budget de l’Etat pour la période allant de janvier au 30 juin 2026, alors que ce document devait être transmis par le ministère des Finances avant le 31 juillet. Cette absence de données rend difficile l’évaluation du niveau d’exécution du budget, notamment le montant des dépenses réalisées, celles qui ne l’ont pas été et les taux d’exécution effectifs. Ces indicateurs sont indispensables pour évaluer la situation financière de l’Etat.

Le prix du baril retenu pour l’élaboration du budget 2026 était légèrement supérieur à 60 dollars, alors que les cours actuels ont dépassé 100 dollars. Cette différence importante soulève des interrogations sur ses répercussions sur le budget de l’Etat et sur les sources de financement du déficit. Dans ce contexte, le recours à une loi de finances complémentaire peut être envisagé, notamment au regard des évolutions enregistrées au cours de l’année.

Le problème ne réside, toutefois, pas uniquement dans le nombre d’articles de la loi de finances, mais aussi dans leur mise en œuvre. Des dizaines de dispositions restent inappliquées ou connaissent d’importants retards. La valeur d’un texte législatif réside dans son application et dans la publication des textes réglementaires nécessaires à sa mise en œuvre. Le contrôle de l’exécution constitue, à ce titre, l’une des principales missions de l’Assemblée.

La loi de finances ne doit pas être réduite à un simple document comptable recensant les recettes et les dépenses. Elle doit comporter des mesures concrètes en faveur de l’investissement, de la souveraineté économique, de l’emploi et de la croissance. Il faut libérer l’initiative privée, soutenir l’investissement productif et réformer le système fiscal.

Notre économie reste confrontée à un système fermé et à de nombreuses lourdeurs administratives. Le régime des autorisations continue de limiter l’initiative privée et les opportunités offertes aux jeunes. Nous devons donner aux Tunisiens un véritable espoir à travers des mesures qui permettent de libérer l’initiative et de stimuler l’investissement. La réforme des caisses sociales constitue également un dossier prioritaire. Une piste pourrait consister à augmenter certains taux de TVA tout en réduisant d’autres charges pesant sur les entreprises et les particuliers. Un point de TVA pourrait générer plusieurs centaines de millions de dinars. L’objectif ne doit pas être d’alourdir la charge du citoyen, mais de mieux répartir la pression fiscale et de dégager des ressources pour les caisses sociales.

La Tunisie ne peut pas continuer, année après année, à augmenter les impôts et à recourir davantage à l’endettement intérieur et extérieur. Nous devons créer de la richesse, améliorer l’efficacité des dépenses publiques et orienter davantage les ressources vers l’investissement et la croissance. L’année 2027 doit être l’occasion de changer le modèle d’élaboration du budget et d’adopter une loi de finances réellement capable de créer de la croissance et de la richesse ».

Moez Hadidane, économiste et analyste financier

« Les entreprises tunisiennes restent réticentes à recourir au marché alternatif des marchés boursiers pour lever des capitaux, notamment en raison des restrictions strictes imposées par l’Autorité des marchés financiers. Les entreprises qui recherchent des financements peuvent, certes, se tourner vers les banques, mais elles se heurtent souvent aux critères de précaution rigoureux appliqués par ces établissements. Le capital-risque constitue également une alternative pour certaines sociétés qui cherchent à renforcer leurs fonds propres, mais ce secteur demeure encore peu développé en Tunisie.

Face à ces différents obstacles, de nombreuses entreprises sont contraintes de puiser dans leurs propres ressources pour développer ou moderniser leurs équipements. Or, cette démarche nécessite des liquidités importantes. Elles doivent donc soit rechercher des financements à moyen ou long terme, soit solliciter leurs partenaires dans le cadre d’une augmentation de capital. L’inflation pèse également sur la compétitivité des entreprises. La hausse des prix affecte directement les consommateurs, qui sont aussi des salariés et qui réclament des augmentations de salaire. Or, certaines entreprises ne disposent pas de la marge de manœuvre financière nécessaire pour répondre à ces demandes.

Sur le plan sectoriel, les industries traditionnelles tunisiennes font face à une concurrence croissante des produits chinois, vendus à des prix nettement inférieurs. La hausse des coûts de production en Tunisie a réduit les marges bénéficiaires des artisans locaux, dont beaucoup éprouvent désormais des difficultés à maintenir leur compétitivité sur le marché domestique ».

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Auteur

Saoussen BOULEKBACHE

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