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Du 2 au 4 octobre à Testour : Le patrimoine de la Medjerda au cœur de « Via Bagrada »

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  • 20 septembre 2026
  • 5 min de lecture
Du 2 au 4 octobre à Testour : Le patrimoine de la Medjerda au cœur de « Via Bagrada »

Le rendez-vous n’a pas été cantonné à une salle de conférence : journalistes et organisateurs ont pris la route de Tunis vers Utique, traversant progressivement les paysages qui donnent sens au projet. Le déplacement, ponctué par une visite du site d’Utique et une rencontre avec des acteurs du territoire, prolongeait ainsi le discours par l’expérience.

La Medjerda n’était plus seulement évoquée comme un patrimoine à préserver ou une ressource à valoriser, mais comme un territoire à regarder, à comprendre et à parcourir.

La Presse — La Medjerda comme fil conducteur, le patrimoine comme matière vivante et le territoire comme espace à parcourir : c’est autour de cette triple approche que se construit la deuxième édition de « Via Bagrada » (La Route de la Medjerda), prévue du 2 au 4 octobre à Testour, Téboursouk et Slouguia, Tibar… dans le gouvernorat de Béja. Portée par l’association Museum Lab, la manifestation entend croiser culture, tourisme et initiatives locales pour faire émerger une autre manière de découvrir et de valoriser les territoires de la Medjerda.

L’approche était déjà perceptible lors de la conférence de presse itinérante organisée jeudi 17 septembre. Le rendez-vous n’a pas été cantonné à une salle de conférence : journalistes et organisateurs ont pris la route de Tunis vers Utique, traversant progressivement les paysages qui donnent sens au projet. Le déplacement, ponctué par une visite du site d’Utique et une rencontre avec des acteurs du territoire, prolongeait ainsi le discours par l’expérience. La Medjerda n’était plus seulement évoquée comme un patrimoine à préserver ou une ressource à valoriser, mais comme un territoire à regarder, à comprendre et à parcourir.

Cette manière de faire constitue l’une des particularités de « Via Bagrada ». Depuis son lancement en 2020 par l’antenne régionale du Kef de Museum Lab, le projet cherche à mettre en relation les différentes composantes du territoire : patrimoine naturel et culturel, savoir-faire, gastronomie, activités touristiques, initiatives associatives et acteurs économiques. L’enjeu est moins d’additionner des sites que de faire apparaître les liens qui les unissent.

La deuxième édition se déploiera ainsi sur plusieurs localités, avec un programme comprenant des circuits touristiques, des ateliers et des espaces de rencontre. Des activités destinées à différents publics permettront d’aborder les patrimoines de la région à travers plusieurs entrées, tandis que les échanges consacrés aux savoir-faire locaux, à l’art culinaire et à l’hospitalité donneront une place particulière à ceux qui font vivre ces territoires.

Car derrière les paysages et les monuments, « Via Bagrada » veut aussi montrer un territoire habité. L’artisan, le producteur, l’acteur culturel, l’association locale ou encore le professionnel du tourisme deviennent ici des maillons d’une même chaîne. Cette dimension est au cœur de l’ambition affichée par Museum Lab : contribuer à structurer progressivement la région de la Medjerda comme une destination culturelle et touristique, en rapprochant les initiatives plutôt qu’en les laissant évoluer séparément.

La Medjerda fournit naturellement le trait d’union. Principal cours d’eau de Tunisie, elle traverse des territoires marqués par une histoire ancienne et des patrimoines multiples. Son bassin concerne notamment les gouvernorats de Béja, Jendouba, Le Kef et Siliana, avec une extension vers Bizerte et Manouba.

Au fil de l’eau se sont constitués des paysages agricoles, des villes et villages, des sites archéologiques, des pratiques et des savoir-faire qui témoignent d’une longue relation entre l’homme et son environnement.

Cette histoire explique aussi le choix d’une manifestation qui privilégie la circulation. Passer d’Utique à Testour, de Téboursouk à Slouguia, Tibar c’est déplacer le regard d’un site patrimonial vers un autre, mais aussi interroger ce qui les relie. Le territoire devient alors le véritable espace d’exposition du projet, avec ses paysages, ses mémoires et ses ressources.

Selon le fondateur de Museum Lab, Hatem Drissi, l’eau constitue précisément l’un des éléments susceptibles de fédérer cette identité plurielle. La démarche vise à faire de la Medjerda un axe autour duquel peuvent se rencontrer institutions publiques, acteurs économiques, professionnels du tourisme, associations et acteurs culturels. Une ambition qui suppose, en amont, un travail de connaissance et de concertation.

Quelque 148 acteurs économiques, professionnels du tourisme et artisans ont ainsi été consultés afin de cerner leurs attentes et d’identifier les ressources comme les difficultés du territoire.

Une rencontre territoriale réunira également les 24 et 25 septembre des acteurs culturels et des représentants de la société civile. Elle permettra de poursuivre la concertation et d’évaluer les actions engagées à partir de plusieurs indicateurs, notamment la fréquentation, les retombées économiques et les partenariats.

À travers cette deuxième édition, « Via Bagrada » poursuit donc une démarche qui dépasse la seule programmation événementielle. Il s’agit de construire, progressivement, une lecture commune d’un territoire longtemps perçu à travers ses frontières administratives plutôt qu’à travers les continuités naturelles, historiques et culturelles qui le traversent.

La manifestation est organisée en partenariat avec l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle (Amvppc), le Centre international de l’économie culturelle numérique de Tunis (Ticdce), la Délégation régionale des Affaires culturelles de Béja, ainsi que le Centre de présentation du patrimoine culturel et la Maison de la culture de Testour.

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Auteur

Asma DRISSI

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