Remise des prix Ibn Khaldoun et Mahmoud Darouiche 2026
Le Centre des Arts, de la Culture et des Lettres « Ksar Saïd » au Bardo a accueilli, samedi soir, la cérémonie de remise des prix de la 26e édition du Prix Ibn Khaldoun pour les sciences humaines 2026 et de la 2e édition du Prix Mahmoud Darouiche pour la poésie, les lettres et les arts.
Organisées par la Chaire ICESCO « Ibn Khaldoun » en partenariat avec l’association méditerranéenne « Med 21 », ces distinctions annuelles visent à « rendre hommage aux bâtisseurs de la pensée pour les inscrire dans la mémoire nationale », a souligné à la TAP le président du comité d’attribution, l’historien Abdelhamid Largèche.
Le Prix Ibn Khaldoun a été décerné à l’écrivain tunisien Hassanine Ben Ammou pour son roman historique Le Crépuscule éternel (Al-Ghouroub Al-Khaled). Publiée chez Miskaliani, cette œuvre retrace la vie d’Ibn Khaldoun et réussit, selon le modérateur de la rencontre, le journaliste et écrivain Mohamed El May, à « redonner son éclat à la fiction historique en la rendant accessible à toutes les classes sociales ».
Un hommage posthume a également été rendu à l’historien Hassan Hosni Abdelwahab, figure de l’école historique tunisienne. L’historien Faouzi Mahfoudh a rappelé à cette occasion que ce chercheur avait localisé la maison d’Ibn Khaldoun dans la médina de Tunis et œuvré à la préservation de la mémoire nationale.
Au volet international, le prix a récompensé l’universitaire et ancien ministre de la Culture marocain Bensalem Himmich, ainsi que l’historienne émiratie Fatima Al Sayegh, spécialiste de la péninsule arabique. Selon le président du jury, les deux lauréats n’ont pas donné suite à l’invitation pour assister à la cérémonie.
L’historien américain Abraham Udovitch, professeur émérite à Princeton, a quant à lui été distingué pour ses travaux sur l’histoire économique du monde islamique médiéval. Absent pour des raisons de santé, son prix a été remis à une représentante de l’ambassade des États-Unis en Tunisie.
Le Prix Mahmoud Darouiche pour la poésie, les lettres et les arts a été attribué à titre posthume au poète autodidacte tunisien Mnaouar Smadeh, figure de la poésie patriotique et sociale, auteur de 12 recueils et de l’ouvrage Chououn wa choujoun (2004).
Ce prix honorifique a été réceptionné par l’éditeur Moncef Chebbi, tandis que la comédienne et dramaturge Amel Ferji a interprété le poème Kalimat. Le prix de la première édition, qui avait honoré feu Sghaier Ouled Ahmed pour son œuvre patriotique et humaniste, a également été rappelé.
Concernant ces distinctions décernées à titre posthume, Abdelhamid Largèche a précisé à la TAP qu’il s’agissait d’une tradition de reconnaissance envers les créateurs disparus qui sera pérennisée.
La soirée s’est achevée par un intermède musical du violoniste Anis Klibi, qui a interprété sa composition Al-Massar, inspirée de la vie d’Ibn Khaldoun.



