Chaque année, les précipitations agissent comme un révélateur, mettant à nu les défaillances de l’infrastructure routière. La semaine dernière, à peine trente minutes de fortes pluies ont suffi pour paralyser la circulation et transformer de nouveau la voirie en un véritable parcours du combattant.
Le constat qui, à chaque fois, inquiète, au regard des dégâts occasionnés, soulève le problème de la qualité de la voirie: les routes construites ou réhabilitées par les promoteurs privés dans le cadre d’appels d’offres respectent-elles rigoureusement les cahiers des charges ? La question se pose avec d’autant plus d’acuité que les mêmes dégâts matériels sont observés, à chaque fois, dès qu’il pleut.
La semaine dernière, à Boujaafar dans la délégation de Raoued relevant du gouvernorat de l’Ariana, les récentes intempéries ont fait apparaître des dégâts considérables sur la voirie: des portions entières de macadam ont été arrachées par la force des eaux. Emportée par le torrent, une voiture s’est même dangereusement engouffrée dans un trou béant tandis qu’une partie de la route d’Oued El Khayat s’est affaissée et effondrée sur toute sa longueur, créant un cratère géant.
Directeur des eaux urbaines au ministère de l’Équipement et de l’Habitat, Chokri Khlifi est intervenu sur les ondes de la radio pour apporter des éclaircissements techniques sur les causes des dégâts. Tout en expliquant que des pluies abondantes et intenses sur une courte période peuvent mettre inévitablement à mal les infrastructures, le responsable a tenu à nuancer les faits concernant le trou béant qui été observé au niveau de la voirie.
Selon lui, il n’est pas directement imputable aux intempéries, mais découle des travaux d’aménagement entrepris, dans le cadre de la protection de la zone contre les inondations, consistant à creuser et installer les dalots souterrains afin d’acheminer les eaux pluviales provenant des hauteurs vers leur exutoire final. Les travaux, qui ont débuté fin 2025 et qui devront durer un an et demi, sont actuellement en cours de réalisation.
La fréquence des épisodes de précipitations intenses observées, à chaque fois, à la fin de l’été et au début de l’automne, conjuguées à la vulnérabilité de l’infrastructure, soulève, aujourd’hui, l’importance voire l’urgence d’accélérer ces travaux de réhabilitation afin de prémunir les zones urbaines contre les inondations et les drames qui peuvent survenir, en raison d’une infrastructure routière de plus en plus vulnérable et à la merci des aléas climatiques.



