Editorial

Pour un système de santé innovant et créatif

  • 22 septembre 2026
  • 3 min de lecture
Pour un système de santé innovant et créatif

Le secteur de la santé publique, malgré de belles avancées, est encore loin  du statut espéré et programmé. Il souffre encore de manque de moyens, de lourdeur administrative et d’une couverture toujours déséquilibrée. Sans parler, bien évidemment, d’un cadre juridique et réglementaire rigide et peu favorable à l’innovation et à la créativité.

Pourtant, et de l’avis de tous les experts aussi bien nationaux qu’internationaux, la formation médicale tunisienne et le professionnalisme de nos compétences sont d’un niveau mondial, ce qui suppose, logiquement, un niveau de performance bien élevé.

Le problème est donc une question de gestion, d’engagement et de motivation, ce qui justifie l’accélération, ces dernières années, du rythme de fuite de ces compétences à l’étranger, pour devenir un véritable fléau préoccupant. Selon les statistiques disponibles, sur une promotion d’environ 1.900 médecins formés en 2025, 1.600 ont quitté le pays.

Face à cette situation désolante,  le lancement d’une restructuration sérieuse et profonde de ce secteur stratégique devient une urgence.

Et  ce n’est pas un hasard si le Chef de l’Etat a réaffirmé, tout récemment, que le processus de restructuration et de développement du secteur est un défi majeur, recommandant, ainsi, de passer désormais à la vitesse supérieure.

Ce passage à un rythme de réalisation élevé est d’autant plus important que plusieurs projets dans les différentes régions, comme le rappelle le Président de la République, avancent à un rythme très lent, alors que d’autres sont carrément en situation de blocage. Une défaillance à corriger illico presto.

D’ailleurs, Kaïs Saïed réitère son souhait de voir le secteur de la santé retrouver, rapidement, son statut naturel, d’où ce besoin d’un nouveau cadre juridique bien conçu et qui soit en mesure d’attirer les compétences tunisiennes et de leur permettre, surtout, de performer et d’«innover dans leurs fonctions».

Il s’agit, somme toute, de la mobilisation de tout un arsenal juridique pour redéfinir, comme le relèvent les experts, « la gouvernance hospitalière, protéger les professionnels et garantir un accès équitable aux soins pour tous ».

L’objectif serait, également, de remodeler le statut des établissements publics pour les aider, d’abord, à s’adapter aux nouvelles exigences aussi bien nationales qu’internationales et de leur permettre, ensuite, de se doter d’une meilleure flexibilité managériale, de soutenir leur autonomie financière et d’élargir le niveau d’investissement et d’innovation.

Et l’on reste convaincu que notre pays est capable de relever ces enjeux d’avenir, d’aider le secteur à retrouver son rayonnement international et d’en faire tout un levier de création de richesses pour peu qu’il réussisse à valoriser les moyens humains et matériels disponibles et à bien saisir toutes les possibilités de développement offertes.

Auteur

Anis SOUADI

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