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Forum mondial de la mer : Bizerte, capitale méditerranéenne du débat… mais pas encore de l’action

  • 23 septembre 2026
  • 4 min de lecture
Forum mondial de la mer : Bizerte, capitale méditerranéenne du débat… mais pas encore de l’action

Les 24 et 25 septembre 2026, Bizerte accueille la 9ᵉ édition du Forum Mondial de la Mer. Autour du thème fédérateur “Agir pour une Méditerranée sans plastique”, chercheurs, élus, entrepreneurs et ONG venus de Tunisie, d’Espagne, d’Italie, d’Algérie, d’Égypte et de France se réunissent pour transformer les engagements en actions concrètes.

Ce Forum Mondial de la Mer, créé en 2018 et organisé chaque année à Bizerte, s’est imposé comme un lieu de réflexion majeur sur la gouvernance maritime et la lutte contre la pollution. Pourtant, si la Tunisie a multiplié les engagements et les structures, les retombées concrètes restent timides face aux initiatives plus offensives de ses voisins méditerranéens.

Des ambitions tunisiennes purement institutionnelles

Depuis 2018, le Forum a permis de mettre la question maritime au cœur du débat national. La création du Secrétariat des affaires maritimes et du Cluster maritime tunisien a marqué une avancée institutionnelle. Le projet du port en eaux profondes d’Enfidha illustre aussi une volonté stratégique d’ancrer le pays dans le commerce international.

Ces initiatives traduisent une prise de conscience, mais elles demeurent largement abstraites : peu de mesures contraignantes ont été adoptées pour réduire la pollution plastique ou encadrer les pratiques industrielles et touristiques.

La Tunisie participe à des projets de coopération comme SHARE4MED, qui associe plusieurs municipalités (Bizerte, Mahdia, Monastir, Djerba, Kerkennah, Grand Tunis) à un tableau de bord numérique pour suivre leurs indicateurs environnementaux. Elle a également signé des partenariats pour protéger les herbiers marins de posidonie. Mais sur le terrain, les sacs plastiques circulent encore librement, la collecte sélective reste embryonnaire et les politiques publiques peinent à se traduire en actions visibles pour les citoyens.

Des voisins plus offensifs

Néanmoins, si la Tunisie peine encore à traduire ses engagements en actions visibles, plusieurs pays méditerranéens ont choisi une voie plus offensive. L’Espagne a engagé une interdiction progressive des plastiques à usage unique et mobilisé des brigades locales pour maintenir la propreté des plages, intégrant l’économie circulaire dans son modèle touristique.

La France a instauré des taxes sur les plastiques, mené des campagnes nationales de sensibilisation et soutenu des projets de dépollution côtière. L’Italie, de son côté, expérimente des plateformes numériques de suivi environnemental et développe des programmes de collecte en mer.

Quant à l’Algérie et l’Égypte, elles misent sur l’implication des universités et des municipalités dans des projets transfrontaliers, combinant suivi scientifique et sensibilisation locale. Autant d’initiatives qui montrent que, là où la Tunisie s’est contentée de bâtir des structures, ses voisins ont déjà franchi le pas vers des politiques publiques contraignantes et des mesures tangibles.

Un contraste révélateur

Le Forum de Bizerte a donné à la Tunisie une visibilité internationale et un rôle moteur dans la réflexion méditerranéenne. Mais la comparaison avec ses voisins révèle un décalage : là où d’autres ont interdit, taxé ou collecté, la Tunisie a surtout débattu et créé des structures.

Cet événement mondial consacré à la Mer reste une vitrine précieuse pour la Tunisie, mais il ne suffira pas à transformer la réalité sans un passage à l’action. Les prochaines éditions devront être l’occasion de franchir le cap : traduire les engagements en mesures concrètes, visibles et contraignantes, afin que Bizerte ne soit pas seulement la capitale méditerranéenne du débat, mais aussi celle de la mer durable en pratique.

M.B

Auteur

M. B

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