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Pollution plastique : la Tunisie pourrait perdre jusqu’à 560 millions de dollars par an

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  • 24 septembre 2026
  • 4 min de lecture
Pollution plastique : la Tunisie pourrait perdre jusqu’à 560 millions de dollars par an

La pollution plastique coûterait chaque année entre 170 et 560 millions de dollars américains (entre environ 502,5 et 1655,1 MD) à la Tunisie, selon un nouveau rapport de Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA). Le rapport prévoit que, d’ici 2040, l’inaction face à la pollution plastique pourrait coûter à la Tunisie entre 3 et 10 milliards de dollars (entre 8,8 et 29,5 milliards de dinars).

Ce rapport, intitulé « Évaluer le coût de la pollution plastique en Égypte, au Maroc et en Tunisie », paraît alors que les délégations gouvernementales s’apprêtent à se réunir à Bangkok du 27 au 30 septembre pour la réunion des chefs de délégation sur le Traité mondial relatif aux plastiques, une rencontre cruciale avant le prochain cycle officiel de négociations prévu en mars 2027. La Tunisie, tout comme les autres pays mentionnés dans le rapport, fera partie des délégations présentes.

L’ampleur du problème apparaît clairement sur les plages tunisiennes. Sur les neuf plages étudiées, 77 % des 9 821 déchets ramassés étaient en plastique. Parmi les déchets dont l’origine a pu être identifiée, 98,2 % provenaient de Tunisie, signe que la grande majorité d’entre eux provenait du système national plutôt que de l’étranger, même si la Tunisie importe la quasi-totalité de ses polymères plastiques bruts.

Selon la Banque mondiale, la Tunisie qui produit annuellement environ 188 000 tonnes de déchets plastiques (sur un total de plus de 2 millions de tonnes de déchets) rejette chaque année 17 000 tonnes de plastique en mer Méditerranée, issues d’une masse de 55 500 tonnes de déchets plastiques mal gérés à terre.

La responsable de la campagne sur les plastiques chez Greenpeace MENA, Farah Al Hattab, a déclaré « Notre nouveau rapport montre que la Tunisie fait partie des pays où la nécessité d’agir est la plus évidente, puisqu’elle ne dispose pas d’une industrie de production de plastique à protéger. Les conclusions du rapport montrent également qu’il est dans l’intérêt de la Tunisie de réduire l’utilisation du plastique, tant au niveau national qu’international, notamment dans le cadre des négociations sur le traité mondial sur les plastiques. En effet, poursuivre sur la trajectoire actuelle lui coûterait davantage que les bénéfices qu’elle pourrait en tirer. Retarder l’action constitue donc l’option la plus coûteuse parmi celles qui sont aujourd’hui sur la table ».

Le rapport identifie des mesures nationales et internationales susceptibles de réduire la pollution plastique tout en présentant un intérêt économique pour la Tunisie.

Au niveau national, la Tunisie peut tirer parti de sa législation existante, notamment en matière de responsabilité des producteurs, et étendre cette responsabilité au matériel de pêche, qui représentait près de 22,2 % des déchets relevés sur les plages en poids. Le rapport recommande également une application plus stricte des restrictions sur les sacs en plastique à usage unique, déjà en vigueur depuis janvier 2020.

« La Tunisie importe la quasi-totalité des polymères bruts qui alimentent son économie du plastique, tandis que son littoral, son secteur touristique et ses communautés subissent les conséquences des déchets plastiques. Au niveau international, un traité solide peut changer la donne en réduisant le plastique inutile à la source, en responsabilisant les producteurs vis-à-vis de ce qu’ils produisent et en plaidant en faveur de mécanismes financiers solides. Ainsi, des pays comme la Tunisie ne se retrouveront pas aux prises avec un flux de déchets sans cesse croissant dont ils ne sont pas à l’origine », a ajouté Al Hattab.

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Auteur

La Presse

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