Flambée des prix : le pari du rééquilibrage
Les augmentations salariales décidées pour la fonction publique au titre de la période 2026-2028, dont la première tranche est déjà entrée en vigueur de manière rétroactive au 1er janvier 2026, visent à soutenir le pouvoir d’achat des salariés de l’État. Elles représentent une avancée réelle, mais leur effet demeure, pour l’instant, partiel face à une inflation qui continue de peser sur le budget des ménages.
Le pouvoir d’achat du salaire minimum s’en trouve affecté, illustrant les limites d’une revalorisation qui, à elle seule, ne peut résoudre l’ensemble de la problématique. Cet écart entre l’évolution des salaires et celle des prix, qui pèse déjà sur le vécu des familles, pousse aussi de plus en plus de compétences tunisiennes vers les portes de sortie, notamment chez la population diplômée et hautement qualifiée.
Certes, cette cherté ne relève pourtant pas uniquement de choix internes. Elle s’inscrit dans un contexte mondial troublé, marqué par la persistance des conflits au Moyen-Orient et par les fermetures répétées du détroit d’Ormuz. Chaque blocage renchérit le coût de l’énergie, puis celui du transport et des produits importés, une facture que la Tunisie, dépendante de l’extérieur, finit toujours par payer.
C’est dans ce contexte que le Président Kaïs Saïed a reçu mercredi, au Palais de Carthage, la Cheffe du gouvernement et le gouverneur de la Banque centrale, pour évoquer entre autres thèmes la flambée des prix.
À cette occasion, il a appelé à mieux maîtriser les importations et à combattre sans relâche une corruption qui ne se réduit pas à la malversation, mais englobe d’autres formes, telles que la fraude, l’entrave à la marche des services publics et le mauvais traitement infligé aux usagers de l’administration. Autant de phénomènes auxquels il faut mettre un terme de manière rapide et définitive, mais qui continuent, au grand dam des citoyens, à peser sur leur quotidien.
Sortir de cette spirale suppose une action sur plusieurs fronts à la fois, à commencer par une lutte plus frontale contre la grande comme la petite corruption, qui continuent de prospérer à la faveur d’un certain immobilisme administratif. Trop de responsables demeurent inertes derrière leur bureau, et ne se mobilisent bien souvent que lorsqu’un député tire la sonnette d’alarme, qu’une vidéo devenue virale les met en cause, ou, pire encore, lorsque le mal est déjà fait.



