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Entreprises publiques : De la nécessité d’une gouvernance responsable

  • 27 septembre 2026
  • 4 min de lecture
Entreprises publiques : De la nécessité d’une gouvernance responsable

Le Président de la République a fait de la restructuration des entreprises publiques une priorité stratégique. Et c’est, bien évidemment, cette importance qui justifie son refus catégorique de toute privatisation. Car, pour lui, ces unités font «partie intégrante du patrimoine national et de la souveraineté économique».

La Presse — Le plan de développement 2026-2030 mise sur une participation des entreprises publiques de l’ordre de 30% dans l’enveloppe globale d’investissement. Un objectif à la fois stratégique et ambitieux, qui suppose un niveau de performance assez élevé et un état de santé financière sans reproche.

Ce qui n’est malheureusement pas le cas. En effet, ces unités n’arrivent toujours pas à s’affranchir des aides de l’Etat et continuent à accumuler des pertes importantes, ce qui alourdit la pression sur les finances publiques.

Selon les statistiques disponibles, les dettes accumulées et les créances croisées avec l’Etat représentent environ le tiers de la dette publique qui s’est située, en 2026, à plus de 156 milliards de dinars.

Ce qui inquiète le plus, c’est que l’endettement des entreprises publiques repose, essentiellement, sur les garanties étatiques et le financement auprès des banques locales, ce qui risque d’accentuer la vulnérabilité du système financier et surtout d’impacter le niveau de financement des  programmes de développement socioéconomique.

Et cela justifie, de toute évidence, cette  nette volonté de performer la gouvernance des entreprises publiques et de réduire, comme le recommandent nos premiers décideurs, «le niveau des subventions à fonds perdus en les inscrivant dans une logique de redevabilité».

D’ailleurs, la Cheffe du gouvernement a rappelé, tout récemment, que les entreprises publiques sont tenues, de respecter désormais,  «une feuille de route bien établie et reposant sur des piliers biens définis».

D’abord, la rigueur budgétaire, c’est-à-dire que la priorité sera accordée à l’optimisation des coûts, la maîtrise de l’endettement et la rentabilité des investissements, le tout dans le respect total des intérêts stratégiques de l’entreprise.

Mieux impliquer les gestionnaires

Il s’agit, ensuite, de la transparence, ce qui fait que les gestionnaires sont tenus par l’obligation de garantir une communications précise et régulière des différents résultats, ce qui aiderait l’entreprise à restaurer la confiance aussi bien des citoyens, des partenaires que des marchés.

Le dernier pilier concerne la responsabilisation des dirigeants, qui seront liés, tout au long de leurs mandats, par des objectifs de performance aussi bien économique, sociale qu’environnementale.

Pour réussir cette culture de la performance, les entreprises publiques doivent améliorer la qualité du pilotage à travers surtout l’élaboration de plans stratégiques fixant les priorités et les objectifs à atteindre. Ces plans devraient s’adosser à des programmes de contrôle régulier qui permettraient  «de mesurer les résultats et d’en évaluer la performance».

La digitalisation et l’amélioration du niveau technologique se replacent, de leur côté, comme des dispositions incontournables pour prétendre à un développement global et durable.

En somme, il s’agit, comme l’a préconisé, tout récemment, la Banque mondiale, d’inscrire les entreprises publiques tunisiennes dans une dynamique de modernisation globale et intégrée pour espérer contenir les risques financiers liés à la gestion de cette catégorie d’entreprises et aux déséquilibres budgétaires.

Et c’est ce souci de modernisation qui explique l’engagement, dans le cadre du plan de développement 2026-2030, comme l’a recommandé le Chef de l’Etat, d’un programme de réformes structurelles pour contenir l’endettement des entreprises publiques et arrêter, ainsi, l’hémorragie financière.

Ce programme repose, en grande partie, sur l’assainissement et la réévaluation de la dette, l’accentuation du contrôle interne, la maîtrise des dépenses de fonctionnement et la reconversion  des dettes en investissement productif.

Des objectifs, certes ambitieux, mais tout à fait réalisables pour peu qu’on identifie les profils de gestionnaires adéquats. C’est-à-dire des gestionnaires qualifiés, responsabilisés et mieux impliqués.

En somme, on peut affirmer que le sauvetage des entreprises publiques est d’autant plus incontournable, comme le rappelle à chaque fois le Chef de l’Etat, qu’elles font partie intégrante du patrimoine national et de la souveraineté économique.

Auteur

Anis SOUADI

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