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Prêts d’honneur : les banques lancent leurs plateformes de demandes

  • 28 septembre 2026
  • 4 min de lecture
Prêts d’honneur : les banques lancent leurs plateformes de demandes

Les personnes et entreprises souhaitant bénéficier des prêts et financements de faible montant sur l’honneur, sans intérêts, pourront commencer à déposer leurs demandes à partir du jeudi 1er octobre 2026. Le dépôt devra obligatoirement s’effectuer via les plateformes numériques mises en place par les banques concernées.

Cette nouvelle étape intervient après la mise en place du cadre réglementaire encadrant ces financements. La Banque centrale de Tunisie (BCT) avait fixé au 1er octobre la date limite accordée aux établissements bancaires concernés pour mettre en service leurs plateformes dédiées.

Le dispositif prévoit une procédure entièrement numérique. La plateforme devra enregistrer avec précision la date et l’heure de chaque demande et délivrer un récépissé au demandeur. Cette traçabilité permettra notamment de déterminer l’ordre de priorité entre les dossiers, l’antériorité du dépôt constituant l’un des éléments pris en compte dans le traitement des demandes.

Selon les précisions apportées par l’expert-comptable et spécialiste du secteur bancaire Sofiene Weriemi , les personnes ou entreprises ayant déjà déposé une demande sous format papier devront également effectuer une nouvelle démarche en ligne. L’ancienne demande ne suffira donc pas à elle seule pour intégrer le dispositif numérique.

Les justificatifs seront demandés ultérieurement

Intervenant sur Mosaïque Fm, Sofiene Weriemi  a indiqué qu’au moment de l’inscription initiale, les demandeurs ne seront pas nécessairement tenus de joindre immédiatement l’ensemble des pièces justificatives. Les documents requis pourront être demandés dans une seconde étape, notamment lorsque la demande aura reçu un accord préliminaire et que le dossier passera à la phase d’étude.

“L’ordre d’arrivée des demandes ne constitue toutefois pas le seul critère. Les banques devront également examiner la capacité de remboursement du bénéficiaire, qu’il s’agisse d’un particulier ou d’une entreprise. Il ne s’agit pas uniquement de vérifier l’existence de garanties matérielles, mais surtout de s’assurer que le demandeur dispose de la capacité financière nécessaire pour honorer ses engagements”, explique-t-il.

La durée de remboursement est fixée à deux ans maximum, avec la possibilité d’accorder une période de grâce pouvant atteindre six mois.

Qui peut bénéficier de ces financements ?

Le dispositif concerne plusieurs catégories de bénéficiaires. Il s’adresse notamment aux particuliers, aux promoteurs de petites entreprises dont les investissements ne dépassent pas 150.000 dinars, aux PME dont les investissements sont compris entre 150.000 dinars et 15 millions de dinars, ainsi qu’aux sociétés communautaires.

Les montants pouvant être accordés varient selon la catégorie. Le plafond est fixé à 5.000 dinars pour les particuliers, à 10.000 dinars pour les petites entreprises dont l’investissement ne dépasse pas 150.000 dinars, et à 25.000 dinars pour les PME et les sociétés communautaires.

Particularité importante du dispositif : ces financements sont accordés sans intérêts et sans commissions d’étude de dossier. Ils restent néanmoins soumis aux conditions d’éligibilité, à l’évaluation de la capacité de remboursement et au respect de l’ordre de dépôt des demandes.

Seules certaines banques sont concernées

Toutes les banques ne sont pas concernées par ce mécanisme. Selon les précisions communiquées, il s’agit des établissements ayant enregistré des bénéfices au titre de l’exercice 2025, tandis que les banques ayant enregistré des pertes durant cette période ne sont pas concernées.

Ce dispositif découle de la loi n°41 de 2024, qui a notamment prévu l’affectation d’une partie des bénéfices bancaires au financement de prêts sans intérêts. Son cadre d’application a ensuite été précisé par le décret n°148 de 2026 du 23 juillet 2026, puis par une circulaire de la BCT publiée le 1er septembre 2026.

Enfin, les futurs demandeurs sont invités à rester particulièrement vigilants face aux risques d’escroquerie. L’accès aux plateformes doit se faire uniquement à partir des sites officiels des banques concernées. La diffusion de liens par des pages ou des intermédiaires non officiels doit être considérée avec prudence, les banques ayant par ailleurs publié des supports explicatifs pour accompagner les demandeurs dans leurs démarches.

M.B

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M. B

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