Natation – Rami Rahmouni a représenté l’Arabie Saoudite aux jeux Asiatiques : Nul ne voudrait être à sa place
La Presse — Les informations donnant sa performance et son classement aux Jeux Asiatiques communiquées, les commentaires ont déferlé sur le Web.
Et Rami Rahmouni, qui a concouru sous des nouvelles couleurs, n’a pas été épargné. On ne l’a pas fait avec d’autres jeunes qui ont préféré changer d’horizon.
Les raisons importent peu pourrait-on dire, une désertion est une désertion, mais le Tunisien n’est pas dupe. Loin de là.
Nombre de ceux qui sont partis l’ont fait en désespoir de cause. Ils voyaient mal leur avenir. Un avenir que les autorités sportives ont assombri avec leurs agissements peu pédagogiques, dénués d’humanisme et qui s’adossaient à des comportements hautains et peu appropriés pour donner confiance à des éléments qui ont tout sacrifié pour leur sport. Ce n’est nullement une tentative d’excuser leur fugue, mais la situation de ces jeunes était catastrophique. D’ailleurs, depuis le départ de Rahmouni, d’autres ont pris la poudre d’escampette et ont rejoint des clubs étrangers, dans l’attente de permettre aux autorités sportives de leur pays d’accueil de procéder à leur naturalisation sportive.
Le rôle des chasseurs de têtes
Rahmouni n’était pas dans cette catégorie de jeunes dégoûtés par le laxisme des services qui s’occupaient d’eux. Il avait sa bourse et des avantages.
Il était issu d’une famille aisée et respectable. Qu’est-ce qui l’a poussé à partir ?
Cela ne pourrait être que l’influence des recruteurs, ces chasseurs de têtes sans foi ni loi, au service des pays qui cherchent ce genre d’oiseaux rares à faire concourir sous leurs couleurs, pour le plaisir de hisser leurs couleurs nationales lors des meetings, jeux continentaux ou olympiques. Cette apparition a, au moins, servi à quelque chose: rappeler à qui de droit que la menace plane sur nombre d’éléments qui sont suivis à la trace par ces pays. Autant agir pour éviter de nouvelles fugues. Mais le commentaire qui a attiré notre attention est le suivant : « Que dira-t-il un jour à ses enfants ? »



