Journée internationale de la traduction : la Tunisie célèbre la richesse de son multilinguisme
À l’occasion de la Journée internationale de la traduction, célébrée le 30 septembre, le ministère des Affaires culturelles a mis en avant le rôle du multilinguisme et de la diversité linguistique en Tunisie dans le renforcement du dialogue interculturel et l’ouverture sur les civilisations. Dans une déclaration publiée mercredi, le ministère a souligné que la coexistence des langues et des dialectes constitue un levier essentiel pour rompre l’isolement culturel et favoriser les échanges entre les peuples.
Célébrée cette année sous le thème « Diversité linguistique et droits linguistiques : le pouvoir d’être compris », cette journée est l’occasion de rappeler l’importance de la traduction dans la préservation du patrimoine culturel et la promotion de la compréhension mutuelle.
Le ministère des Affaires culturelles a rappelé que, depuis son indépendance, la Tunisie a accordé une place importante à l’apprentissage des langues dans son système éducatif, tout en veillant à préserver la langue maternelle. Cette politique linguistique s’inscrit dans une tradition historique marquée par la coexistence du dialecte tunisien, de la langue arabe et de plusieurs langues étrangères, notamment celles de l’espace méditerranéen.
Cette diversité linguistique a contribué à enrichir le patrimoine culturel national, en favorisant aussi bien la préservation de la poésie populaire que le développement de la littérature d’expression arabe et des œuvres écrites en langues étrangères.
Le ministère a également souligné le rôle fondamental de la traduction, considérée comme un moyen privilégié de construire des passerelles entre les cultures et de faire connaître les patrimoines et les identités des nations au-delà de leurs frontières. Le traducteur occupe ainsi une place centrale dans le dialogue interculturel et la circulation des savoirs à l’échelle internationale.
La traduction à l’heure de l’intelligence artificielle
Célébrée chaque année le 30 septembre en hommage à Saint Jérôme, traducteur de la Bible et saint patron des traducteurs, la Journée internationale de la traduction a été officiellement reconnue par les Nations unies en 2017, à la suite de l’adoption de la résolution 71/288 de l’Assemblée générale, en mai de la même année.
L’ONU rappelle à cette occasion que le multilinguisme constitue une valeur fondamentale pour promouvoir la paix, le développement et la sécurité. Le thème retenu cette année met notamment l’accent sur le rôle des professionnels des langues dans la garantie de l’accès aux droits fondamentaux, ainsi que sur l’importance de l’expertise humaine face au développement rapide de l’intelligence artificielle.
Un colloque international à Tunis pour les 20 ans de l’Institut de traduction
En Tunisie, la célébration de la Journée internationale de la traduction est marquée par l’organisation d’un colloque international par l’Institut de traduction de Tunis (ITT), autour du thème « Esthétique et éthique de la traduction dans le contexte du dialogue interculturel ».
Ouverte mercredi matin, cette rencontre se tient les 30 septembre et 1er octobre au siège de l’Institut, à la Cité de la Culture. Elle coïncide avec le 20e anniversaire de l’ITT, fondé en 2006, et constitue une occasion de dresser le bilan de deux décennies d’activités consacrées au développement des échanges linguistiques et culturels.
Le colloque réunit des chercheurs, des universitaires et des experts de plusieurs pays, notamment de Tunisie, d’Algérie, d’Italie, de Russie et du Portugal. Des représentants de différentes institutions universitaires, dont l’Université de Carthage, l’Université de la Manouba, l’Université de Bari et l’Université RUDN de Russie, prennent part à cet événement consacré aux enjeux esthétiques, éthiques et culturels de la traduction.



