La Tunisie signe son pacte national de santé : La transformation numérique au cœur de la couverture universelle
La Tunisie a signé hier son pacte national de santé, consacrant la transformation numérique comme levier central pour accélérer la réalisation du droit à la santé, inscrit à l’article 43 de la Constitution, et de la couverture santé universelle.
La Presse — Le pacte a été signé hier soir par les ministres de la Santé, Mustapha Ferjani, et des Technologies de la communication, Soufiane Hemissi, en présence de représentants de l’ONU, de l’OMS, de l’Unicef, de l’AFD et de la coopération allemande, ainsi que d’éminents cadres du ministère de la Santé et de professionnels du secteur.
La Tunisie rejoint ainsi l’Initiative des pactes nationaux de santé, une plateforme mondiale appuyée par la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la santé. Ses engagements seront présentés lors du sommet sur la couverture santé universelle à Tokyo en décembre 2026.
Les six piliers du pacte national de santé
Ce pacte s’articule autour de six piliers, à savoir l’accès numérique équitable aux services de santé, la continuité et la coordination des parcours de soins, la gouvernance souveraine et sécurisée des données de santé, la modernisation des infrastructures et plateformes numériques, le développement des compétences, de la recherche et de l’innovation, et la sécurisation, enfin, du circuit du médicament.
Les ambitions et priorités du ministère de la Santé
S’exprimant lors de la cérémonie de signature, le ministre de la Santé a rappelé que ce pacte concerne un droit fondamental de chaque citoyen : le droit à la santé.
Ferjani a, en outre, souligné que «la Tunisie réaffirme aujourd’hui son engagement à faire de la couverture santé universelle un objectif national prioritaire, et à bâtir un système de santé plus équitable et plus proche des besoins du citoyen».
«Dans ce cadre, le pacte national de santé représente une nouvelle étape de notre parcours de réforme, à travers l’adoption de la transformation numérique comme levier essentiel pour accélérer la mise en œuvre des choix stratégiques de notre politique nationale de santé et soutenir le chemin vers la couverture santé universelle».
Le ministre a, par ailleurs, relevé que la transformation numérique dans le secteur de la santé n’est plus un choix que l’on peut différer, mais une nécessité pour développer les services de santé et améliorer leur qualité et leur continuité.
«Nous voulons faire de la digitalisation un moyen de rapprocher les services et les compétences médicales des citoyens, en particulier dans les régions souffrant de disparité dans la répartition des services de santé», a ajouté Ferjani, précisant que le ministère œuvre, à cet effet, à «renforcer la santé familiale et de proximité, à développer les services de télémédecine et à améliorer la coordination entre les différentes étapes et parcours de soins afin de garantir au citoyen un parcours de santé plus continu et plus intégré».
Le ministre a par ailleurs affirmé l’engagement du ministère à poursuivre le développement de l’interopérabilité entre les systèmes d’information sanitaire, l’adoption de l’identifiant national de santé et la généralisation du dossier médical partagé, ainsi que la digitalisation des services afin de faciliter l’accès aux soins et de renforcer la continuité de la prise en charge du patient.
L’évaluation et le soutien de l’Organisation mondiale de la santé
Prononçant un discours au nom du directeur général de l’OMS — qui n’a pu assister à la cérémonie —, Rana Taha, coordinatrice résidente des Nations unies en Tunisie, a salué les progrès importants réalisés par la Tunisie ces dernières années dans le domaine de la santé, estimant que les avancées enregistrées constituent une base solide pour poursuivre les investissements dans le secteur et renforcer les capacités du système de santé.
Elle a, notamment, souligné que la Tunisie a réalisé, au cours des dernières années, des progrès significatifs en matière d’amélioration de la santé de la population, notamment à travers l’introduction de nouveaux programmes et vaccins, ainsi que le renforcement des systèmes de surveillance et de lutte contre les maladies.
Elle a ajouté que la Tunisie a également achevé une évaluation des programmes essentiels du système de santé, ce qui fournit une base solide pour poursuivre les investissements, le développement et l’amélioration des performances, soulignant que ces réalisations témoignent d’un engagement clair en faveur de l’amélioration de la santé de la population et du renforcement de la capacité du système de santé à répondre aux défis.
Vers une approche intégrée et durable de la santé numérique
Elle a, en outre, indiqué que ces acquis constituent une base importante pour poursuivre le développement du système de santé, considérant que la transformation numérique peut représenter une opportunité importante pour soutenir cette dynamique, à condition qu’elle s’inscrive dans le cadre d’une réforme globale et intégrée du système de santé.
Elle a expliqué que plusieurs pays ont investi dans des solutions numériques isolées qui n’ont pas généré les résultats escomptés, faute d’être intégrées dans une stratégie plus large de réforme du système de santé, soulignant que la justice sociale doit être au cœur de la transformation numérique afin que les disparités d’accès aux technologies ne contribuent pas à accentuer les inégalités en matière de santé.
Rana Taha a indiqué, dans ce cadre, que la Tunisie s’oriente vers une approche intégrée de la transformation numérique de la santé, combinant la télémédecine, les dossiers médicaux électroniques, la gouvernance des données, l’intelligence artificielle, la santé numérique, le développement des compétences des professionnels de santé et le développement durable.
Elle a enfin souligné que la véritable transformation consiste à mettre la technologie au service de l’amélioration des services de santé et à rendre le système davantage capable de répondre aux besoins des patients, précisant que l’objectif ultime de la transformation numérique est de construire un système de santé plus efficace, équitable et durable, dans lequel le patient et ses besoins sont au cœur du processus de développement.



