Editorial

Le foot ne divertit plus le peuple !

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  • 2 octobre 2026
  • 3 min de lecture
Le foot ne divertit plus le peuple !

Oui c’est déplorable ! Mais c’est désormais un secret de Polichinelle. Le foot tunisien ne remplit plus sa fonction première comme partout dans le monde du reste  : il ne divertit plus le peuple ! Il n’est plus ces «quelques grammes de finesse dans un monde de brutes», pour reprendre un slogan publicitaire.

Oui ! De défaite en abdication, de désillusion en naufrage, notre Onze national a fini par plonger douze millions de cœurs dans une léthargie amère.

Douze millions de tunisiens qui préfèrent zapper pour regarder, sur d’autres pelouses du monde, des vrais athlètes qui donnent du spectacle et qui marquent des buts.

La déprime devient chronique lorsqu’on sait que ce niveau déplorable dure depuis longtemps. On a beau changer d’entraîneur mais le problème n’est pas dans les mains du tailleur, il est dans la qualité du tissu. 

La déclaration hier soir du président de la fédération a mis le feu aux poudres.

D’aucuns y ont même vu une sorte «de rire au nez du peuple». Le premier responsable de la fédération a en substance déclaré avec un calme olympien que ce qui s’est passé n’est pas grave et qu’on finira un jour par gagner …  Pas même un mot d’excuse par respect pour ces douze millions de téléspectateurs, pas même une promesse de remise en question.

Une déclaration qui a créé un véritable tollé médiatique hier soir. Une sorte de normalisation avec l’échec lorsqu’on regarde la vidéo avec le langage non verbal du président de la fédération.

Cette indifférence dépasse désormais le simple cadre du sport. Elle touche à quelque chose de bien plus intime, de bien plus sombre : la santé mentale collective des Tunisiens.  Partout sur la planète, le football est un remède, un exutoire festif, une fabrique de joie.

Chez nous, il est devenu une source d’anxiété supplémentaire, un miroir déformant qui distille le renoncement et le mépris. 

Une seule voie de raison s’impose désormais: décréter une trêve salutaire avec la médiocrité et laisser mûrir à l’abri de nos ego une nouvelle génération de jeunes pousses, forgées dans la rigueur et l’amour du maillot.

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Auteur

Salem Trabelsi

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