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Le dur retour à la réalité

  • 5 octobre 2026
  • 4 min de lecture
Le dur retour à la réalité
crédit photo : © Mokhtar HMIMA

Les deux faux pas contre l’Ouganda et le Botswana ont mis le feu à la baraque de l’équipe de Tunisie et ont surtout montré que le fiasco du Mondial américain n’a pas encore été surmonté.

La Presse —Après 17 participations consécutives (22 depuis 1994) à une phase finale de la Coupe d’Afrique des nations, l’équipe de Tunisie pourrait mettre un frein à cette performance inédite et ne pas décrocher son billet pour la CAN 2027. Un tel échec serait plus qu’un choc mais un véritable séisme pour le football tunisien. On n’est pas encore bien conscient du danger qui nous guette et on continue même de dormir sur nos deux oreilles. Car, sincèrement, rien n’autorise un tel optimisme devant l’état des lieux effarant de la sélection. Avec deux matches nuls à domicile face à  l’Ouganda et le Botswana et 4 points de perdus d’entrée dans la phase éliminatoire, la tâche est devenue assez compliquée. Le pire c’est que, suite à ces deux mauvaises sorties du onze national, on n’a pas réussi à garder calme et lucidité pour réunir les meilleures conditions pour arriver à redresser la barre. La forte pression dans le camp de la sélection s’est transformée en tension. Après la mascarade du premier match contre l’Ouganda, abordé comme un match sans enjeu pour avoir cru à tort que les points n’entreraient pas dans le décompte final du groupe, le nul ridicule contre le Botswana a envenimé la situation.. Le match amical du 3 octobre contre le Mali est annulé « pour blessures de plus d’un joueur» et le stage de six jours a été écourté. Dans cette confusion, on ignore encore qui est derrière ces deux décisions Le Bureau fédéral pour éteindre l’incendie ou le staff technique pour arrêter l’hémorragie?  Cette manière de camoufler et de fuir les responsabilités est un signe qui ne trompe pas : on n’est qu’à deux doigts de passer à la trappe. Le président de la Fédération, Moez Nasri, par sa déclaration assez maladroite que «tout est pour le mieux dans le camp de la sélection» a mis de l’huile sur le feu.

On reprochera également à Mouîne Chàabani de n’avoir pas su gérer ce nombre incroyable d’aléas et d’avoir embrasé davantage le paysage en fissurant le groupe par ses altercations avec certains joueurs cadres de l’équipe.  Le moment était, en effet, mal choisi pour imposer une discipline et une main de fer. Surtout que rien ne va et que le temps ne permet pas la grande révolution dans l’effectif. Dans la difficulté, le mieux et le plus sage est de faire preuve de sérénité. L’analyse profonde se fait à tête reposée. Les choix forts, le changement de cap ne pourront se faire qu’à la fin de cette phase éliminatoire pour la CAN en mars 2027 et au regard de son résultat (qualification ou pas). Maintenant, il va falloir s’atteler à la lourde tâche d’arrêter cette chute vertigineuse dans le classement Fifa après la sortie du Top 50 mondial et du Top 10 africain pour ne pas perdre la place dans les bons chapeaux dans les éliminatoires du mondial. Nous avons un mois devant nous pour essayer et même tout faire pour remettre de l’ordre dans la maison de l’équipe de  Tunisie. Les deux matches aller-retour contre la Libye seront plus que déterminants, plutôt décisifs pour maximiser nos chances de pouvoir rester dans la course pour un billet à la CAN 2027.

Auteur

Hédi JENNY

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