Escalade au Yémen : Le président yéménite annonce une offensive d’envergure contre les Houthis
De leur côté, les Houthis ont annoncé hier avoir lancé des drones et des missiles balistiques sur des sites d’Aramco dans les régions de Riyad et de Khurais, et ce, en représailles aux 50 frappes menées contre le Yémen au cours des 12 dernières heures par la coalition.
La Presse — Le président yéménite, dont le gouvernement est soutenu par l’Arabie saoudite, a annoncé hier le lancement d’une vaste opération militaire contre les rebelles houthis visant à reprendre le contrôle des territoires qu’ils occupent.
«Aujourd’hui, j’annonce le lancement d’opérations militaires visant à reprendre le reste du territoire de la République et à étendre l’autorité de l’Etat et de ses institutions à l’ensemble du territoire national», a déclaré Rachad al Alimi dans une allocution télévisée.
Des responsables régionaux et occidentaux ont dit il y a quelques jours à Reuters que l’Arabie saoudite et ses alliés yéménites prévoyaient cette offensive contre les Houthis, les Saoudiens s’occupant des combats aériens et les forces yéménites combattant au sol.
L’armée régulière yéménite a hier revendiqué sur X «des frappes dévastatrices contre des cibles vitales de la milice terroriste houthie à Sanaa et Saada».
De leur côté, les Houthis ont annoncé hier dimanche avoir lancé des drones et des missiles balistiques sur des sites d’Aramco, la compagnie pétrolière nationale de l’Arabie saoudite, dans les régions de Riyad et de Khurais.
Ils ont précisé que ces attaques, qui ont provoqué de gigantesques incendies, étaient, selon eux, des représailles contre 50 frappes menées contre le Yemen au cours des 12 dernières heures par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite. La chaîne Almasirah, affiliée aux Houthis, avait auparavant indiqué que des «avions ennemis» avaient mené 26 frappes dans la journée sur Sanaa – ciblée pour la première fois depuis des années jeudi, selon les Houthis -, sans fournir de détails sur d’éventuelles victimes.
Riyad n’a pas confirmé à ce stade les attaques revendiquées par les Houthis. Selon Rachad al Alimi, la décision de lancer cette contre-offensive a été prise après l’épuisement de toutes les possibilités de désescalade, le président yéménite accusant les Houthis d’avoir répondu aux efforts visant à apaiser le conflit par une mobilisation accrue et une escalade. «Notre position aujourd’hui est d’assumer la responsabilité nationale de faire face aux Houthis, après que toutes les possibilités de désescalade ont été épuisées», a-t-il déclaré.
Rachad al Alimi a dit avoir ordonné aux forces armées, aux forces de sécurité et à toutes les formations militaires de commencer à exécuter les missions qui leur ont été confiées, conformément aux plans approuvés.
Les hostilités entre les Houthis d’une part et l’Arabie saoudite et le gouvernement yéménite internationalement reconnu d’autre part ne connaissent pas de répit depuis leur reprise en juillet, qui a ouvert un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient.
Les Houthis avaient déjà affirmé avoir ciblé à deux reprises des installations du groupe pétrolier saoudien : le mois dernier dans la ville portuaire de Yanbu, principal terminal pétrolier du royaume, et en août dans le sud du royaume.
La reprise du conflit au Yémen a provoqué le déplacement de dizaines de milliers de personnes et pourrait redessiner le paysage politique, avec des répercussions sur les voies maritimes de la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb, autre axe vital pour le transport maritime mondial d’hydrocarbures.
Une trêve conclue sous l’égide des Nations unies entre les parties belligérantes en 2022 a globalement tenu jusqu’à cette année, quand les Houthis ont commencé à lancer des attaques contre le transport maritime et les infrastructures pétrolières saoudiennes, en réaction à l’attaque lancée le 28 février par les Etats-Unis et l’entité sioniste contre l’Iran.
Les Houthis, qui contrôlent les zones les plus peuplées du Yémen et une grande partie du nord du pays dont la capitale Sanaa, ont lancé plusieurs attaques contre l’Arabie saoudite et en mer Rouge depuis leur annonce en juillet dernier d’un blocus maritime des ports saoudiens.
La crise de la faim au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, menace de devenir «absolument dévastatrice», a averti vendredi le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU.
Alors que les tractations diplomatiques pour un règlement du conflit régional marquent le pas, le site d’information américain Axios, citant trois responsables américains, a fait état d’une réunion vendredi à Camp David des principaux membres du cabinet de Donald Trump pour discuter des prochaines étapes envers l’Iran et la situation au Yémen.
Les appels de Riyad à une aide internationale, notamment de la part de son allié américain, ont pour l’instant été infructueux.
(Synthèse de médias)



