Intelligence artificielle : moins de 10 % des emplois menacés dans la région, jusqu’à 20 % pourraient gagner en productivité
Moins de 10 % des emplois menacés, 13 à 20 % susceptibles de gagner en productivité : tel est, selon la Banque mondiale, l’effet attendu de l’IA à court terme dans la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan. Dans son bulletin économique « Combler les fossés, saisir les opportunités : l’intelligence artificielle, les emplois et la croissance », l’institution prévient toutefois que ce potentiel est loin d’être acquis.
À court terme, l’automatisation menace moins de 10 % des emplois de la région. L’IA a en revanche le potentiel d’augmenter la productivité dans 13 à 20 % d’entre eux. La Banque mondiale souligne que ces gains se diffusent de manière inégale selon les niveaux de revenu et de qualification, à l’échelle mondiale comme dans la région.
La région ne connaît pas une, mais plusieurs transitions vers l’IA, à des vitesses très différentes. L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, qui se positionnent comme producteurs de technologie d’IA, sont les seuls pays de la région à figurer dans le top 25 mondial à la fois pour le développement de modèles d’IA et pour les capacités de calcul haute performance. La Jordanie, le Maroc, le Pakistan, la République arabe d’Égypte et la Tunisie combinent talent technique et écosystèmes numériques en croissance, tout en présentant des lacunes importantes en matière de préparation. Le Maroc et la Tunisie sont devenus les principaux exportateurs de produits liés à l’IA dans la région.
Dans les économies fragiles et touchées par les conflits, l’IA pourrait contribuer à résorber les pénuries de compétences et à améliorer la prestation des services publics. Ces économies font toutefois face à des contraintes fondamentales : électricité intermittente, connectivité limitée et capacité institutionnelle réduite, qui limitent les fondements physiques nécessaires à l’adoption de l’IA.
Le rapport met en avant la « petite IA », des outils d’un coût abordable conçus pour fonctionner sur des appareils mobiles basiques, avec des connexions à faible bande passante et une alimentation électrique intermittente. Un agriculteur peut ainsi recevoir un diagnostic de maladie des cultures via une application hors ligne, et un personnel infirmier accéder à une aide à la décision clinique sur un smartphone basique. Selon la Banque mondiale, la petite IA n’élimine pas le besoin d’investissements fondamentaux, mais elle élargit les opportunités existantes pendant que ces fondations se mettent en place.



