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Tunisie : 23 milliards de dinars consacrés aux salaires en 2025

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  • 6 octobre 2026
  • 3 min de lecture
Tunisie : 23 milliards de dinars consacrés aux salaires en 2025

Les finances publiques tunisiennes ont continué de faire face à une forte pression en 2025, avec un déficit budgétaire de 8,7 milliards de dinars et une dette publique dépassant 141 milliards de dinars, selon les données présentées par l’économiste Safouane Ben Aïssa.

Intervenant sur les ondes d’Express Fm, l’enseignant en économie a indiqué que les dépenses de l’État avaient dépassé 58 milliards de dinars l’année dernière, alors que les recettes se sont établies autour de 50 milliards de dinars, dons compris.

Hors dons et recettes d’affectation, le déficit s’est établi à 8,9 milliards de dinars, soit l’équivalent de 5,2 % du produit intérieur brut (PIB).

La dette publique, pour sa part, a dépassé 141 milliards de dinars, représentant environ 82 % du PIB.

La dette intérieure représente 60 % de l’endettement

La structure de la dette publique connaît par ailleurs une évolution marquée en faveur du financement intérieur.

La dette intérieure a atteint 86 milliards de dinars en 2025, soit environ 60 % de l’endettement total, tandis que la dette extérieure s’est élevée à 55 milliards de dinars, représentant près de 39 % du total.

Selon Safouane Ben Aïssa, la part de la dette intérieure dans l’ensemble de la dette publique est passée de 42 % en 2022 à 60 % en 2025.

Pour financer cet endettement intérieur, l’État recourt notamment aux banques, aux investisseurs, aux institutions et aux citoyens. L’économiste relève également l’entrée de la Banque centrale dans le financement de la dette au cours des dernières années.

À l’inverse, la part de la dette extérieure a diminué, passant de 58 % en 2022 à environ 40 % en 2025.

Des financements extérieurs provenant de plusieurs sources

Le financement extérieur repose notamment sur les institutions financières internationales et régionales, à l’image de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement.

Il comprend également des financements bilatéraux accordés par des agences de développement de certains pays, notamment l’Agence française de développement, ainsi que des financements de la Banque européenne d’investissement et d’autres institutions européennes destinés à des projets.

À ces sources s’ajoutent les investisseurs qui acquièrent les obligations internationales émises par la Tunisie.

Sur le plan comptable, Safouane Ben Aïssa considère que le système tunisien reste essentiellement fondé sur une logique de gestion centralisée.

Il a toutefois indiqué que le ministère des Finances avait mis en place une commission chargée de développer les normes de comptabilité publique, réunissant des spécialistes des normes et des experts-comptables.

Cette démarche doit, selon lui, permettre à terme d’aller vers l’application des normes internationales de comptabilité publique, qui reposent notamment sur la consolidation des dettes des différents secteurs.

Plus de 23 milliards de dinars pour les salaires

Du côté des dépenses, les 58 milliards de dinars enregistrés en 2025 se répartissent entre plusieurs grands postes.

Les dépenses consacrées aux salaires des fonctionnaires ont dépassé 23 milliards de dinars, tandis que les interventions ont représenté 20 milliards de dinars.

L’investissement a mobilisé 5,7 milliards de dinars, alors que les dépenses de fonctionnement sont restées inférieures à 3 milliards de dinars.

Le service de la dette a, pour sa part, atteint environ 6,5 milliards de dinars, auxquels s’ajoutent près de 40 millions de dinars consacrés à d’autres opérations financières.

R.I

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Auteur

La Presse

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