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Kaïs Saïed : Redorer le blason de l’école tunisienne

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  • 11 octobre 2026
  • 6 min de lecture
Kaïs Saïed : Redorer le blason de l’école tunisienne

Le Président de la République prône un système éducatif national démocratique et accessible à tous consacrant l’égalité des chances.

La Presse — Une école qui reflète les choix et l’identité du pays, un enseignement accessible à tous sur un pied d’égalité et une réforme fondée sur des critères objectifs, loin des tiraillements politiques, des revirements et de toute influence étrangère. Tels sont les maîtres-mots du système éducatif sous l’ère Kaïs Saïed.

Habib Bourguiba  avait fait de l’éducation le pilier central de sa politique pour bâtir la Tunisie moderne et miser sur le capital humain, mais au fil des années, et notamment après son départ, la promesse s’est heurtée à la réalité.

Dégradation de l’école publique 

Il faut dire que la  massification de l’école n’a pas toujours été accompagnée des moyens adéquats. De ce fait, la qualité de l’enseignement a considérablement dégringolé, l’abandon scolaire a nettement augmenté et les inégalités entre régions se sont fortement creusées. L’inadéquation entre la formation et les besoins du marché de l’emploi n’a fait qu’accentuer le taux de  chômage dans la pays.

En termes de qualité de l’enseignement, notre système éducatif fait face à une régression et à une crise structurelle profonde. Ce ne sont pas de simples impressions, mais un constat dressé par de nombreux rapports, nationaux comme internationaux. Sur le terrain, le quotidien est devenu un véritable parcours du combattant, entre classes surchargées et écoles dégradées, particulièrement dans les zones rurales. 

Face à ces manques, le recours systématique aux cours particuliers s’est imposé, creusant un fossé social toujours plus grand. En conclusion, l’école, qui devait être le grand moteur de l’égalité des chances, ne joue plus son rôle d’ascenseur social et des diplômés et des docteurs se retrouvent au chômage.

Conseil supérieur de l’éducation : un levier pour rompre avec l’instabilité 

C’est dans ce contexte que s’inscrit aujourd’hui la création du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement. Cette nouvelle instance est appelée à transformer les principes affichés en mesures concrètes, durables et mesurables. Car l’enjeu dépasse les discours.

En fait, il s’agit de redonner à l’école tunisienne sa place d’antan, celle d’un vecteur de cohésion nationale, de savoir et de citoyenneté. Cela suppose des moyens à la hauteur des ambitions, une évaluation rigoureuse et transparente des résultats, ainsi que l’implication de tous les acteurs: enseignants, parents, élèves et société civile. C’est à ce prix seulement que l’école redeviendra le socle sur lequel la Tunisie bâtira son avenir.

Le Président de la République présente d’ailleurs  le Conseil supérieur de l’éducation comme «l’instrument d’une réforme  objective», à l’abri des conflits politiques et des changements successifs d’orientations qui ont fragilisé le système. Son message est double. Il est question de rompre avec l’instabilité passée et affirmer que le modèle éducatif relève des seuls choix du peuple tunisien, sans  injonction venant de l’extérieur.

L’école comme berceau de la conscience citoyenne 

Dans ce contexte, le Chef de l’Etat a reçu, jeudi 8 octobre, au Palais de Carthage, la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, qui a assuré la présidence de la séance inaugurale dudit Conseil en sa qualité de doyenne d’âge de cette institution, ainsi que le secrétaire général du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, Mohamed Ali Boughdiri. 

«Ce conseil étant unique au monde, sa création procède d’une ferme conviction que l’éducation et l’enseignement sont partie intégrante de la sécurité nationale», a souligné Kaïs Saïed. Il a en outre mis l’accent sur «l’impératif d’instaurer un système éducatif national garantissant l’égalité pour tous», appelant à cet égard à «inculquer aux jeunes générations les principes de liberté et de justice sociale dès la première année du primaire». C’est là une recommandation à marquer d’une pierre blanche puisque ces deux principes constituent les bases d’une société équilibrée, solidaire démocratique, mais surtout tolérante.

Apprendre très tôt à l’enfant ce que signifient la liberté, le respect de l’autre et le partage équitable des chances, c’est appuyer la tolérance,  former des citoyens conscients de leurs droits comme de leurs devoirs, capables de penser par eux-mêmes et de s’engager dans la vie publique. C’est aussi prémunir les générations futures contre l’extrémisme, les replis identitaires et l’exclusion. 

Répondre aux maux réels de l’école 

Évoquant les tentatives de réforme du système éducatif engagées par le passé en Tunisie, le Président de la République a estimé que celles-ci étaient souvent des «manœuvres biaisées et peu innocentes plutôt que des réformes profondes et sérieuses». Dans le même contexte, il a appelé à la nécessité de «créer des clubs culturels au sein des établissements éducatifs et d’assurer le transport, la restauration, l’hébergement, l’habillement et les fournitures scolaires afin de garantir à tous les élèves de bonnes conditions d’apprentissage en coordination avec les parties concernées». Ainsi l’école pourrait à ce titre redevenir un espace d’épanouissement où chaque enfant, quelle que soit son origine sociale ou géographique, trouve les moyens d’apprendre, de s’exprimer et de s’épanouir. 

En effet, bon nombre de réformes passées n’ont pas répondu à un véritable diagnostic des maux de l’école. Elles ont souvent été dictées par des considérations politiques ou des pressions extérieures, changeant au gré des gouvernements et des ministres, sans vision d’ensemble ni suivi.

On a eu comme résultat des changements de programmes, de calendriers ou d’examens sans s’attaquer aux causes réelles de la crise, à savoir le manque de moyens, la dégradation des infrastructures, les inégalités entre régions et la désaffection pour le métier d’enseignant et surtout la perte de repères identitaires. 

Pour le Chef de l’État, une réforme digne de ce nom doit être profonde, durable et fondée sur des critères objectifs. Il appelle à un système éducatif national «démocratique et accessible à tous consacrant l’égalité des chances».

Le chantier est colossal après plus d’une décennie d’accumulations, d’instabilité et de déclin, notamment après 2011. Aucun relâchement n’est aujourd’hui permis. Réussir cette réforme, c’est garantir l’avenir économique et social de notre pays.

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Auteur

Samir DRIDI

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